SIGNES COMMUNS A TOUS LES CAS DE DILATATION GASTRIQUE
!"> L'inspection de Ta^rfomeiî permettra souvenU elle seule, de constater une dilatation gastrique. Le? petites dilatations ne déforment pas beaucoup l'abdomen ; si Tcstomac est dilaté dans toutes ses dimensions, il Test le plus souvent aux dépens de la partie pylorique et de la grande courbure. Celle-ci s'accusera d'autant plus que la limite inférieure de l'estomac sera
plus basse. C'est pour cette raison que, dans les grandes dilatations où la limite inférieure de Testomac affleure le pubis, rhypocondre gauche est bombé et distendu tandis que le droit est normal.
2° La percussion permettra de se rendre compte des dimensions de Testomac, si Ton a soin de déterminer, par sa sonorité spéciale, les limites supérieures et inférieures de Torgane et de mesurer la distance qui les sépare. Bien souvent, le météorisme abdominal, une paroi épaisse, rendront nécessaire d'adjoindre préalablement, à la percussion, l'insufflation légère de l'estomac.
Cette méthode n'aura aucun inconvénient, si l'on
met en pratique les préceptes que nous avons indiqués
précédemment. Il faut que la tension déterminée par le
développement gazeux soit très modérée, afin de ne pas
distendre trop les parois affaiblies du viscère et de ne
pas fausser ainsi ses proportions. On pourra ainsi,
II' souvent par la seule inspection, dessiner l'estomac sur
i l'abdomen, et en tous cas, en fixer aisément les limites
par la percussion. Selon Bourget, l'insufflation directe
> par la sonde, poussée jusqu'à la provocation de la dou-
(it leur, donnerait ainsi la limite de distension de l'estomac.
3" Le jjaiper de V abdomen peut enfin donner de
précieux renseignements. Si le bruit de clapotage, révélé
par le palper tel que nous l'avons étudié précédemment,
^ n'est pas un signe absolu de dilatation gastrique (étant
donné que tout estomac qui clapote n'est pas forcément
un estomac dilaté), la recherche de ce bruit sera pré-
jii cieuse, d'une part, pour nous indiquer la limite infé-
ï< rieure de Testomacet, d'autre part, pour nous fixer sur
( l'état fonctionnel de la musculature gastrique en tenant
p» compte de Tétondue, de l'inlensité et de la période de
i la digestion pondant laquelle ro bruit peut être produit.
On délimite d'abord l'estomac à vide, puis on y inlro-
duit des quantités d'eau graduellement croissantes, en déterminant par le clapotage à chaque fois la limite inférieure de Torgane. Cette limite s'abaisse d'autant plus vite, que restoniac est plus atone. Selon Soupault, on peut, dans les cas de stase gastrique, employer le procédé contraire et délimiter Testomac à l'état de plénitude, puis le vider complètement et le délimiter à nouveau. On voit parfois ainsi de très grands estomacs se rétracter complètement, d'autres ne pas varier de volume.
4*^ La gastrodiapbanie^ peu employée d'ailleurs, permet de voir les limites de restomac.
5"" La radioscopie, de plus en plus en honneur, est un procédé précieux pour déterminer la limite inférieure de l'estomac et apprécier sa forme. Nous pourrons ainsi, aidés ou non de l'insufflation, constater des dilatations totales de l'organe, ou seulement de la région ])\lorique, ou bien des dilatations verticales, ou bien enfin [CG qui est plus rare) des dilatations en largeur: toutes constatations précieuses à connaître pour fixer le diafi^nostic de la cause. La radioscopie nous permettra, (le plus, d'étudier le mode d'évacuation de Testomac
6' Le cathétèrisme èvacuateur permettra dêtre
fixé sur l'existence ou l'absence de la stase à jeun, ainsi que sur le chimisme gastrique, toutes notion^ importantes dans Tétude de la dilatation d'estomac.
ÉLÉMENTS DE DIAGNOSTIC
Elle peut survenir chez certains névropathes ds^ï pcptiques ; à la suite d'une indigestion; au début d'une
LES DILATATIONS DE L ESTOMAC 'l[Uj
fièvre typhoïde ; mais elle est habituellement consécutive aux traumatismes sur le creux de Festomac, ou aux opérations abdominales. C'est cette dernière forme que nous prendrons comme type de notre description. La dilatation aiguë survient brusquement, dans les 24 heures qui suivent Topération. Elle se caractérise essentiellement :
i° Par un tympanisme gastrique considérable avec toutes ses conséquences mécaniques.
2° Par des vomissements très fluides, très abondants, très répétés se faisant sans efibrts et contenant de la bile et parfois même des matières fécales.
30 L'état général devient rapidement mauvais : le faciès est tiré, le nez pincé, les orbites excavées. Les urines sont diminuées. Le pouls est petit, filiforme, accéléré. La température s'abaisse, la peau se recouvre de sueurs froides, l'angoisse devient extrême et le sujet succombe rapidement dans le collapsus. On conçoit que, en présence de tous ces symptômes, le médecin soit tenté, en général, de croire à des accidents péritonéaux, mais il n'est pas douteux que la dilatation aiguë de l'estomac existe en dehors de toute infection post-opératoire. Il faut donc savoir la reconnaître aux caractères que nous venons d'indiquer, car dans certains cas, le traitement peut s'opposer à ce que l'évolution soit fatale.
1^ Le malade sera mis au repos absolu dans la position ventrale. Quelques auteurs vont même jusqu'à conseiller la position de Trendelenbourg exagérée.
On ne permettra l'introduction d'aucun solide ni d'aucun liquide dans l'estomac.
'à\o maladies de l estomac et de l oesophage
On placera de la glace sur la région épigastrique.
2^ L'évacuation de Vestomac par la sonde et son lavage consécutif constituent le traitement de choix. On y aura recours de bonne heure et de façon répétée.
3"" On soutiendra les forces du malade par des injections d'huile camphrée, de strychnine, d'éther, do sérum glucose.
4^ L'intervention chirurgicale, particulièrement la gaslrostomie (Jaboulay), conviendrait aux malades chez lesquels l'évacuation par la sonde est difficile.