CHAPITRE XXXV LÈPRE {Elephantiasis Grœcorum
Définition. — On désigne sous ce nom une maladie chronique infectieuse à tubercules produite par une bactérie spécifique et caractérisée par des lésions de la peau, des nerfs et des viscères se traduisant par de l'anesthésie locale, des ulcérations et une grande variété de troubles trophiques. Après une longue évolution, cette maladie se termine presque invariablement par la mort.
Historique. — Les nombreuses allusions contenues dans les plus anciens ouvrages chinois, indiens, syriens et égyptiens et se rapportant à une affection chronique défigurante et mortelle, présentant des lésions de la peau bien marquées et caractéristiques, nous autorisent à conclure que la maladie connue aujourd'hui sous k nom de lèpre était aussi commune et aussi fréquente que de nos jours en Orient, au temps de l'antiquité la plus reculée.
On peut affirmer avec quelque certitude (cette affirmation n'ayant du reste qu'un caractère négatif) que la lèpre est d'introduction relativement récente en Europe. Les premiers écrivains grecs et latins n'en font pas mention. Hippocrate, qui, s'il avait pratiquement connu la lèpre, n'eût pas manqué d'en donner une description exacte et complète, ne fait que de légères allusions à ce sujet. Aristote est le premier des écrivains grecs qui en ait donné une description non douteuse. Nous pouvons en conclure