‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 11 sur 213 · LE PARASITE : CYCLE HUMAIN · texte numérisé non relu

LE PARASITE : CYCLE HUMAIN

qu'il se produit dans les disques protoplasmiques pigmentés certains changements systématiques. Il s'apercevra qu'après un certain temps de maturation les particules de pigment disséminées se réunissent en petits groupes, disposés parfois suivant des rayons. Ces groupes d'hémozoïne se concentrent eux-mêmes plus tard en un ou deux larges amas plus ou moins centraux, autour desquels le protoplasma pâle de l'hématozoaire se groupe en menus segments, qui acquièrent finalement une forme arrondie et apparaissent comme des sphérules bien nettes (fig. 1, b, c, d). Le globule rouge qui les renferme éclate alors, et les sphérules, dont aucune ne contient de pigment, se séparent et deviennent libres dans le liquide sanguin, en même temps que l'amas ou les . amas d'hémozoïne (fig. 1, e). Les phagocytes

abc dé

Fig. 1. — Evolution du parasite de la fièvre tierce ; non coloré.

absorbent alors rapidement l'hémozoïne et un grand nombre de sphérules. Plusieurs de ces sphérules échappent cependant à l'action des phagocytes et s'attachent à d'autres globules rouges qu'elles réussissent à pénétrer (fig. 1, /). Dans l'intérieur de ces globules récemment infectés, les jeunes parasites présentent d'actifs mouvements amiboïdes, développant et rétractant de longs pseudopodes, et croissant aux dépens de l'hémoglobine (fig. 1, g). Ils assimilent cette substance et la transforment en un pâle protoplasma qui constitue le corps du parasite, et en particules d'hémozoïne (fig. 1, h, i). Plus le parasite s'accroît, plus^ses mouvements amiboïdes deviennent lents, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent enfin. Au moment de la formation des sphérules, qui achève le cycle évolutif (fig. 1, /), l'hématozoaire ne possède plus de mouvements propres, à part une légère translation des particules de pigment.

MALARIA

Structure de l'hématozoaire. — A l'aide de colorants convenables, on constate que les sphérules libres (fig. 2, b, c, d) sont constituées par un petit nucléole fortement coloré, entouré d'une aire incolore (qui est considérée par beaucoup d'auteurs comme un noyau vésiculeux), laquelle est, à son tour, recouverte de protoplasma légèrement teinté. Après que la sphérule a pénétré un globule rouge (fig. 2, e), la coloration montre que le noyau vésiculeux est devenu plus grand et plus distinct, que le protoplasma a augmenté de volume, et que le nucléole fortement coloré, lequel est parfois double, est venu se placer vers la périphérie du noyau, et occupe avec lui une position excentrique par rapport au protoplasme. En raison de la dimension relativement grande du noyau incolore, de la posi-

Fig- 2. — Évolution du parasite de la fièvre tierce ; coloré.

tion excentrique du nucléole fortement coloré, et de l'étroit anneau de protoplasma coloré, les jeunes hématozoaires apparaissent comme autant de bagues à chaton bleues fixées dans les globules rouges. A mesure que le parasite s'accroît et approche de la maturité, le nucléole grandit et s'efface peu à peu ; le noyau vésiculeux devient aussi plus gros et moins apparent (fig. 2, /, g, h, i). Finalement, au moment de la formation des sphérules, le noyau et le nucléole ont complètement disparu (fig. 2, 7, a). A cette période, ces éléments se sont fragmentés et diffusés à travers le protoplasma. Plus tard, les éléments nucléaires réapparaissent, sous forme de petits nucléoles nombreux et dispersés, autour desquels le protoplasma du parasite va se grouper après sa segmentation pour former des sphérules (fig. 2, h, c). Le caractère vésiculeux du noyau n'apparaît pas d'ordinaire dans les sphérules avant que celles-ci ne soient mises en liberté dans le liquide sanguin (fig. 2, d).

Page 1