STRUCTURE DU PARASITE
Les particules d'hémozoïne, si caractéristiques du germe de la malaria, se présentent soit éparses en fine poussière noire ou rouge très sombre, en grains plus épais ou en courts bâtonnets, soit agglomérées en amas plus ou moins denses. Jusqu'à ce que la concentration du pigment qui précède la sphérulation se soit produite, les particules sont disséminées et placées principalement en ce qu'on pourrait appeler Vedosarque' de l'hématozoaire. Sans doute, tant que le noyau reste intact, le pigment est périphérique ; lorsqu'il se segmente, le pigment devient central
Telle est la courte description de la structure et de l'évolution d'une phase de l'hématozoaire. Elle nous fait comprendre comment le parasite se maintient et se multiphe dans le corps humain. Elle n'expUque pas cependant les deux autres caractères de la vie de l'hématozoaire, que l'analogie et l'observation nous démontrent clairement — c'est-à-dire son état latent à l'intérieur et sa vie à l'extérieur du c5rps humain.
Phase latente. — C'est un fait bien étabh que, concurremment avec l'apaisement des symptômes chniques aigus, l'hématozoaire peut disparaître de la circulation générale. Ceci se produit soit spontanément, soit sous l'effet de l'administration de la quinine. Dans la majorité des cas, la disparition n'est que temporaire. Ordinairement, le parasite reparait dans la circulation générale après un intervalle de quelques semaines ou de quelques mois, et avec lui reparaissent les phénomènes chniques. Quant à l'organe ou au tissu où il se fixe, quant à sa forme et à sa structure durant cette phase latente, quant aux conditions exactes qui lui font ensuite retrouver son activité et sa faculté de propagation, on n'en sait rien exactement. Ce que l'on sait bien cependant, c'est que le surmenage et la dépression physiologique chez son hôte tendent à faire sortir le parasite de son état latent, et que la quinine et une constitution vigoureuse tendent, au contraire, à favoriser cet état.
Cycle extra-corporel chez le moustique.
Comme il serait déraisonnable de penser qu'un organisme qui se reproduit si activement dans le corps humain n'a aucune possibilité d'assurer la continuité de son espèce, soit en passant d'un hôte à un autre, soit par d'autres moyens, nous sommes
^ MALARIA
forcés de conclure que la constitution du parasite doit lui permettre de quitter et d'envahir des hôtes successifs. Les problèmes suggérés par cette considération sont les suivants : 10 Gomment l'hématozoaire quitte-t-il le corps humain? — 2° Comment vit-il temporairement hors du corps humain? — 30 Comment y rentre-t-il de nouveau ?
Le corps flagellé. — Quand on examine une préparation de sang paludéen frais quelque temps après qu'elle a été faite,
il n'est pas anormal d'y trouver ce qu'on appelle des « corps flagellés » (1) (fig. 3).
On rencontre des corps analogues dans toutes les formes de malaria, aussi bien dans les infections corresponr^antes des autres vertébrés que dans le paludisme humain. C'est un être à forme étrange, rappelant celle d'un poulpe, armé de long bras qui se meuvent activement.
Bien que composé des mêmes éléments que les formes ordinaires du parasite — à savoir, un protoplasma incolore et des grains foncés d'hémozoïne, — il en diffère à beaucoup d'égards, et principalement par le fait qu'au lieu d'être intraglobulaire, il se trouve en liberté dans le plasma sanguin. Les longs bras, semblables à des fouets, au nombre d'un à six, ou même davantage, sont ordinairement appelés flagelles ou, plus correctement, microgamètes. Ce sont des filaments excessivement déhcats et flexibles, difficiles à apercevoir non seulement à cause de leur délicatesse, mais aussi à cause de la rapidité de leurs mouvements. Parfois bulbeux à leur extrémité libre, parfois renflés en un ou plusieurs points de leur trajet, les microgamètes •sont trois ou quatre fois plus longs que le diamètre d'un globule
(1) Les termes de « corps flagellé » et de « flagellum », appliqués à cette phase de l'hématozoaire, peuvent donner lieu à des erreurs. Les flagelles de l'hémato/.oaire n'ont rien de commun avec ceux des infusoircs flagellés ; ils agissent en réai.té comme des spermatozoïdes. Les termes zoologiques exacts pour désigner les diverses phases de l'hématozoaire, et celle-ci en particulier, sont indiqués page 25,
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Fig. 3,
Hématozoaire :
coloré.
corps à flagelles