‹ Maladies des nerfs [electronic resource]Chapitre 18 sur 43 · TUMEURS LIMITÉES · texte numérisé non relu

TUMEURS LIMITÉES

(Mononévromes et tumeurs conjonctives.)

ÉTIOLOGIE. — Les tumeurs limitées sont rares mais non exceptionnelles. Elles se rencontrent surtout chez l'adulte et paraissent aussi fréquentes chez l'homme que chez la femme. Le rôle que peut jouer le traumatisme comme facteur étiologique est très discutable.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Nous étudierons successivement les caractères macroscopiques et la structure des tumeurs limitées.

I. Caractères macroscopiques. - A. Dans leur va.uk-, k bénigne ces néoplasmes se présentent comme une masse bien distincte dos parties vomms dont les sépare une capsule qui n est autre u il névrilemme. Le plus souvent, la tumeur est lisse, réguli r ^ arrondie, de consistance ferme el élastique, sèche H compa,., â l, coupe; on la qualifie alors de fibrome. D'autres fois, elle esl plus molle, pseudo-fluctuante, bosselée; sa section a un aspect gélatineux el translucide, el. 1 on parle alors de myxome. De môme, une colora Don jaunâtre, un aspect graisseux peuvent lui donner l'apparence dun lipome. Dans certains cas, la tumeur présente des parties enièrement ramollies qui lui donnent un aspect kystique Est-il besoin de remarquer que ces dénominations, basées simplement sur 1 apparence extérieure, n'ont en réalité aucun, importance ? 1

Le volume dépend avant tout de l'âge de la lésion. 11 peut devenir énorme. Les tumeurs de volume considérable ont généralement 1 aspect myxomateux.

Le siège de ces tumeurs est des plus variable. Les nerfs des membres sont les plus fréquemment atteints. Le nombre supérieur semble plus souvent frappé. Courvoisier donne une proportion de 63 p. 100 pour le membre supérieur, de 37 p. 100 pour le membre inférieur. Le' médian est pris 27 fois, le cubital 18 fois, le grand sciatique 16 fois, le tibial postérieur 16 fois, etc. Les nerfs crâniens et les racines racbidiennes sont beaucoup plus rarement atteints.

Un point délicat à trancher est celui du nombre des tumeurs. Nous avons admis, en quelque sorte par définition, que la variété que nous étudions en ce moment ne devait comprendre que les tumeurs solitaires . Cependant il serait peut-être excessif d éliminer de ce groupe tous les faits où il existe deux ou trois néoplasmes rigoureusement circonscrits pour conclure alors à une altération néoplasique systématisée. Dans ces cas douteux, l'état des tronçons intermédiairesaux nodules prend une grande importance. Des modifications même minimes de ces tronçons doivent faire porter le diagnostic de maladie de Recklinghausen. Et il faut bien reconnaître que la plupart des cas de tumeurs multiples, cités dans les articles consacrés aux néoplasmes des nerfs, rentrent en réalité dans le cadre de cette maladie. Ainsi s'explique-t-on que Lejars ait pu dire qu'il n'est pas rare de voir, dans les tumeurs multiples, le nerf devenir sinueux el se pelotonner par places.

Les rapports de la tumeur et du tronc nerveux varient suivant les cas. Lorsque le néoplasme naîl à la périphérie du nerf, il tend à s'isoler de ce dernier, qui est refoulé en niasse sur le côté. Lorsque, au contraire, le poin! de départ est central, les fibres nerveuses s'étalent à la périphérie de la tumeur, à laquelle elles constituenl en quelque

TUMEURS LIMITÉES. 127 sorte «ne capsule (fig. 34). Mais, dans tous les cas, et * est là le point le plus important, ces néoplasmes sont toujours encapsulés, c est a dire séparâmes des faisceaux nerveux adjacents par une dissecUon plus ou moins minutieuse. Nous reviendrons plus loin sur ces rapports, dont l'importance est considérable au point de vue opératoire (Voy. Traitement).

B. Les tumeurs isolées a marche maligne sont, comme nous le verrons, assez rares, en tant que formes primitives. Elles ont généralement une forme plus irrégulière, une consistance plus molle, une vascularisation plus riche.

Mais on les reconnaît moins à leurs caractères objectifs qu'aux renseignements que l'on peut recueillir sur la rapidité de leur accroissement.

Fig. 34. — Tumeurs isolées des nerfs. — A, tumeur latérale ; B, tumeur centrale.

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