MALADIES DÈS RACINES
Les racines de Cerisier sont sujettes à la maladie connue sous le nom de Blanc des radnes^ causée par le Dematophora necatrix^ et principalement par VAgaricm mellenH; je ne reviendrai pas sur ces deux champignons, qui ont été étudiés dans le chapitre traitant des maladies du Poirier (\oir pages 47 et54), car ils se présentent ici sous le même aspect, et offrent le même mode d'attaque.
GROSEILLIERS [Ribes)
CRYPTOGAMES PARASITES Puccinia grossulariae (Gmel.j.
Syn. : Œcidium grossidarise (Gmel.)- Puccinia Ribis (De). .
Le Puccinia grossidariœ est une Urédinée homoïque, c'est-à-dire qui accomplît tout son cycle évolutif sur une seule plante.
Ce parasite attaque les jeunes rameaux, les feuilles, et principalement les fruits, dont il couvre presque toute la surface ; il forme sur ces différents organes des taches rondes, irrégulières, présentant une couleur rouge-pourpre sombre (fig. 31).
Du côté supérieur de la feuille, les filaments qui occupent les espaces intercellulaires forment, en se pelotonnant ici et là, des sortes de bouteilles ou spermogonies, dont la paroi, constituée par une couche de filaments serrés, est tapissée en dedans par des poils. Les bouteilles percent l'épiderme, et s'ouvrent au sommet, tandis que les poils qui en tapissent le col se projettent en dehors en forme de pinceau. Le fond de la bouteille est couvert de rameaux serrés, qui donnent naissance à des chapelets de spores ou spermaties, qui ne restent pas longtemps unies, se détachent, et enfin s'échappent par Tostiole terminale.
A la face inférieure de la feuille, les branches du thalle se pelotonnent également, et forment des sortes
Fig. 31. — Feuilles et fruits de Groseilliers attaque par le Puccinia grossulanae, {Gardener's Chronicle.)
de tubercules. Plus tard ceux-ci percent Tépiderme et s'ouvrent largement au sommet en une coupe, dont la paroi est constituée d'une seule couche de cellules polygonales.
. Le fond de cette coupe est occupée par une couche de cellules allongées portant chacune à son sommet un chapelet de spores. D'abord polyédriques par leur pression réciproque, ces spores s'arrondissent plus tard, se détachent et s'échappent dans Tair par l'ouverture de la coupe. Ces spores de couleur jaune pâle retombent sur les feuilles de la plante ou de
Fi g. 31 bis. — Fruits, coupés longitudinalement, montrant leurs tissus internes modifiés parle parasite. {Gardeners Chronicle.)
groseilliers voisins et multiplient ainsi la maladie (fig. 32).
Ces sortes de coupes ou Œcidiss\ très nombreuses et serrées les unes contre les autres, constituent les taches dont nous venons de parler. Plus tard le parasite produit ses téleutospores. Celles-ci sont réunies en amas, formant des taches arrondies ou allongées, d'abord jaunes, plus tard brunes, rarement isolées, généralement groupées d'une façon irrégulière, souvent même confluentes.
Ces spores, de couleur brun châtain, mesurant 25 à 40 jJL de long sur 14 à 20 de large, sont elliptiques, ou un peu oblongues, portées par des
pédicelles assez longs et grêles. Elles sont généralement arrondies à la base, peu ou pas retrécies au niveau de la cloison ; leur sommet également arrondi
Fig. 32. — Coupe transversale d'une feuille de groseillier attaquée par le Pucciniagrossularise, portant des spermogonies âla face supérieure, et des œcidies à la face inférieure. (Gardener^s Chronicle.)
OU encore conique présente un épaississement marqué.
Le Puccinia grossularide se rencontre non seulement sur le Rihes grossularia ou Groseillier à maquereau, mais encore sur le Rihes higrum ou Cassis, ainsi que sur le Ribes ruhrum ou Groseillier à grappes. Gomme
traitement, il est nécessaire d'enlever et de brûler les parties malades; d'autre part, il serait bon, au début de la végétation, de pulvériser sur ces arbustes une solution de bouillie bordelaise, afin d*y empêcher la germination des spores du parasite.
Cronartium r'bicolum (Dietr.).
Le Cronartium riMcolum est une Urédinée, dont pendant longtemps, on n'a connu qu'une moitié du développement.
On ne connaissait alors que la partie de son cycle évolutif, qui s'accomplit sur les feuilles des Rihes nigrum^ rubrum^ awrmm etc. ; on ignorait le rapport qui existe entre cette maladie, et une autre qui attaque le Pin Weymouth [Pinus strobtis), et qui est causée par un parasite nommé par le docteur Klebahn de Brème Feridermium strobi.
Depuis on a reconnu qu'on était en présence, non de deux champignons distincts, mais de deux formes différentes d'une seule espèce d' Urédinée hétéroïque, le Cronartium ribicolum.
Ce parasite produit, à la face inférieure des feuilles de Groseillier, ses urédospores et téieutospores,qiii en recouvrent parfois toute la surface. Les urédospores sont réunies en petits amas sphériques de couleur jaune orangé ; ces amas sont enveloppés d'un pseudopéridium, formant cupule à la maturité. Ces urédospores ont un aspect variable, elles sont rondes, elliptiques, ovoïdes ou piriformes; la surface en est hérissée de petites pointes ou piquants. Dimensions 19 à 35 [A de long — largeur, 14 à 22 p..
Les téleutospores offrent une disposition spéciale, bien caractéristique de ce genre, qui est, parmi les
Urédinées, un des plus élevés en organisation. Ces téleutospores, unieellulaires, oblongues ou cylin-
Fig. 33. — A, feuille de Groseillier attaquée par le Cronartium ribicolum. — B, urédospores. — D, téleutospores réunies on chapelets qui se touchent. — E, 3 téleutospores isolées, libres. {Gardener's Chronicle.)
driques, sont réunies en chapelets qui se touchent, constituant ainsi une sorte de bouquet massif ou de
colonne, dressée au milieu du pseudo-péridium, qui renferme les urédospores (fig. 33).
Ces iéleutospores, d'abord jaune orangé pâle, plus tard brun clair, germent immédiatement, sans passer à Tétat de vie latente, comme chez la plupart des Urédinées ; elles émettent un tube court, ou promycélium, qui porte, au sommet de stérigmates, plusieurs petits corps ovoïdes ou sporidies. Celles-ci, portées par le vent ou des insectes sur le tronc de Pins Weymouth germent, et y déterminent la maladie appelée autrefois Peridermium strobi. Sur ces arbres le parasite produit en juin d'abord ses spermogonies, puis un peu plus tard ses œcidies.
Les spermogonies se montrent sous forme de taches foncées, arrondies, grandes ordinairement comme un pois. Elles naissent sous le périderme, entre celui-ci et le parenchyme cortical, soulèvent l'écorce, qui se détache au-dessus de ces réceptacles fructifères, et tombe comme un opercule.
Les œcidies se développent entre les spermogonies, tantôt isolées, tantôt réunies plusieurs ensemble, atteignant alors 15 millimètres de longueur.
Sur les jeunes tiges et les jeunes rameaux, le parasite envahit l'écorce, surtout son pourtour, dès la première année ; tandis que sur les fortes branches, ou les tiges âgées, un seul côté de l'écorce est généralement atteint; quand l'écorce envahie par le parasite n'est pas morte l'année suivante, elle produit alors de nouvelles œcidies entre les anciennes, dont les vestiges restent sous forme de blessures incrustées de résine. La production des œcidies continue ainsi un certain nombre d'années, jusqu'à la mort de la branche ou de l'arbre malade.
• ^Outre le Pinm strobus^ on rencontre encore le
Oronartium ribicolum sur l'écorce et les branches des PinusLamhertiana et Pimis Gimbra^ mais non sur les aiguilles. Comme remède, il convient de couper et de brûler les branches et les tiges de Groseillier atteintes par le champignon.
Il n'y a aucune relation entre le Feridêrmium du Pin Weymouth, et ceux du Pin commun et du Pin sylvestre.
Celui du Pin commun est dû, d'après les cultures de Cornu et de Klebahn, au Oronartium asclepiadêum qui forme ses téleutospores sur le Gynanchum vinretoxicum, et Gmtiana asclepiadea.
Celui qui vit en parasite sur les aiguilles seulement, nommé Peridermium ohlongosporium^ donne naissance au Goleosporium senecionis^ sur le séneçon,
Microsphaera grossulariae (Lév.).
Ce champignon appartient à la famille des Ërysiphées. Son mycélium blanc grisâtre recouvre les deux faces des feuilles de Groseillier à maquereau {Bibea groasularia) comme d'une fine toile d'araignée ; comme chez tous les autres genres de cette famille, le mycélium est superficiel et n'enfonce que de courts suçoirs dans les cellules épidermiques. Il donne naissance, d'abord à des conidies, puis à des périthèces.
L'appareil conidial est simple, ce sont des filaments dressés, portant à leur sommet plusieurs spores, placées bout à bout, qui, à lamaturité, s^isolent et deviennent libres. Les périthèces sont petits, sphériques et isolés; il présentent à leur surface 10 à 15 appendices, assez courts, généralement trois fois dichotomes, dont les dernières branches portent deux
petites dents presque parallèles. Les asques, au nombre de4 à 8dans chaque périthèce, sont ovoïdes, munis d'un court pédicelle, et renferment 4 à 5 spores. Comme remède, on emploie avec succès des sou^ frages répétés.
Septoria Ribis.
Le Septoria Eibis est un champignon imparfait du groupe des Sphmropsidées, Ses périthèces isolés, mesurant 135 X 95 l*, sont complètement plongés dans le tissu de la feuille, et s^ouvrent à la face supérieure, par une ostiole assez grande.
Une coupe transversale de ces conceptacles montre leur enveloppe formée de quelques assises de cellules irrégulières, petites, dont les plus internes sont de couleur sombre noirâtre, tandis que les internessont de teiûte moins foncée, ou elles se confondent avec un tissu délié qui tapisse toute la cavité. Autour de rorifîcedel'ostiolejil existe une couronne de filaments verticaux ou cirrhes, qui sont bien caractéristiques.
Les parois internes de ces conceptacles sont tapissées de spores droites ou flexueuses, incolores, unicellulaires et très allongées : 50 jx et excessivement minces : 1 àl Va P- Elles présentent à leur intérieur un certain nombre de gouttelettes huileuses, vordâtres, qui disparaissent dans les échantillons mis en herbier. Ce parasite, de très petite taille, détermine souvent la chute prématurée des feuilles; le seul traitement consiste à ramasser, puis brûler les feuilles malades.
Glseosporium Ribis.
Ce parasite, rangé parmi les champignons imparfaits dans le groupe des Mélanconiées, attaque les
feuilles vivantes des Groseilliers, surtout le Groseillier à grappes : Ribes rubrum, où il forme des petites pustules brunâtres. Les pseudo-périthèces, ayant environ BO (X de largeur, sont largement ouverts à Textérieur ; ils prennent naissance sous l'épiderme, dont les cellules brunissent et meurent.
La base de ces conceptacles est tapissée d'une couche de filaments dressés, qui produisent à leur sommet des spores hyalines, ordinairement arquées, mesurant i8 à 20 jx de long, sur 6 à 7 [i. de large.
Les feuilles, qui présentent un certain nombre de ces pustules, jaunissent ordinairement et tombent avant l'automne ; mais, comme les fruits sont mûrs au milieu de Tété, le dommage est moins préjudiciable que pour d'autres parasites, qui attaquent des arbres fruitiers à maturité automnale, comme le Pommier et le Poirier. Je citerai encore un autre champignon imparfait, Phyllosticta grossulariœ, qui forme sur les feuilles du Groseillier à maquereau des macules assez petites, brunâtres, à bord épaissi et plus coloré.
Sur le tronc : Folyporus Ribis (Schum.).
Syn. : Trametes RiUs (Pries).
Ce polypore vit à la base des vieux troncs de Groseilliers, ainsi que des Rosiers. Son chapeau sessile, aplati et fixé latéralement au support, est de forme assez variable; généralement, il en naît plusieurs côte à côte, qui se recouvrent alors à la façon des tuiles d'un toit. Il est de taille assez considérable, et peut atteindre jusqu'à 12 centimètres de large ; quand il est jeune, sa surface, couverte de poils fins et
courts, présente Taspect du velours; plus tard, ces poils disparaissent et le champignon est nu, avec une couleur brun rouillé.
Les zones concentriques qui, chez la plupart des polypores, sont si nettes, ne sont pas ici distinctes. Les tissus de ce champignon ont la consistance du liège, et une teinte jaune brun. Ses pores sont petits, courts, environ deux millimètres de long.
Le seul remède contre ce parasite est d'enlever le Groseillier ainsi attaqué, pour empêcher la contamination des pieds voisins par les spores, que produit en très grand nombre l'appareil fructifère que nous venons de décrire.
OLIVIER {Olea Europœa)
l"* Sur les feuilles : Fumagine des Oliviers.
Cette affection, doDt souffrent grandement les plantations d'Oliviers et d'Orangers en Algérie, a été particulièrement étudiée par M. Prillieux, inspecteur de l'enseignement agricole.
Le caractère le plus frappant de cette maladie est l'apparition sur les feuilles et sur les rameaux des Oliviers d'une matière pulvérulente noire comparable à la suie, ou à la poussière de charbon. Cet enduit noir est plus ou moins adhérent, tantôt sec et friable, tantôt visqîieux et gluant, en été surtout. Dans ce dernier cas, toutes les feuilles de l'arLre attaqué ne sont pas seulement noires, mais couvertes sur la face supérieure d'une substance sucrée mielleuse, qui s'égoutte en dessous.
En même temps, les Oliviers atteints du noir sont le plus souvent couverts de nombreux Kermès, fixés à la face inférieure des feuilles, qu'ils criblent de leurs piqûres pour en tirer leur nourriture.
Or on sait que , comme les Pucerons, certains Kermès sécrètent une sorte de miel qui poisse les feuilles; cette sécrétion sucrée constitue le miellat, dont les planteurs de Houblon ont surtout à se plaindre.
Il paraît certain aujourd'hui, que la présence de cette matière sucrée permet à la fumagine (qui est un champignon superficiel, recouvrant (mais ne perçant pas) les feuilles, d'une couche opaque, mettant
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obstacle à l'accomplissement de leur fonction) de prendre Texcessif développement qui la rend si redoutable ; et ce développement peut être si rapide qu'en un ou deux jours un arbre est entièrement noirci.
Le Kermès de l'Olivier est donc l'agent qui favorise particulièrement la progagation de la Fumagine. Toutefois on a remarqué que les Kermès, comme beaucoup d'insectes et de parasites, s'attaquent de préférence aux plantes déj^ souffrantes et maladives.
Dans ces conditions, l'arbre étant déjà languissant, les piqûres des Kermès l'épuisent, en même temps que la matière visqueuse, sécrétée par ces insectes, s'opposent à l'accomplissement normal des fonctions des feuilles et concourent au développement de la Fumagine.
Si la Fumagine, dit M. Prillieux, couvre l'Olivier avant la floraison, il ne fleurit pas, ou fleurit à peine ; les jeunes pousses sèchent ou restent chétives. Si l'arbre est déjà en fleur, quand le noir l'envahit, les fleurs se flétrissent et se détachent de l'arbre; si le fruit est noué, le noir le fait tomber; enfin, s'il est déjà gros et bien formé, il l'empêche de se gonfler et diminue encore notablement la quantité d'huile, qu'on en peut tirer au moulin.
La maladie sévit surtout ^ur les Oliviers trop fournis de branches, non battus par le vent, sur les arbres des lieux bas et humides, peu ventilés.
On peut dire, qu'en général, les circonstances les plus favorables au développement du noir sont la chaleur étouffée, l'humidité des lieux bas et encaissés, abrités du vent, et que ce sont les arbres les moins aérés, qui donnent le plus de prise au mal.
Il n'y a pas à compter détruire entièrement les
Kermès, on se servira seulement avec quelque succès du lait de chaux, en aspersions et en badigeonnages. En deuxième lieu on recommande la taille énergique des arbres attaqués ; car il est connu, en Algérie, qu'après l'émondage les jeunes pousses se dévelop-pent régulièrement et portent des fruits si le bois n'a pas été attaqué.
Donc il convient de tailler énergiquement tous les arbres al teints de noir, pour détruire les branches couvertes de Kermès, et pour en aérer Tintérieur, enfin de badigeonner à Teau de chaux sans négliger, bien entendu, tous les soins de bonne culture.
Cycloconium oleaginum.
Ce champignon vit sur les deux faces des feuilles, plus rarement sur les fruits.
Sur la face supérieure des feuilles, il forme des taches circulaires, souvent noirâtres, dont le centre est d'une autre couleur que la périphérie, gris ou brun ordinairement. La plupart des taches mesurent 6 à 10 millimètres de diamètre ; mais il en est qui s'étendentdavantâge, et quelques-unes même (sur les Oliviers à larges feuilles) atteignent 15 millimètres et plus de diamètre ; elles sont distribuées sans ordre sur le limbe, et en nombre variable. Certaines feuilles en sont couvertes; beaucoup en portent quatre à cinq, d'autres une ou deux seulement. Souvent, en s'accroissant, les taches se rencontrent; elles se pres^ sent alors les unes contre les autres, et prennent un contour en partie ou complètement polygonal (fîg.34).
Ce parasite se montre sur les feuilles à toutes les époques de l'année ; cependant ces taches naissent pour la plupart en automne, ou à la fin de Tété, sur les feuilles de l'année. Elles évoluent lentement.
LOLIVIER
' Leur couleur est d'abord noirâtre ; à fur et à mesure qu'elles grandissent, leur contour se dégrade et s'efface au centre, où reparaît la couleur verte de la feuille. Plus tard, en vieillissant, elles deviennent souvent au centre jaune brun ou gris.
Sur les pétioles des feuilles le Cycloconium forme
Fig. 34. — Feuilles d'Olivier attaquées par le Cycloconium oleaginum.
des taches allongées ; elles sont au contraire arron dies sur les olives.
A la faèe inférieure des feuilles, ces taches sont localisées sur la nervure médiane, qu'elles couvrent parfois d'un bout à l'autre.
Les coupes transversales de ces taches montrent que le mycélium est logé dans la couche cuticulaire
de la paroi externe des cellules épidermiques ; on le voit rarement pénétrer jusqu'à la paroi profonde des cellules épidermiques. Ce pseudo-parenchyme, formé de deux à trois assises, comprime d'un côté les cellules épidermiques, et de l'autre amène le soulèvement de la partie superficielle de leur paroi externe. Ces filaments, lorsqu'ils sont fructifères, se courbent normalement ou obliquement, et perforent la
Fig. 35. — Coupe transversale d'une feuille d'Olivier attaquée par le Cycloconium oleaginum, — a, 6, c, mycélium du Champignon végétant sous la cuticule. — d, ampoules. — c, ^ spores.
paroi qui les surmonte. Au sommet de chacune d'elles se forme une légère ampoule, qui grandit rapidement et passe du gris clair au jaune verdâtre. Sur ces ampoules naissent les spores en nombre variable, ordinairement une ou deux spores, parfois trois, quatre ou cinq, disposées en étoile autour du sommet ; ces spores se détachent facilement à la maturité (f.g.Jo).
Ces spores sont jaune verdâtre, avec une ou deux cloisons transversales, et une paroi épaisse et lisse.
Ce parasite s'attaque principalement à la Lucques, l'Amellan, le Rouget et la Verdale; il se développe
l'olivier 143
tardivement sur les olives, et le dommage qu*il leur cause est insignifiant. Au contraire il altère Tépiderme des pédoncules et des feuilles, qui brunit au centre des taches. Souvent aussi le parenchyme prend une couleur jaune plus ou moins prononcée, apparente surtout à la périphérie des taches. Au-dessous de la région centrale des taches, les cellules redeviennent génératrices.
2"" Snr les branches : Tumeurs à bacilles.
Les branches d*01ivier présentent parfois des excroissances, de formes assez irrégulières, parfois sphériques, crevassées, souvent divisées en lobes par de profondes et larges fentes ; ces sortes de tumeurs sont lignifiées, se dessèchent rapidement, et entraînent la mort du rameau qui les porte.
Cette maladie est causée par des bacilles. Si on examine un petit tubercule, de 2 millimètres par exemple, on remarque que le tissu du sommet est brun et mortifié. En faisant une coupe, on voit une ou plusieurs lacunes, entourées de cellules mortes et desséchées.
Ces lacunes sont irrégulières, et communiquent les unes avec les autres ; elles contiennent une matière opaque, blanche, qui n'est autre chose qu'un grand amas de bacilles. Ces lacunes s'agrandissent irrégulièrement, en corrodant les cellules contiguës, produisant des sortes de ramifications, qui pénètrent plus ou moins profondément dans les tissus de la tumeur, qui, en se desséchant, entraîne la mort d'un côté du rameau au moins.
Les blessures et la taille ont une influence considérable sur leur développement. Les tumeurs à ba-
cilles se produisent souvent sur les bourgeons, sur les cicatrices des feuilles, et sur les bourrelets, formés à la suite de blessures.
On rencontre fréquemment sur les troncs d'olivier plusieurs polypores, et un agaric, dont je ne ferai que citer les noms ; ce sont les Polyporus ïucidus^ F.versicolor^F. olearum, et enfin V Agaricvs pudicm.
S"" Sur les racines
Les racines à' Olivier sont assez souvent attaquées par VAgarims melleua^ que nous avons déjà étudié comme parasite des racines de Poirier (page 47). Nous ne reviendrons'pas sur ce champignon, qui présente sur les Oliviers le même mode d'attaque que sur les Poiriers.
4** Sur les fruits
Les fruits présentent également des taches grises ou brunes, auréoléesde noir, que nous avons étudiées précédemment sur les feuilles, et qui sont dues au Cfjcloconium oleaginum. Je citerai encore deux autres parasites, dont les dégâts sont peu importants : ce sont le Phoma Olivarum et le Septoria oleagina.
NOYER {Juglans regia)