TRAITEMENT PRÉSERVATIF
de faits nombreux et leur interprétation rigoureuse que j’ai établi cette proposition , que le plus grand nombre des cancers de l’utérus pourraient être prévenus , si l’on combattait à temps et convenablement les affections simples cpii en sont l’origine la plus ordinaire. L’histoire impartiale , puisqu’elle est tracée d’après l’observation , de ces affections simples , a démontré d’une manière que je crois irrécusable comment, par des transitions successives, elles marchent vers des altérations profondes, des désorganisations graves jusqu’aux dégénérescences cancéreuses les plus prononcées. Qui oserait prétendre qu’un engorgement phlegmasique , un engorgement sanguin , une ulcération simple, des végétations seulement cellulo-vasculeuses , que ces affections abandonnées à ellesmêmes ou mal traitées ne finiront point par amener le cancer, quand les faits montrent tous les jours de ces transitions , quand ils prouvent que c’est par ces affections simples qu’ont commencé le plus grand nombre des cancers de l’utérus?
Objectera- t-on que , puisque les altérations squirreuses et cérébriformes constituant le principe des affections cancéreuses sont dues à une modification spéciale que l’âge introduit dans l’organisation ou la vitalité des tissus , cette modification peut bien provoquer le développement de ces altérations , sans quelles soient précédées d’un autre état morbide? Je ne nie pas qu’il puisse en être ainsi les tissus squirreux et cérébriformes se développent bien certainement dans l’utérus, comme dans tous les autres organes, sans autres affections préalables 5 mais je suis convaincu, d’après le relevé d’un grand nombre de faits , que ces cas sont beaucoup plus rares que ceux dans lesquels ces altérations cancéreuses succèdent à des engorgemens résolubles ou à des ulcérations susceptibles de cicatrisation, ou à des exubérances que l’on eut pu efficacement détruire. Admettons cette prédisposition , donnons-lui même le nom de diathèse, mais avouons au moins que ces maladies primitives ont la malheureuse faculté de mettre en jeu ou de développer, dans des circonstances données , la modification organique qui préside à la formation des altérations qui constituent les affections can-
céreuses. Reconnaissons que celles-ci n’auraient pas eu lieu, au moins clans un certain nombre de cas, sans ces affections simples , qui agissent alors comme causes provocatrices ou déterminantes, et deviennent pour ainsi dire les conditions sine cjiià non de leur développement ou de la manifestation morbide de la prédisposition ou diathèse jusque là latente et comme inerte.
Il est aussi reconnu que les altérations squirreuses , cérébrifo unes, ne sont pas , par leur nature /susceptibles de produire des accidens redoutables j ceux-ci résultent en général du ramollissement de la substance nouvelle, ou de l’inflammation transitoire que ces altérations provoquent dans les organes qui en sont le siège , ou encore des inflammations susceptibles de se développer dans leur propre substance. Or, comme ces phlegmasies , qui précipitent la marche et activent la transformation et l’extension de ces altérations, ne sont pas au-dessus des ressources de l’ait, il en résulte que l'on doit pouvoir prévenir ou retarder la transition des altérations squirreuses et cérébriformes en l’état de cancer confirmé.
Je regarde donc comme rigoureusement nécessaire de détruire toute affection de /utérus, telle simple quelle paraisse , avant que l’âge n’ait amené la disposition cancéreuse ; de se hâter plus encore quand cette époque est arrivée , et surtout quand déjà la maladie présente quelques uns des caractères propres au cancer , ou quelle affecte des sujets chez lesquels on a tout lieu de craindre cette redoutable terminaison 3 comme par exemple chez des filles de mères cancéreuses. M. Téallier, partisan déclaré de la diathèse cancéreuse et de l’inévitabilité du cancer, n’en donne pas moins un exemple de guérison préservative (/oc. cit.), malgré la funeste influence de l’hérédité qui était à craindre chez le sujet. J’en ai rapporté un plus concluant (page 28, ier partie). Je pourrais d’ailleurs invoquer à /appui de mon opinion la plupart des faits d’après lesquels je l’avais établie et que j’ai rapportés à l’occasion de /histoire des affections simples de /utérus \ dans ces cas , malgré les conditions défa-?