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BOUTON D'ORIENT

leur évolution. Dans le cas que j'ai cité plus haut, l'apparition des lésions locales fut précédée de huit mois par une forte fièvre anormale qui dura cinq ou six semaines. Étant donnée l'étroite connexité du bouton d'Orient avec le kala-azar (voir page 180), cette question des symptômes constitutionnels de la plus bénigne de ces deux maladies est très importante fet demande une étude approfondie.

Symptômes. — La lésion locale du bouton d'Orient débute par une petite papule prurigineuse qui tend à s'élargir sous forme d'une infiltration congestive et saillante du derme. Au bout de quelques jours, la surface de la papule se couvre de fines écailles semblables à du papier. Tout d'abord, ces écailles sont blanches et sèches ; plus tard, elles deviennent humides, épaisses, brunes et adhérentes. Elles aboutissent ainsi à la formation d'une croûte qui, se détachant ou se trouvant arrachée, laisse à nu une ulcération superficielle. L'ulcération s'étend alors lentement, donnant issue à une matière ichoreuse, peu abondante, qui, de temps en temps, s'épaissit et s'encroûte, recouvrant alors la surface ulcérée qui continue à s'élargir au-dessous. L'ulcère s'étend par l'érosion de ses bords taillés à pic et déchiquetés, entourés d'une aréole plus ou moins large de congestion. La surface de l'ulcère est irrégulière. Toutes les granulations qui s'y forment s'affaissent rapidement. Des ulcères subsidiaires peuvent apparaître autour de l'ulcère principal qu'ils finissent par rejoindre. Ces lésions, atteignant ordinairement 2 à 3 centimètres de diamètre, peuvent arriver avec le temps à occuper, dans certains cas, des surfaces beaucoup plus considérables.

Après une période qui varie de deux ou trois mois à un an, ou même davantage, la cicatrisation s'effectue. La formation des granulations est lente et fréquemment interrompue. Elle commence souvent au centre, et pendant ce temps la périphérie peut continuer à s'ulcérer ; elle a souvent lieu sous la croûte. Finalement, une cicatrice déprimée, blanche ou rose, est constituée. La rétraction du tissu cicatriciel, surtout au niveau de la face, peut produire des difformités considérables.

Le bouton d'Orient peut être unique ou multiple. Il se rencontre assez souvent par deux ou par trois ; dans de rares circonstances, on en a compté jusqu'à quarante sur le même malade. Ils sont.

TRAITEMENT

pour la plupart, situés sur les parties découvertes : les mains, les pieds, les bras, les jambes et, surtout chez les jeunes enfants, sur la face ; rarement sur le tronc ; jamais sur les paumes des mains, les plantes des pieds ou le cuir chevelu.

Le D^" Sturrock, qui a exercé à Bagdad pendant quatre ans, m'informe qu'en de rares cas la maladie reparait une seconde fois, mais qu'en général les lésions de la seconde éruption ne s'ulcèrent pas. Il a rencontré aussi une forme chronique de cette affection, pouvant se reproduire ou persister pendant plusieurs années et s'accompagner de lésions dans les testicules, dans les muqueuses, — telles que celles de l'urètre ou de la bouche — et aussi d'une forme chronique de dactylite.

Il existe un très petit nombre de cas où la papule initiale ne va pas jusqu'à l'ulcération, mais persiste, sous forme d'une plaque écailleuse ou encroûtée, aplatie et non ulcérée ; c'est exactement ce qui arrive parfois pour le chancre syphilitique primaire. Quelquefois l'ulcère est très superficiel, c'est une simple érosion. D'autres fois, par suite d'une contamination par le virus de l'érysipèle, de l'ulcère phagédénique ou d'autres maladies cutanées infectieuses aiguës, la lésion primitive peut se compHquer et se modifier, en même temps q-u'elle devient une source de sérieux danger. A part ces comphcations, le bouton d'Orient n'est pas très douloureux et ne présente guère de gravité.

Traitement. — Certains auteurs recommandent la destruction de la papule primaire, et même de l'ulcère, par des caustiques ou par le thermocautère. L'efficacité de cette mesure est douteuse. L'étude de la maladie suggère une méthode de traitement protectrice et calmante plutôt qu'irritante. Un pansement avec un antiseptique faible, tel que l'iodoforme, l'acide borique ou salicyhque, est indiqué. Le Andrew Duncan m'informe qu'il a vu en Inde ces lésions traitées avec grand succès par la compression à l'aide d'une mince feuille de plomb. Très probablement ces lésions n'étaient pas du vrai bouton d'Orient, celui-ci ne pouvant guérir (l'analogie tend à le prouver) que sous l'effet d'un traitement spécifique ou lorsqu'une immunité s'est établie. Les toniques si le malade est anémique ou débihté, les soins d'hygiène générale, le changement de chmat si la maladie persiste au delà des Hmites normales, rendront des services.

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