TRAITEMENT CURATIF
vorables dans lesquelles se trouvaient les malades, malgré même des indices déjà assez tranchés de la manifestation ou de la tendance cancéreuse, une guérison complète a été obtenue, guérison qui ne s’est démentie chez aucune, puisque toutes existent encore, et que la plupart ont dépassé sans accident l’époque redoutable. Je citerai particulièrement les sujets des observations i4> i5, 16, 4i, 5y, 58, 60, 67, 68, 69, 85, 87, 88, 94, 97, 98, 99, 101, 104, io5, 107, 1 i5s ia5, ia5.
Je dois remarquer qu’il serait imprudent, dans certains cas surtout, de se fier aux seuls moyens topiques. La possibilité d’une prédisposition quelle qu’elle soit, qui peut entraver l’action des traitemens , ou déclarer plus tard spontanément le cancer, fait un devoir an praticien de la prendre en grande considération. C’est dans cette intention que j’ai toujours fait concorder, avec le traitement local demandé par la nature de l’affection existante , les moyens thérapeutiques généraux, et que j’ai insisté particulièrement sur l’observation rigoureuse des règles hygiéniques propres à introduire dans l’économie des modifications susceptibles de contre-balancer , de modifier ou de prévenir celle qui constitue la prédisposition cancéreuse.
Je soumets, disais-je dans ma première édition, à la méditation des praticiens ces considérations sur le traitement prophylactique des maladies cancéreuses de la matrice. Je dois dire aujourd’hui qu’adoptées par ceux-là mêmes qui ont embrassé , sur l’origine prétendue inévitable et la nature indestructible des cancers, des opinions opposées aux miennes, elles ont porté d’heureux et nombreux fruits auxquels je m’enorgueillis d’avoir contribué par mes exemples ou comme conseil.
Les considérations que j’ai présentées dans les généralités (ier partie) , les notions que j’ai données dans l’histoire particulière des différentes affections de la matrice, sur leur nature primitive, sur la manière dont les plus simples se changent en altérations organiques profondes et cancéreuses , sur les préceptes thérapeutiques que j’ai établis pour guérir ces affections et prévenir leurs transformations subséquentes
(seconde partie), me dispensent d'entrer ici dans de nouveaux détails sur le traitement préservatif du cancer utérin. On trouvera dans les observations sur lesquelles j’ai appuyé toutes ces considérations théoriques, de nombreux et convaincans exemples de préservation de cancer utérin.
Traitement curatif du cancer confirmé de l’ utérus. — Le prognostic du cancer confirmé est toujours extrêmement grave. L’on ne peut guère espérer qu’une aréole inflammatoire isolante viendra spontanément ici , comme cela est arrivé pour les cancers extérieurs, tracer des limites entre les parties saines et les parties frappées de cancer, qui, tombant alors en sphacèle, laissent une ulcération simple, susceptible de marcher rapidement vers la cicatrisation. Je ne sache pas qu’on ait vu cette terminaison heureuse , sinon dans les cas où la matrice altérée était précipitée hors de la vulve. La médecine a donc tenté d’y suppléer en produisant artificiellement le sphacèle de la portion cancérée, par le moyen des caustiques, ou en l’isolant des parties saines par la ligature , ou par l’instrument tranchant.
Le cancer confirmé est-il curable spontanément? est-il possible que l’engorgement squirreux et cérébri forme qui en fait la base, se résolve, cpie l’ulcération se cicatrise (i) ? Si cette guérison est possible, par quel mécanisme la nature l’opère-t-elle ? La solution de ces questions serait nécessaire pour fonder des indications précises et mettre sur la voie des moyens les plus propres à les remplir. Hors de là , tout traitement quelconque devient incertain, hasardeux ou aveuglément empirique, et sans grand avantage pour la science ni pour l’humanité.
Quelques faits semblent mettre hors de doute la possibilité de la guérison spontanée des cancers confirmés , sans destruction de la partie qui en est le siège, et indiquer par quel mécanisme ces résolutions s’opèrent. Nous avons rapporté
(1) Je crois qu’une maladie quelconque, qui n’est susceptible d’être dans aucun cas guérie par les seuls efforts de la nature, est incurable autrement que par la destruction spontanée ou artificielle de la partie altérée.