‹ Maladies de la glande parotide et de la région parotidienne. Opérations que ces maladies réclamentChapitre 6 sur 13 · CONCLUSION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

CONCLUSION GÉNÉRALE

i“ Les auteurs ont décrit sous le nom de squirrhe de la Parotide, des altérations qui n’ont pas toujours le même siège : elles peuvent occuper les ganglions lymphatiques placés soit en dehors, soit en dedans de l’aponévrose, soit dans l’épaisseur du tissu fibreux de la glande; elles peuvent siéger enfin dans le parenchyme de la Parotide.

2® Quel que soit le point de départ de la maladie , la masse morbide peut être enlevée de l’échancruré parotidienne.

3 ® Quoique moins grave que la plupart des autres cancers, le squirrhe de la Parotide réclame en général l’extirpation des parties affectées.

4 ° Cette opération, longue, douloureuse et difficile, e^t néanmoins le plus souvent suivie de succès.

5 ® Les récidives semblent moins fréquentes qu’après l’ablation des autres cancers.

6 “ Il faut extirper les tumeurs cancéreuses qui occupent réchancrure parotidienne, lorsqu’il n’y a pas contr’indication à l’opération.

Art. II. — CANCERS SUPERFICIELS. Le cancer superficiel de la région parotidienne débute le plus souvent par la peau. Il commence, comme le cancer des autres parties de la face, tantôt par un petit tubercule, tantôt par une ulcération superficielle;

peu h peu il s’étend en surface et forme un champignon, que limite en arriére la saillie du tragus et qui s’avance plus ou moins sur la joue. Quoique les progrès de la maladie soient lents et que les douleurs qu’elle occasionne soient peu vives, cependant il convient d’opérer ces cancers dès que la nature de l’affection est bien établie ; parce que, abandonnés à eux-mêmes, ils envahissent successivement les diverses parties de la face et finissent par entraîner la perte des malad.es.

Tant qu’ils n’ont qu’une étendue très limitée, qu’ils ne dépassent pas deux à trois centimètres, et qu’en profondeur ils ne vont pas au delà de l’épaisseur du derme, il faut, avec le bistouri, en pratiquer l’abrasion superficielle , et compléter la cure en recouvrant, trois ou quatre jours après l’opération , la surface de la plaie avec la pâte arsénicale.

Lorsque le cancer a gagné en profondeur et en largeur, il ne serait pas prudent de recouvrir de caustique une plaie aussi étendue; il faut alors enlever avec le tissu malade une couche assez épaisse de tissus sains : or, voici les précautions qui sont réclamées par le lieu sur lequel on opère : i“ ménager autant que possible les filets nerveux sous-jacents au cancer, filets nerveux qui se trouvent au dessous de la circonférence antérieure de la tumeur; 2° prendre garde au canal de Sténon, qui se trouve également à la partie antérieure. Il n’est pas toujours possible d’épargner ces parties. La section des nerfs produira inévitablement la paralysie des muscles qu’ils animent. La suite probable de la l^'

sion du canal de Sténon, est l’établissement d’une fistule salivaire j cependant cette fistule n’en est pas la conséquence inévitable. Déjà M. Velpeau a fait remarquer que plusieurs fistules salivaires, entretenues par la division du canal de Sténon, ont probablement été guéries par suite de l’oblitération du conduit. Quelque extraordinaire que ce résultat paraisse, sa réalité est établie par plusieurs faits authentiques. Je joindrai à ceux qui existent dans la science ceux de ma pratique. J’ai enlevé sur deux malades des cancers de la région parotidienne qui s’étendaient sur la jouej dans les deux cas, le canal de Sténon a été sacrifié, et cependant ni l’un ni l’autre des opérés n’a eu de fistule salivaire.

Quoiqu’à une certaine distance des paupières, la plaie qui résulte de l’opération peut, en se cicatrisant, entraîner la déformation de ces organes et exiger plus tard des procédés autoplastiques. Peut-être, pour ne pas soumettre deux fois les malades aux douleurs des incisions, devrait-on, quand on redoute l’établissement d’un ectropion, prend[re de suite un lambeau aux parties voisines, soit aii cou, soit à la tempe, et en recouvrir la surface de la plaie. Cette pratique aurait en outre l’avantage, si les observations de M. Martinet de la Creuse sont fondées, de prévenir la reproduction du cancer.

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