‹ Maladies de la moelle épinièreChapitre 32 sur 40 · SYXDBOME RADICULAIRE AU COURS DES TUMEURS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

SYXDBOME RADICULAIRE AU COURS DES TUMEURS CÉRÉBRALES

En dehors des symptômes qui leur sont propres, les tumeurs cérébrales s'accompagnent inconstammenl de symptômes qui rappellent ceux des lésions radiculaires, et présentent quelque analogie avec le tabès. Et de fait on trouve dans ces cas à l'autopsie des altérations des cordons postérieurs de la moelle et des lésions radiculaires. Ces symptômes nous sont bien connus depuis le mémoire de Batten et Collier (1899); plus récemment ils ont fait l'objet de divers travaux, parmi lesquels nous citerons ceux de Raymond et Lejonne.

Les symptômes les plus fréquents sont les troubles de la sensibilité : ce sont des douleurs plus ou moins vives dans la nuque et les membres, douleurs qui atteignent rarement l'acuité des douleurs lancinantes ou fulgurantes (lu tabès; mais cette éventualité peut se produire. Ces douleurs reviennent par paroxysmes, laissant dans les intervalles une sensation d'endolorissement. Quelquefois les douleurs sont à peine marquées et sont remplacées par des paresthésies, « une

sensation désagréable d'eau qui coule ou encore de carton mouillé »> (Lejonne).

Les troubles objectifs de la sensibilité ne s'installent que plus lard. Ils consistent en bandes d'anesthésie ou plutôt d'hypoesthésie disposées suivant une topographie radiculaire sur le bord interne des bras et des avant-bras par exemple, ou sur le bord externe. Les sensibilités profondes sont également altérées : la transmission des vibrations du diapason est mal ou même nullement perçue. Il en est quelquefois de même pour les sensibilités articulaires : les mouvements passifs sont imparfaitement reproduits ou interprétés.

Les modifications des réflexes tendineux sont d'ordinaire plus précoces, et la constatation de l'abolition des réflexes patellaires ou achilléens chez un sujet atteint de néoplasme cérébral doit toujours faire penser à une affection radiculaire. L'examen des réflexes cutanés donne des résultats variables.

A un degré plus prononcé, les mouvements deviennent incoordonnés ; le malade lance les jambes et talonne légèrement, il y a un peu d'incertitude dans les mouvements brusques du tronc, à l'arrêt ou pendant l'acte de tourner, et ces phénomènes s'accentuent lorsque les yeux sont fermés (ébauche de signe de Romberg). Aux membres supérieurs, il y a un peu d'hésitation pendant la préhension des objets et la main ne les porte pas directement au but. On se croirait en somme en présence d'un tabétique qui en est tout à fait au début de l'alaxieet l'analogie avec la maladie deDuchenne est encore plus grande si le malade souffre de crises viscérales, crises gastriques, douleurs intestinales ; c'est là du reste une éventualité d'ailleurs extrêmement rare.

Il est exceptionnel que ces symptômes atteignent la même intensité que dans le tabès vrai ; cependant Hoffmann a observé une ataxie très marquée et de vraies douleurs fulgurantes.

Dans la plupart des cas, le syndrome radiculaire se réduit à fort peu de chose : une légère diminution des réflexes etquelques douleurs. Il peut même avoir passé complètement inaperçu, tandis que l'autopsie révèle des lésions de la moelle et des racines.

Le faible relief de ce tableau clinique s'explique en grande partie par l'acuité des symptômes cérébraux derrière lesquels il s'efïace. C'est pourquoi encore, lorsqu'il est plus apparent, ce n'est presque toujours que vers la fin de la maladie.

Il existe toujours danscescas une augmentation manifeste, parfois très considérable, de la pression de li(piide céphalo-rachidien : la soustraction d'une certaine quantité du liquide peut amener, surtout au début, une atténuation temporaire de quelques symptômes, et en particulier des douleurs.

Mayer a établi le premier un lien étiologique entre les tumeurs de l'encéphale et les lésions des cordons postérieurs. Depuis, le fait a été

SYNDROMES RADICULAIRES PURS. 34-827

•confirmé dans divers travaux parmi lesquels il laul citer ceux de Batten et Collier.

La prédominance des dégénérescences dans les zones radiculaires, dans les bandelettes externes a été relevée dans la plupart des cas.

Nageotte (1900) a le premier signalé la constance des altérations des racines postérieures sur lesquelles siégerait la lésion initiale. Celle-ci consiste en un foyer inflammatoire situé sur les nerfs radiculaires (périnévrite et endonévrite); par sa localisation, elle se rapproche de la lésion qu'il considère comme la lésion primitive du tahes, mais elle en diffère par sa nature non syphilitique et l'absence de méningite spinale, par la tendance moins destructive de la lésion des fibres nerveuses.

Lejonne (1907) est arrivé à des résultats semblables dans leur ensemble, mais différents dans les détails. Pour lui, comme pour Nageotte, la lésion initiale siège au niveau des racines rachidiennes et particulièrement sur la racine postérieure, dans le trajet intradural (nerf radiculaire de Nageotte, nerf de conjugaison de Sicard et Cestan). Mais il n'a pas retrouvé les lésions de périnévrite et d'endonévrite qu'avait vues Nageotte. 11 a constaté une hydropisie du canal durai et des masses ganglionnaires qui prennent même 1 aspect pseudo-kystique; il a pu, avec un stylet introduit dans le canal, faire le tour du ganglion. Il en résulte une dislocation des fascicules nerveux, un élargissement de la racine postérieure; les fascicules suivent des trajets irréguliers : les uns sont arrondis, les autres comprimés, d'autres encore sont refoulés contre la face interne du canal durai. Les racines antérieures, qui sont plus compactes, sont moins disloquées, mais elles peuvent être également altérées, comme l'avait déjà vu Nageotte.

La myéline subit une désintégration granuleuse, puis disparaît complètement sur quelques fibres; le cylindraxe lui-même subit plus tard des altérations analogues.

Les dégénérescences de la moelle ne sont que les conséquences de ces lésions : d"où leur localisation dans les bandelettes externes.

Diverses théories ont été émises pour expliiiuer de tels accidents : Nageotte met en cause une intoxication ou une toxi-infection, dans laquelle le liquide céphalo-rachidien jouerait un certain rôle. Pour Lejonne, au contraire, ce processus aurait une origine purement mécanique : l'élévation de pression du liquide céphalo-rachidien produirait une compression radiculnire ou plutôt radiculo-ganglionnaire, qui entraînerait à son tour la dislocation des fibres nerveuses «tleur désintégration. Plus rarement les racines sont le siège de petits noyaux néoplasiques (André-Thomas ol L(v\v).

COIVSIDÉRATIOXS GÉNÉRALES ^

Anatomie normale ^

Substance grise 1 1

Structure de la cellule nerveuse 12

Substance blanche 20

Ne vroglie 23

Circulation artérielle et veineuse de la moelle 25

Circulation lymphatique 27

Étiologie 30

Anatomie pathologique 34

Lésions cellulaires 36

Altérations des fibres nerveuses 44

Régénération des éléments nerveux 51

Vaisseaux, méninges â3

DÉGÉiNÉRESCENCES SlîCONDAIHES. . . , 3^

An^lomie des faisceaux de la moelle 55

Cordon antéro-latérai j^

Fibres à direction descendante 55

Faisceaux descendants exogènes 55

Fibres pyramidales 3*5

Fibres rhonibo-mésenccplialiques 65

Fibres d'origine cérébelleuse, fibres du noyau de Deiters. —

Faisceau cérébelleux descendant. — Faisceau vestibulo-spinal 67 Fibres qui dcsccndenl dans la moelle par le faisceau longitudinal postérieur du bulbe 70

Fibres de la calotte bulbo-protubérantielle. — Faisceau prépyramidal. — Faisceau rubro-spinal "1

Fibres descendantes spinales prenant leur origine dans les

tubercules quadrijumeaux 7 2

Faisceau de Hehveg 73

Fibres descendantes endogènes. Dégénérescences descendantes du cordon latéral à la suite de lésions transverses de la

moelle 75

Fibres descendantes endogènes ou d'origine spinale 75

Fibres à direction ascendante 77

Faisceau cérébelleux direct 78

Faisceau de Gowers 80

Cordon postérieur SJ

Déarcnéresccnccs du cordon postérieur consécutives aux lésions

radiculaires 8&

Dét,'i;nératioii des racines sacrées sg^

DégénéraLion des racines lombaires 91

Dés"énéralion des racines dorsales 91

Déyénéralion des racines cervicales , 94

Dé^énéralions secondaires aux lésions transverses de la moelle. 96

1" Lésions transverses occupant la moelle cervicale 96

2" Lésions transverses occupant la région dorsale moyenne. . . 98

3° Lésions transverses occupant la moelle lombaire supérieure. 98

Dégénérations des cordons postérieurs au-dessus des lésions

transverses de la moelle 101

Sémiologie 102

Troubles de la motilité 102

Atrophie musculaire 109

Troubles de la sensibilité 111

Topographie des troubles de la sensibilité 111

Trouilles objectifs de la sensibilité superficielle 114

Troubles objectifs de la sensibilité profonde 116

Valeur séniiologif(ue des troubles objectifs delà sensibilité. 117

Troubles subjectifs de la sensibilité 119

Réflexes 120

1° Réflexes tendineux 120

2° Réflexes cutanés 124

Troubles viscéraux 131

Troubles vaso-moteurs 132

Troubles trophiques 134

Examen du liquide céphalo-rachidien. Ponction lombaire 134

Physiologie générale 141

La moelle et la sensibilité 141

Localisations sensitives spinales 142

Voies de conduction des impressions tactiles, douloureuses

et thermiques 144

La transmission de la sensibilité est-elle directe ou croisée?.. 146 Exisle-t-il dans la moelle des conducteurs spéciaux de lasensi-

lîilitc pour chaque territoire cutané? 149

La moelle centre trophique 151

L'atrophie musculaire dans les maladies de la moelle 132

La moelle et le tonus musculaire 13;>

Localisations motrices spinales 157

Mutilité 171

La moelle centre vaso-moteur 174

La moelle et les organes génito-urinaires 175

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