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MALADIES CAUSÉES PAR DES CRYPTOGAMES

Sur les feuilles : Gymnosporangium clavariaeforme

(Jacq.)

Syn. : Œcidium oxyacanthœ (Pers.)*

Le Gymnosporangium clavariaeforme , très voisin du Gymnosporangium SaUnœ^ est la cause dé la maladie

connue sous le nom dérouille des Pommiers; celle-ci est loin d'être très répandue, aussi a-t-on assez rarement l'occasion d'observer sa présence.

Fig. 23. — Rameau de Genévrier attaqué par le Gymnosporati" gium claoaHaBfoi^me à masses géialmeuses allongées plus ou moins cylindriques. {Cidre et Poiré,)

Le développement de ce parasite est calqué, pour ainsi dire, sur celui du Gymnosporangium Sabiîiœ (fig. 23).

On le trouve en hiver sur le Juniperus SaUna ou SaUne^ sur lequel il détermine également la formation

d'hypertrophies; au printemps, sur les tissus hypertrophiés, on remarque des masses gélatineuses facilement reconnaissables àleur forme allongée, et plus ou moins cylindrique. Les téleutospores sont étroites, fusiformes et bicellulaires, sans rétrécissement au niveau de la cloison.

Leur membrane, ainsi que celle des longs pédicelles qui les portent, gélifient leur couche externe, produisant ainsi le mucilage où elles sont plongées (fig. 24).

Ces téleutospores germent en un promycélium, formé de quatre cellules superposées, donnant naissance à plusieurs sporidies ; celles-ci, emportées par le vent ou les insectes sur des feuilles de Pommier, s'y développent, les tubes germinatifs qu'elles émettent percent Tépiderme, se ramifient dans les espaces intercellulaires, et produisent un thalle, d'où procéderont deux sortes d'appareils conidiens, dont la forme et la structure sont semblables à celles de la rouille du Poirier; les spermogonies apparaissent les premières, à la face supérieure de la feuille, et se présentent, à l'œil nu, comme des petits points noirs, tranchant nettement au milieu de la tache orangée, si caractéristique de cette maladie (fig. 6). Un peu plus tard, à la face inférieure de lafeuille,etsur ces mêmes taches, se forment des œcidies, dont les ^orea ou

Fig. 24. — A. Téleutospores de Gymnosporangium clavariœforme.

B. TéleiUospore ayant germé et présentant le promycélium avec une sporidies. (Cidre et Poiré.)

oecïdiospores ne peuvent germer que sur branches ou les rameaux du Jimiperus Sahina (fig. 25).

Les sporidies peuvent se développer, et produire la maladie sur un certain nombre d'autres arbres, et arbustes, tels que les Gratœgus oxyacantha^ punctata^

Fig. 25. — Feuille de Pommier attaquée par le Gymnosporangium ciavaiHœforme, et montrant à la face inférieure les taches sur lesquelles naissent les œcidies. {Cidre et Poiré.)

CrvS'Oalli^ pyrac<intha^ lohata^ ntgrUy etc., enfin sur Pirics angmtifolius et Sorhus aria.

Remède, — Si quelques Pommiers présentaient des feuilles atteintes par ce parasite, il faudrait les enlever et les brûler; dans le cas d'une attaque un peu forte, il serait bon de rechercher et de détruire également lesSabines, qui existent dans le voisinage. C'est là un moyen radical, puisque le champignon ne peut venir attaquer de nouveau les Pommiers qu'après avoir passé l'hiver et formé ses téleutospore sur le Junipenis Sahina.

Certains auteurs citent encore comme causant la rouille des Pommiers une autre espèce de Chymnosporangium^ le Gymrwsporangium iremelloïdes ou encore 6. juniperinum. Ce champignon forme sur le Genévrier commun des masses gélatineuses, de forme arrondie ou irrégulière.

Les téleutospores que renferment ces masses mucilagineuses, sont moins allongées que celles des Oymnosporangium SaMnœ et clavarixforms. Ce parasite passe l'été sur les feuil es des Sorbm aucuparia^

Fig. 26. — Pommo attaquée par la Tavelure {Fusicladium dendriticum). {Ga?'deners* Chronicle.)

hyhrida , termi)ialis , Aronia rotundifolia et Amelan-» chieris canadensis,

Fusicladium dendriticum (Fuck.).

Tavelure des Pommes,

Le Fusicladium dendriticum^ du groupe des HypJio^ mycètes, e t très voisin du Fusicladium pirinum^ qui est la cause de la tavelure des poires,

Il détermine de même sur les feuilles, des taches noires, qui se ramifient depuis le centre, comme un arbi'e en miniature, d'où le nom de dmdriticum . Les fruits présentent des taches semblables (fîg. 26).

Le développement du Fusicladium dendriticum est le même que celui que nous avons indiqué précédemment pour le Fusicladium pirinum,

La différence essentielle réside dans la structure des conidiophores ou pédoncules fructifères, qui présentent une forme plus régulière et des dimensions moins considérables.

Comme remède, il convient d'appliquer le même traitement que celui que nous avons indiqué pour la tavelure des poires.

♦" Erysiphe Mali.

La maladie causée par les Erysiphées est connue vulgairement sous le nom de Blanc ou Meunier^ à cause de l'aspect des feuilles attaquées, qui paraissent en général couvertes de farine.

Le mycélium blanc de ce parasite végète à la surface de la feuille, qu'il recouvre comme d'une fine toile d'araignée, la soustrayant ainsi à l'action directe de l'air et de la lumière ; de plus, il enfonce dans les cellules épidermiques des rameaux courts ou suçoirs^ qui sont des organes d'absorption, à l'aide desquels le parasite puise dans le protoplasma de la plante hospitalière les sucs qui serviront à son développement. Sur ce thalle, il se produit des rameaux dressés, terminés par des chapelets de conidies à développement centripète; ces conidies s'arrondissent aux deux bouts, se détachent, et enfin deviennent libres ; elles. tombent ainsi sur les feuilles du même arbre

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OU sont emportées d'une façon quelconque sur celles d*un autre Pommier; elles germent, reproduisent le thalle, et propagent ainsi rapidement la maladie.

En automne, ce champignon forme ses périthèces, qui se présentent à Tœil nu comme de tout petits points noirs, qui tranchent nettement sur la teinte claire du mycélium. Ces périthèces sont clos, sphériques, présentant à leur surface des filaments bruns ; ils ne s'ouvrent jamais ; les spores elliptiques et incolores sont mises en liberté, par suite de la désorganisation de ces conceptacles.

Il ne se forme qu'un petit nombre d'asques, ovoïdes ou piriformes, qui donnent naissance à leur intérieur à un nombre de spores, qui n'est pas déterminé, généralement deux à huit^

Comme remède, on emploie avec succès des soufrages. Lamanière d'opérer, ainsi que les instruments pour soufrer, ont été indiqués pour le Phylla^ctinia guttata^ parasite du Poirier, qui appartient également à la famille des Erysiphées.

Asteroma Mali.

C'est à la face supérieure des feuilles de Pommier que l'on observe cet Asteroma, Ses fibrilles sont fort peu distinctes à la vue simple, et rayonnent du centré à la circonférence, en formant des rosettes d'un noir pâle et brunâtre, de 2 à 3 millimètres de diamètre. Au microscope, on distingue facilement les fibrilles qui sont très nombreuses, rameuses, et d'une ténuité extrême.

M. Desmazières, qui a étudié cette maladie, n'a pas pu constater la présence de périthèces, à cause de l'état peu avancé des échantillons : « Nous n'avons pas la prétention, dit-il, d'avoir décrit complètement

LE POMWEft . 1;^' ;J;;.' ' 83

cette espèce, mais ce que nous avons appris nous a paru suffisant pour la distinguer de ses congénères. )> Si cette maladie venait à être constatée, il conviendrait d'asperger les feuilles, à l'aide d'un pulvérisateur, avec une solution de bouillie bordelaise.

Cladosporium herbarum (L. K.).

La dessiccation prématurée des feuilles de Pommier est souvent due à la présence d'un champignon microscopique, le Cladosporium herharum.

Ce champignon pousse ordinairement en saprophyte sur les plantes mortes les plus diverses ; mais dans des conditions particulières, réalisées ordinairement par une excessive humidité du printemps, il peut devenir parasite sur les plantes vivantes, et entre autres sur les feuilles de Pommier.

En tous cas, c'est son mycélium seul qui est parasite, car ce cryptogame ne forme ses appareils de fructification, que lorsque le partie envahie est -complètement tuée.

Sur les feuilles du Pommier c'est toujours la partie marginale, le bord de la feuille, qui est atteint le premier; le mycélium de ce champignon vit dans les tissus de la feuille; les cellules du parenchyme en contact avec les filaments mycéliens se dessèchent et meurent; alors le parasite, ne trouvant plus les substances nécessaires à son développement, forme des appareils fructifères, qui doivent assurer sa conservation ; à cet effet le mycélium produit des petites houppes très tenues de filaments dressés, qui donnent naissance, à leur sommet et sur leur flanc, à des petites conidies ovoïdes, assez variables comme forme et comme structure : en effet, elles sont tantôt unicellulaires, tantôt bicellulaires, ou même pluricellulaires

. Gomme remède curatif, aucun traitement n'a donné de bons résultats, cependant on peut employer une bouillie bordelaise à 3 pour 100 de sulfate de cuivre, et 2 pour 100 de chaux vive.

Les traitements préventifs sont d'un heureux effet.

Au commencement du printemps, il est bon de faire un ou même plusieurs traitements avec une bouillie bordelaise à 1 1/2 pour 100 de sulfate de cuivre, et 1 pour 100 de chaux vive : de çettemanière, on a des chances d'empêcher les germinations de conidies sur les feuilles naissantes, et d'empêcher l'infection.

Pendant longtemps, on a considéré le Cladosponum herharum comme étant une forme conidiale d'une Sph8eriacée,le Pleosporaherharum : ce sont deux champignons bien distincts. On ne connaît pas la forme ascosporée du Gladosporium herharum^ qui rentre par suite dans le groupe des champignons imparfaits,

Phyllosticta Mali.

Le Phyllosticta Mali estun cryptogame parasite qui a été observé et étudié par MM. Prillieux et Delacroix sur des feuilles de Pommier, venant des environs de Lorient; ce parasite n'est pas sans causer quelque dommage sur les feuilles, où il se présente sous forme de macules assez petites, brunâtres, abord épaissi, plus coloré. Ces macules sont caractérisées, comme un certain nombre d'autres du même genre, par la présence du tissu subéreux, qui dans ce cas ne se détache pas néanmoins sur tout le pourtour, comme dans le Coryneum BeijerinckiL Sur ces macules, dont un nombre assez considérable est stérile, apparaissent les périthèces.

Les feuilles qui portent un nombre de macules un peu considérable, ne tardent pas à tomber, et les fruits par suite mûrissent mal.

Une autre espèce voisine, le Phyllosticta pirkola ou Phyllo8ticta pirina^ attaque de la même façon les feuilles de Poirier»

PARASITES SUR LE TRONC ET LES BRANCHES Polyporus hispidus (Fr.).

Le Polyponts hispidus présente des fructifications de grande dimension, qui peuvent atteindre la taille d'une tète d'enfant.

Ce champignon est sessile, avec une couleur rouge fauve ou rouge de brique ; mais en vieillissant il prend une teinte brune uniforme ou noirâtre ; il est de consistance molle et spongieuse, en même temps que charnue dans la jeunesse, coriace et subéreuse plus tard.

Son chapeau, large de 20 à 25 centimètres est compact, épais, dimidié, formant une sorte de coussin couvert de poils courts et rudes. Ses pores sont petits, arrondis, nombreux, jaunâtres, puis passantau fauve, et se séparant du chapeau sans trop de difficulté. Sa saveur est désagréable et acide.

• Le Polyporm hispidus donne une couleur jaune éclatante, aussi est-il employé quelquefois pour teindre la soie, le lin, le coton.

Le chapeau de ce champignon ne se détruit pas en hiver, et peut persister plus d'une année sur l'arbre sur lequel il vit.

L*infection se produit en automne, époque à laquelle les spores sont mûres; quand celles-ci, em-

portées par le vent ou par toute autre cause, viennent à tomber sur une plaie humide, qui pénètre jusqu'au vieux bois, ou encore dans une fissure profonde de Técorce, elles germent rapidement; le mycélium, issu de cette spore et formé de filaments blancs très déliés, s'étend rapidement entre les divers éléments du bois, qui corrodé par les diastases sécrétées devient mou, léger et spongieux.

La branche ou le tronc ainsi attaqué ne tarde pas à se dessécher et meurt.

Ce champignon est fréquent en Bretagne et en Normandie sur le tronc des Pommiers, on Tobserve aussi sur un certain nombre d'autres arbres, tels que le Chêne, le Hêtre, le Frêne, et principalement le Noyer.

Dans le Midi, il cause souvent de grands dommages aux cultures de Mûriers. MM. Prillieux et Delacroix, dans une étude sur les maladies qui envahissent le Mûrier,ont montré « que ce sont, en général, les plaies de taille et d'élagage qui servent de porte d'entrée à ce parasite, ou encore ces fissures longitudinales plus ou moins étendues, qu'on remarque sur le tronc.

« Le seul remède qui puisse être efficace consiste à enlever les parties atteintes : couper la branche avec une portion de la partie encore saine, si le rameau seul est atteint, et si c'est le tronc, entailler profondément jusqu'au vif, en empiétant sur le bois qui parait encore en bon état. »

Il est indispensable de pratiquer cette opération à une époque autre que l'automne , qui est l'époque de fructification de ce parasite, et choisir, autant que possible, un temps chaud et sec.

L'opération terminée, il sera utile de recouvrir la

plaie avec du coallar ou un onguent quelconque ; le plus simple et le moins coûteux est Tonguent de Saint-Fiacre, formé d'un mélange de bouse de vache et d'argile. Mais toutefois auparavant, il es bon de mouiller la plaie avec une solution de sulfate de fer à 50 pour 100, additionnée d'un pour cent d'acide sulfurique; ce traitement a pour but d'empêcher la pénétration de nouvelles spores ; remarquons que c'est là un traitement qui devrait être employé d'une façon générale, pour tous les arbres qui présentent des plaies, provenant de causes diverses telles que la taille, les blessures, etc.

En même temps, pour compléter le remède, il est bon d'ameublir le sol, au voisinage des racines, et d'y ajouter un copieux engrais azoté, tel que du fumier bien consommé.

Dans ces conditions, quand le traitement est bien appliqué, on peut arriver à sauver l'arbre qui portait ce parasite ; il se forme un bourrelet cicatriciel, qui s'étend de plus en plus en recouvrant peu à peu les parties mises à nu, et dont les lèvres finissent par se rejoindre, et se fermer généralement au bout de quelques années.

Nectria ditissima (lui.).

Chancre du Pommier.

Le Nectria ditissima^ que nous avons décrit précédemment, comme causant le chancre du Poirier^ détermine sur les Pommiers des chancres analogues; nous ne reviendrons pas sur l'étude de cette Sphériacée, la maladie présentant sur les Pommiers les mêmes symptômes et la même marche de développement.

Remarquons, toutefois, que toutes les variétés ne souffrent pas également des atteintes de ce parasite ; une des variétés les plus maltraitées est celle désignée communément sous le nom de pomme de Bénauge, ensuite viennent les pommes à cidre.

En Allemagne, M. Gœthe, qui a étudié cette maladie d'une façon spéciale, a remarqué les mêmes différences, au point de vue de la sensibilité à la maladie des diverses variétés ; il a constaté que plusieurs sortes sont beaucoup moins sujettes au chancre que d'autres, une des plus fréquemment atteintes est la reinette du Canada ; une des moins sensibles serait la reinette grise française.

D'après le même auteur, le chancre du Pommier serait aussi très fréquent en Alsace, dans la Prusse rhénane, et sur divers autres points de l'Allemagne. (( Des milliers d'arbres succombent chaque année à cette maladie, bien avant l'âge, et souvent en pleine jeunesse, il y a des régions où certaines espèces plus sensibles ne peuvent être cultivées; dans d'autres, la maladie est tellement fréquente et meurtrière, que l'on sera peut-être forcé d'y renoncer complètement à la culture de toute espèce de pommiers. »

Comme on le voit, celte maladie revêt en Allemagne un caractère de gravité très accentué ; heureusement il n'en est pas ainsi en France ; toutefois il est nécessaire et indispensable de lutter avec énergie contre ce parasite; de ne pas attendre qu'il soit profondément ancré, pour songer à appliquer les remèdes curatifs, que nous avons indiqués pour le chancre du Poirier, Il est toujours préférable d'agir préventivement, et d'user des moyens prophylactiques recommandés précédemment.

COIGNASSIER [Cydonia vulgaris)

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