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II. Caractères histologiques

Comme nous l'avons dit, on peut s'attendre a priori à trouver au niveau des nerfs des néoplasmes développés soit aux dépens des éléments nerveux,

soit aux dépens de la charpente conjonctive annexée à ceux-ci.

Mais, si cette distinction théorique échappe à la discussion, le désaccord commence quand il s'agit de ranger dans Tune ou l'autre classe les faits observés. En effet, à côté de quelques cas rares où la présence des fibres nerveuses met hors de doute la légitimité du diagnostic de névrome, il en existe d'autres dontl'aspect histologique n'a rien de caractéristique. Or, comme ces derniers cas constituent la grande majorité ; comme, d'autre part, ils présentent un ensemble de caractères communs qui établissent entre eux une parenté plus ou moins étroite, iln'ya pas même place pour une solution conciliante. Aussi, tandis que certains auteurs admettent que la presque totalité des tumeurs en question sont des névromes, d'autres, au contraire, ne veulent y voir que des pseudo-névromes, formés par des éléments de nature conjonctive.

Nous étudierons successivement les névromes différenciés (myéliniques et amyéliniques) et ces tumeurs dénature si discutée que nous considérerons provisoirement comme étant aussi des névromes (névromes non différenciés), quitte à justifier plus loin cette manière de voir. Nous dirons ensuite quelques mots des tumeurs conjonctives, que nous regardons comme rares.

1° Névromes différenciés. — L'existence de ces névromes a été

niée par un grand nombre d'auteurs [Finotli (1), Kriege (2) West pl.alen (3), Jordan (4), Knauss (5), etc.]. D'autres, comme Thomson ne les admettent qu'en tant que contenant des cellules ganglionnaires d'origine sympathique. Au fond, cette répugnance à accepter la prolifération des (ibres nerveuses est la conséquence des idées théoriques sur la constitution de ces libres. On nie cette prolifération parce qu'elle ne cadre pas avec la théorie du névrome. « Les cylindraxes, dit Quénu, ne sont en somme que lés prolongements des cellules nerveuses et, à moins d'admettre un bourgeonnement des fibres au niveau des segments inlerannnulaires (ce qui n'a pas été constaté), la néoformation doit ne pouvoir se produire que là où existent des cellules nerveuses, c'est-à-dire dans les centres nerveux périphériques. » Nous avouons ne pas être frappé par cette argumentation, et nous ne voyons pas pourquoi; du moment qu'on admet le bourgeonnement réparateur des cylindraxes, on n'accepte pas la possibilité de leur bourgeonnement néoplasique.

Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'invoquer ce bourgeonnement pour expliquer la formation de cylindraxes nouveaux, si l'on admet leur formation endogène dans les cellules segmentaires proliférées. Or cette formation semble aujourd'hui bien démontrée. Tout récemment Falk (6), dans un cas de névrome ganglionnaire, a minutieusement décrit toutes les formes de transition entre les cellules de Schwann et les fibres munies de cylindraxes; il a simplement constaté que les cylindraxes néoformés ne présentaient jamais la différenciation fibrillaire des cylindraxes normaux.

Lesnévromes différenciés comprennent trois variétés principales : les névromesmyéliniques, les névromes amyéliniques et les névromes ganglionnaires.

A. Névromesmyéliniques. — Si, contrairement aux idées classiques, nous estimons qu'il est illogique de nier a priori V existence des névromes myéliniques, nous devons reconnaître, en revanche, que la réalité de cette variété n?estpas démontrée, du moinsen tant que forme indépendante et sous l'aspect de tumeur solitaire (fig. 35). Les néoformations de fibres myéliniques ont été en effet surtout rencontrées soit dans la maladie de Recklinghausen, soit dans les névromes ganglionnaires. Les fibres néoformées sont de calibre très irrégulier:

(1) Finotti, Beilr. z. Chir. und. path. Anat. d. periph. N. ( Virchows Archir. Bd. CXLIII, 1896).

(2) Kriege, Ueb. d. Verhalten d. Nervenf. in. d. mult. Fibromen. d. Haut. u. d. Neuromen ( Viechow"s Archiv, Bd. CVIII, 1887).

(3) WiiSTrHALEN, Mult. Fibr. d. Haut. und. d. N. und Ganglien mit Uebergang im Sarkom und Metastasenbildung ( Virchoivs Arcliiv, CX, 1887. et CX I V. 1S88).

(4) Johi.an, Path. anat. Beitr. z. Eléphant, congen. (Ziegler's Beilr., VIII, 1890).

(5) Knauss, Zur Kenntniss d. echten Neuroma (Neuroma verum mult. amylinicum gangliosum) ( Virchow's Archiv. CXLIII, 1898).

(6) Fai.k, Untersuchungen an einem wahren Ganglioncurom (Ziegler's Beilr., Bd. XL, Hcft 3, 5, 601-632).

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