CHLOROSE
L’époque de la vie des femmes à laquelle est spécialement affectée la chlorose, les phénomènes qui la caractérisent et qui sont complètement négatifs du côté de l’utérus, la nature et le résultat des moyens qu’on lui oppose avec le plus de succès, suffiraient pour démontrer quelle ne dépend d’aucune lésion quelconque de la matrice. La chlorose consiste en une altération de l'hématose; les troubles delà menstruation qui raccompagnent se montrent comme conséquence de l’anomalie que présente la circulation capillaire générale. Quant à la cause prochaine de cette •affection, consiste-t-elle, comme on le pense généralement, dans une altération primitive du sang caractérisée par la diminution de ces principes essentiels, de la partie colorante , ou du fer qui la constitue , et par la prédominance du sérum? Ou bien est-elle le résultat d’une altération dans l’innervation , ayant pour effet consécutif cette altération du sang? M. le docteur Joli y (i) s’est prononcé pour cette dernière opinion, que nous avions émise en ees termes dans notre première édition (page 1 15) : « Relativement à la « chlorose, on pourrait la considérer comme un état patholo- « gique entièrement opposé à l’hystérie : dans celle-ci , il y a « excès d’innervation ; il semble plutôt y avoir défaut dans la « chlorose. » (ire édit. , page ai5).
La nature des moyens de traitement qu’on lui oppose ne jette pas autant de lumière qu’on le prétend sur le point en litige. Est-ce en redonnant au sang les élémens ferrugineux qu’il a perdus qu’agissent les préparations ferrugineuses si efficaces contre ce genre d’état morbide , ou bien ne font-elles qu’exciter les fonctions digestives , relever le ton général, ranimer l’innervation mieux et plus, mais de la meme manière que les antispasmodiques, pris parmi les excitans ou les stimulans dont l’expérience a aussi maintes fois démontré les bons résultats ?
Si l’on admet avec quelques médecins que la chlorose soit une forme de l’anémie, on lui rapportera ce dernier état si commun dans les affections utérines qui s’accompagnent de
(») Revue méd. , compte rendu des séances de la Société de Méd, de Paris, 1 838.
MÉDICATIONS DE ^UTERUS.
pertes excessives , répétées ou prolongées. Peut-être trouverat-on encore plus de rapprochement entre la chlorose et cette décoloration générale , avec transparence des tissus, qui constitue un des phénomènes saillans de la cachexie cancéreuse. 11 est remarquable que l’on obtient dans tous ces cas des effets avantageux des préparations ferrugineuses, soit qu’on ait recours au carbonate de fer formulé d’après M. Blaud (i), soit qu’on emploie foxi-phosphate de fer préconisé par M . Dupouget.