CANCER DU PYLORE
De toutes les localisations cancéreuses de restomac, la plus fréquente est celle qui atteint la région pylorique. La tumeur peut être primitivement pylorique ou ne Têtre que secondairement. En efiTet le cancer naît, parfois, juste sur le versant gastrique du sphincter ou dans ses plis muqueux; il est, dans ce cas, pylorique d'emblée et sténosant. D'autres fois, il débute à quelque distance du sphincter, dans le vestibule du pylore ou Tantre pylorique. Il y évolue quelque temps sourdement, comme les tumeurs non orificielles ; puis secondairement il parvient au sphincter et seulement à ce moment donne des signes de sténose.
Voici comment l'affection peut se présenter cliniquement. Au début, un malade jusque-là bien portant présente assez rapidement de la fatigue, de la perte des forces. Il ressent quelques malaises vagues : inappétence, pesanteur gastrique, paresse digestive. C'est la période de dyspepsie banale qui est assez brève, si le cancer a débuté très près du pylore, assez longue au contraire, si la tumeur siège dans l'antre pylorique. Puis, bientôt, le malade ressent assez régulièrement, une heure ou deux après Tingestion alimentaire, une pénible sensation de pesanteur épigastrique, un état de malaise qui va en augmentant. D'autres fois, ces douleurs sont remplacées par une sensation de fausse faim rapidement rassasiée et faisant vite place à l'anorexie et au dégoût alimentaire. Bientôt on peut constater une certaine tension intermittente de la paroi, des ondes péristaltiques douloureuses ou non. Assez rapidement l'estomac se contracte violemment et après quelques brusques secousses diaphragmatiques, vers 3 ou 4 heures de l'après-midi, le malade vomit ce qu'il a pris. Le vomissement, rarement unique, le soulage un peu. Le
DIAGNOSTIC DU CANCER DE l'eSTOMAC i83
malade, craignant de voir ces phénomènes se reproduire, et n'ayant pas faim, réduit son alimentation et les phénomènes de l'après-midi se reproduisent moins souvent la nuit car le malade mange moins le soir pour avoir une nuit tranquille. La digestion est lente, pénible, le sommeil est mauvais et ce n'est très souvent qu'au petit jour que le malade s'endort, pour se réveiller quelques heures après encore nauséeux.
Ces symptômes dyspeptiques tardifs, se surajoutant à un état général fâcheux avec amaigrissement et un certain degré d'anémie, doivent déjà singulièrement attirer Tattention. Mais au fur et à mesure que s'accentue la sténose pylorique, l'estomac se vidant incomplètement, se laisse dilater. Dès qu'il n'est plus vide, à. jeun, les vomissements jusque-là assez fréquents s'espacent. Ils ne surviennent que tous les 2 ou 3 jours, parfois tous les 8 jours. Ils sont parfois extrêmement abondants et se produisent après de longues heures ou une journée entière de malaise. Comme dans la sténose serrée, ils renferment des aliments ingérés plusieurs jours auparavant. Bientôt le malade maigrit de plus en plus, se cachectise, prend la teinte jaune paille caractéristique. Les urines sont très réduites de volume, la constipation est tenace ; l'état devient de plus en plus précaire et le malade meurt, en général, avant qu'une métastase quelconque n'ait eu le temps d'apparaître.
Dans quelques cas, le tableau syinptomatique est un peu modifié par l'évolution de la tumeur. En effet, la cancérisation des tuniques de Testomac amène parfois une rigidité de l'organe qui empêche la dilatation et les symptômes qui Taccompagnent. Le même résultat peut être obtenu par le fait d'adhérences qui fixent certaines régions de l'organe en amenant des déformations considérables, des dilatations en largeur, énormes, avec clapotage, mais peu de contractions péris taltiques, qui sont remplacées par de la tension intermittente de l'épigastre.
M\LADII-:S l)K h KSTOMAi: KT DE L CKSOPUAGE
CANCER DU CARélA
Ce cancer donne des symptômes à la fois des affections de Tœsophaf^e et de rcstoniac. Suivant que la Inineur remonte vers TiPsophage ou descend vers l'efloniac, la douleur et la dysphagic sont plus ou moins lorlc^s. La dvsphafrie est progressive, puis surviennent les réfrurgitalions assez tardives, composées du conlena (le la dilalalion œsophagienne : aliments, salive el mucus. Le hoquet est un symptôme assez fréquenl. ainsi (jiie la faim et la soif ducs à Tinanition.
L\\slomac, par le fait de la sténose qui lui est sus-jacenle, est inaclif et complètement rétracté.
Dans d'autres cas, il s'agit de malades qui, aprè?! une période de dyspepsie accompagnée d'amaig^is^ ment et d'anémie, se mettent à présenter des signes nebf (le dysphagic (psophagienne ou cardiaque. Mais, park j)alj)er, on sent une induration, sous forme d'une tuméfaction lisse, au niveau des fausses côtes gauches. 0| sont des cas de linite cancéreuse ou d'infiltration cac-l (M'reus(^ (le tout l'estomac.