‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 78 sur 103 · TRAITEMENT DU CANCER DE LESTOMAC I · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU CANCER DE LESTOMAC I

des gelées, etc., et au bout de i semaine ou 2 au maximum, il sera en état de supporter Topération.

2^ L'intervention opératoire de choix est la pylorectomie, qui supprime en même temps l'obstacle pylorique et la tumeur ; bi^n souvent on ne pourra faire que la gastro-entérostomie, qui supprime Tobstacle mais laisse le cancer.

A) La pylorectomie est une opération délicate, dangereuse même, étant donné qu'elle expose à une série de complications mortelles. Le devoir du médecin est néanmoins de la conseiller y chaque fois qu^elle est possible^ en raison de ce que seule elle est susceptible de donner des guérisons définitives.

Les statistiques de Leriche sont intéressantes à ce point de vue : en 1906, il avait relaté 88 cas pour lesquels on pouvait parler de guérison définitive (le plus ancien datant de 16 ans, 5 de 10 ans au minimum et 34 autres de 5 à 10 ans). En 1908, sa statistique permettait de signaler i46 guérisons définitives et, en 191 1, il en avait relevé plus de 3oo. Chez tous ces anciens malades, Tétat général et local est excellent et ils ont repris leurs occupations.

B) La. gastro-entérostomie est une opération simplement palliative, mais elle peut néanmoins rendre des services très appréciables.

Elle donne de véritables résurrections : du jour au lendemain, un malade qui vomissait tout, dont le pylore encerclé par une virole néoplasique inextensible, contracture par un spasme intense, ne laissait rien passer dans Fintestin, voit son cycle digestif rétabli : dès les premières heures qui suivent Fintervention, il peut absorber des liquides, du lait, du bouillon et bientôt, avec une délicieuse impression de bien-être, il se sent réellement revenir à la vie. En i5 jours, les

gastro-entérostomisés augmentent de poids, redeviennent capables de se lever et de s'alimenter.

Au bout d'un mois, parfois, ils reprennent leurs occupations.

Et ces résultats brillants sont obtenus à peu de risques, l'intervention est si simple, si bénigne, que le traumatisme opératoire ne doit pas être considéré comme ayant précipité un dénouement, fatal sans elle.

Malheureusement, à côté de succès surprenants, la gastro-entérostomie compte de pénibles échecs : quand rétendue des lésions oblige à faire Tanastomose sur la face antérieure de Festomac, il n'est pas rare de voir les opérés garder des troubles digestifs persistants ; d'autre part, il est des malades chez lesquels la dénutrition par vice fonctionnel cède le pas à la cachexie néoplasique : chez ceux-ci, la gastro-entérostomie n'a pas la même heureuse fortune : la cachexie continue d'évoluer malgré la levée de l'obstacle.

D'autre part, en additionnant les bons et les mauvais cas, l'opération palliative ne donne qu'une survie assez brève, 6 ky mois en moyenne, dont 4 mois seulement d'état satisfaisant. Dans les cas favorables, le bon résultat se maintient pendant 12, 1 5 et même 18 mois. Ce sont là des faits exceptionnels, si bien qu'au point de vue survie, la pylorectomie palliative est encore préférable à la gastro-entérostomie.

Il ne faut pas oublier enfin, que le gastro-entéroslomisé a toujours sa tumeur qui croît et le cachectise ; l'opération n'a fait que supprimer le trouble fonctionnel qu'elle occasionnait.

30 Le traitement post-opératoire. — Même alors que le cancer a été enlevé entièrement et à plus forte raison lorsque Ton a simplement pratiqué la gastro-entérostomie, il faut, de toute nécessité, faire bénéficier le malade des méthodes médicales qui se proposent pour

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