BOUTON D'ORIENT
des résidents européens atteints de bouton d'Orient ; à la suite de certaines améliorations hygiéniques, la fréquence de la maladie fut immédiatement réduite dans de notables proporlions
Histologie, étiologie. — Une coupe de la papule montre l'infiltration du derme par une masse de petites cellules rondes à granulations. Celles-ci sont situées entre les éléments des tissus, particulièrement au niveau des vaisseaux sanguins, des lymphatiques et des glandes sudoripares ; vers le centre de la lésion, elles remplacent complètement les éléments normaux. Des microorganismes variés ont été décrits comme accompagnant le bouton d'Orient. A l'aide d'une coloration au violet de gentiane, suivie d'une décoloration partielle par l'alcool, Cunningham et Firth ont trouvé certains corps colorés en violet {Helcosoma tropicum), de dimensions variées et diversement groupés dans une certaine proportion des cellules infiltrantes. Cunningham a émis l'opinion que ces corps étaient des parasites. Cependant Riehl les regarde comme le résultat d'une dégénérescence hyahne du protoplasma, <ît réclame la qualité de parasites pour certains microcoques qu'il a trouvés en grande abondance dans les cellules à granulations.
L'opinion de Cunningham a été confirmée par un auteur américain, H. Wright, qui, en 1903, a trouvé dans les cellules granuleuses' du bouton d'Orient le corpuscule de Leishman (le parasite de Cunningham) en grande profusion. Cette observation a ensuite été répétée très souvent en Inde et ailleurs. Récemment, j'ai trouvé ces parasites dans trois cas de bouton d'Orient, l'un des environs de Delhi, un autre de Bouchir, le troisième de Quetta. On peut donc maintenant considérer comme définitivement établi que la cause du bouton d'Orient est le corpuscule de Leishman, ou un organisme morphologiquement identique à ce parasite. James l'a trouvé 11 fois sur 18 ulcères examinés ; comme il est possible que les 7 cas négatifs ne fussent pas du vrai bouton d'Orient ou fussent en voie de guérison, on ne peut en tirer un argument décisif contre cette conclusion (1).
De quelle manière, dans les conditions naturelles, le parasite pénètre dans les tissus, c'est ce qu'il est encore impossible d'etabhr. Il est très probablement transporté par des mouches ou d'autres
(1) Pour les caractères du corpuscule de Leishman, voir le chapitre du kala-azar (page 173) et le frontispice (planche en couleurs).
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insectes piqueurs, qui l'injectent à travers la peau ou le déposent sur une plaie préexistante. Le chien et le chameau sont sujets à cette maladie ou à une autre semblable ; on ne doit donc pas oubher que ces animaux, et peut-être d'autres, sont une source possible d'infection.
Il y a probablement deux modes d'infection : a) directement, le corpuscule de Leishman étant inoculé sans avoir subi de développement sexuel ou autre ; h) indirectement, c'est-à-dire qu'une mouche, une punaise ou un autre insecte, ayant ingéré le parasite, le transporte, soit par lui-même, soit par sa descendance, dans le corps d'un nouvel hôte, après que le parasite a subi des transformations évolutives.
£ngénéral,uneprcmièreattaquen'estpas suivie de récidive. Ayant observé ce fait, les Juifs de Bagdad, à une aertaine époque, pratiquèrent des inoculations du bouton d'Orient sur leurs jeunes enfants.
Ni la race, ni le sexe, ni l'âge, ni la profession, ni les conditions sociales n'ont d'influence sur la susceptibilité individuelle.
Période d'incubation et symptômes constitutionnels. — La période d'incubation du bouton d'Orient est diversement évaluée à quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Il semble bien étabh qu'elle peut être courte (quelques jours ou quelques semaines), car la lésion peut apparaître peu de temps après l'arrivée dans la zone d'endémicité, ou peu après l'inoculation. Il est égalem.ent certain que sa durée peut être beaucoup plus longue. J'ai vu un bouton d'Orient authentique qui n'apparut que cinq mois après que le patient se fut exposé à quelque possibilité d'infection.
Il y a très peu de documents dignes de foi sur la présence ou l'absence de symptômes constitutionnels. On a coutume de décrire la maladie comme non fébrile. Ceci peut être une règle générale, mais je ne suis pas convaincu qu'elle soit absolue. Il est évident qu'au cours d'une affection qui présente parfois une période d'incubation très prolongée, une fièvre plus ou moins forte peut passer inaperçue ou être mal interprétée. Le bouton d'Orient confère l'immunité contre dec atteintes ultérieures. Il doit donc produire de profonds changements constitutionneLi. Dans d'autres maladies qui produisent des changements analogues, la fièvre est presque invariablement constatée à un moment quelconque de