MALADIES DU FRUIT
Exoascus Pruni (Fuck.).
Syn. : Taphrina Pruni {JmX.).
Vulg. : L^e du Prunier.
V Exoascus Pruni est un Ascomycète, qui attaque To-» Vaire des Prunus domestica , Padus et spinosa, accusant la maladie connue vulgairement sous le nom de Lèpre du Prunier.
Cette maladie, qui fait son apparition en avril ou
au commencement de mai, est caractérisée par le développement monstrueux du jeune fruit.
Aussitôt après la floraison, il se transforme en une poche verdâtre, comprimée latéralement.
Ces poches peuvent atteindre la longueur du doigt ; leur aspect est assez variable ; elles sont tantôt aplaties comme une gousse, tantôt fusiformes, droites ou courbées, rappelant alors la forme de la courge dite Massue d'Hercule ; elles se distinguent des fruits sains par leur couleur pâle, jaunâtre, quelquefois même rougeâtre, par leur surface ridée irrégulièrement ou tuberculeuse, enfin par leur peau lisse et luisante.
Plus tard, ces fruits ainsi hypertrophiés se couvrent d*un enduit extrêmement ténu, mat, blanc, plus tard jaune d'ocre. Enfin toute leur surface se présente à un moment tachée de brun, moisit, puis ces poches tombent (fig. 30).
Leur cavité interne est remplie d'air, et à leur paroi supérieure, on remarque des ovules plus ou moins développés.
De Bary a montré que ces déformations étaient dues à la présence du mycélium du champignon dans les tissus du jeune fruit, présence qui peut être constatée de bonne heure, au commencement de mai.
Les filaments du mycélium se ramifient dans les tissus du fruit attaqué, et forment un réseau sous la cuticule, à travers laquelle ils émettent d'innombrables rameaux perpendiculaires, offrant l'aspect du duvet de velours.
Ces ramifications cylindriques acquièrent une cloison, formant ainsi deux cellules : l'inférieure plus petite et stérile devient le pédicelle, la supérieure est la cellule mère des spores ou asques ; leurs dimen-
Fig. 30. — Jeunes fruits attaaués par VExoascus PrunC {Gardener's Chronicle.)
sions sont de 41 à 50 [a de long et 10 à 15 (jl de large ; elles donnent naissance à leur intérieur k huit
spores, qui s'échappent et sont projetées par un orifice circulaire, situé au sommet de l'asque.
Ces spores libres germent facilement dans l'eau, ou dans les solutions sucrées, en donnant naissance non à un tube germinatif, mais à des bourgeons analogues à ceux des saccharomycètes, mais ils en diffèrent essentiellementjCar ilsne produisent pas d'alcool.
Ce parasite est assez rare aux environs de Paris, où pourtant on le rencontre parfois sur \q Prunus spinosa ; il est au contraire très commun dans certaines parties du centre de la France, en Bourgogne notamment, soit sur cette même espèce sauvage, soit parfois sur diverses variétés de pruniers cultivés, où il occasionne des monstruosités semblables à celles que nous venons de décrire.
Le même arbre produit des poches pendant plusieurs années consécutives, et on peut en conclure que le mycélium passe l'hiver dans les jeunes rameaux, la destruction des poches ne suffit donc pas pour écarter la maladie, il faut également enlever tout le jeune bois qui les porte; il est également indispensable d'enlever, autant qu'il est possible, les fruits malades des Pruniers sauvages, qui pourraient être ainsi des foyers d'infection, donnant naissance à d'innombrables spores, qui emportées par le vent ou les insectes iraient infecter les Pruniers du voisinage.