ARTICLE II
INDUCTIONS GÉNÉRALES SUR LES MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE CHEZ LES NOUVEAU-NÉS.
On peut aisément déduire des faits et des considérations qui précèdent, que non-seulement les altératious du système nerveux de relation sont fréquents chez les fœtus, mais encore que les centres nerveux sont doués, dès les premières époques de la vie embryonnaire, d'une activité remarquable. Il
existe certainement dans le mode de développement de la moelle épinière des conditions qui favorisent la formation de quelques-unes des monstruosités que nous venons de passer en revue ; mais il faut reconnaître aussi que l'influence exercée par cette portion du système nerveux sur les fonctions du fœtus, ainsi que ses nombreuses ramifications avec les différents organes, l'exposent encore plus à une infinité de modifications qui entravent son développement et déterminent des altérations plus ou moins profondes dans sou tissu.
Cette influence jDaraît persister encore dans les premiers temps de la vie extra-utérine, puisque les affections de la moelle épinière et de ses enveloppes sont très-fréquentes chez les enfants qui viennent de naître; elles sont certainement plus rares que celles du tube digestif et des poumons; c'est, du moins, un des résultats généraux qu'a signalés Billard, ainsi que beaucoup d'autres, qu'il ne sera pas hors de propos de rappeler ici, sous forme de résumé de physiologie pathologique, sur cette matière.
Chez les nouveau -nés, les affections des membranes rachidiennes sont plus fréquentes que celles de la moelle proprement dite ; elles sont injectées passivement et sans qu'ensuite il en paraisse résulter de graves symptômes. Cette stagnation sanguine, qui- produit des injections très-fortes des membranes rachidiennes est due sans doute à la gêne qu'éprouvent à cette époque de la vie la respiration et la circulation.
On rencontre aussi souvent une exsudation san-
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guinolenle entre les deux feuillets de l'arachnoïde, su^^oiît vers les lombes, et sans qu'elle paraisse occasionner des désordres appréciables : cependant sur deux enfants morts de tétanos, les accidents n'ont pu être attribués qu'à une altération semblable.
L'inflammation des méninges donne lieu à des convulsions des membres et de la face, surtout si l'inflammation remonte vers la base du cerveau.
Les méninges du rachis peuvent participer a l'inflammation générale de toutes les membranes séreuses du péritoine, de la plèvre, comme Billard l'a observé.
La réaction fébrile peut manquer; on trouve même alors le pouls lent et déprimé ; mais la phj-sionomie de l'enfant exprime la douleur ; il y a parfois une gêne considérable dans la respiration indiquée par la lividité de la face et par la dilatation lente et pénible du thorax.
Les altérations de la substance médullaire sont moins fréquentes ; cependant, dans le cas de méningite , on la trouve d'une dureté et d'une solidité anormales, qui semblent être en rapport avec l'inflammation périphérique.
Le ramollissement de la moelle est général ou partiel.
Il est très-fréquent que le ramollissement général coïncide avec un état semblable du cerveau : la pulpe est alors très-molle, jaunâtre, parsemée de stries sanguinolentes ; le moindre lavage la réduit en bouillie. L'enfant n'a ordinairement vécu que peu de jours ; il a respiré péniblement ; son cri a été
élouffé, ses mouvements nuls , sa figure immobile ; le pouls a été à peine perceptible. Il est fort rare que ce ramollissement et cette décomposition de la moelle ne soient pas accompagnés d'une altération analogue du cerveau ; alors tout l'axe cérébro-spinal est désorganisé. Quand la décomposition est bornée au cerveau, les désordres fonctionnels sont moindres.
Les différences de consistance dans la moelle épinière sont généralement difficiles à apprécier ; elle peut être un peu plus molle sans qu'on puisse affirmer qu'elle est précisément malade ; mais les deux extrêmes de mollesse ou de densité sont certainement des états pathologiques. Avec la mollesse extrême il y a toujours paralysie générale et anéantissement de sensibilité; avec la densité, on voit paraître les convulsions ou l'exaltation des propriétés nerveuses.
On trouve souvent le ramollissement partiel de la moelle épinière dans la moitié ou dans le tiers de sa longueur; il est plus fréquent à la partie supéj rieure qu'à la partie inférieure. Le renflement lombaire est souvent remarquable par sa fermeté, quand au contraire le reste de la moelle se ramollit facilement.
On peut dire, en résumé, que de toutes les altérations du centre nerveux rachidien et de ses enveloppes chez les nouveau-nés, la méningite est la plus fréquente, puis les épanchements de sang, ensuite l'endurcissement de la moelle épinière ellemême, enfin son ramollissement. Billard ajoute que dans le ramollissement, avec dégagement de gaz hydrogène sulfuré, il y a toujours épanchement
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d'une assez grande quantité de sang, qui contribue à hâter la décomposition du tissu nerveux, et qu'il se rencontre seulement chez l'enfant qui vient de naître.
La sensibilité tactile, qui est très-vive chez les nouveaurués, et alors que le cerveau est encore si imparfaitement développé, peut servir de nouvelle preuve qu'elle réside en grande partie dans la moelle épinière, ainsi que la calorification.
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