FORME EMBRYONNAIRE
se dégon ne. s'affaisse et pend après la tête, ou après la queue, ou après les deux i la fois, suivant 1p cas. On peut remarquer encore que vers la ipartie postérieure du tiers moyen du parasite il existe un dépôt irrégulier de matière granuleuse, qui, à l'aide ,de colorants appropriés, apparaît comme un viscère quelconque {b). Cet organe occupe sur une certaine longueur l'axe du parasite. Ensuite, à un très fort grossissement, on apercevra une délicate striation transversale très serrée dans la couche musculo-cutanée qui existe dans toute la longueur de l'animal. En outre, si l'on regarde attentivement vers la partie postérieure du premier cinquième de la longueur totale, on y découvrira sûrement une zone brillante, triangulaire, en forme de V (c). La signification de cette tache en V sera trouvée .si l'on colore très légèrement à la solution faible de campêche. Le colorant met. encore ,en' évidence une autre tache [d) semblable à ila précédente, quoique beaucoup plus petite ; cette seconde tache est située, à peu de distance de l'extrémité caudale. J'ai désigné la première sous le nom de tache en V, la dernière sous celui de « tache caudale ». Ces taches représentent probablement des organes en voie de développement, la tache en V étant le rudiment du futur système vasculo-urinaire, ou, peut-être, du système génital, et la tache caudale celui de l'anus, ou du cloaque et de la partie postérieure du tube digestif. Ces taches (c, d) ne se colorent pas par la teinture forte de campêche ou par les couleurs d'anihne. La coloration au campêche montre aussi que le corps de la fdaire est principalement composé d'une colonne de cellules extrêmement petites et très serrées entre elles, incluses dans le cyUndre musculo-cutané strié transversalement (fig. 74) ; en tout cas, de nombreux noyaux y sont visibles çà et là. Low m'a récemment fait remarquer que l'interruption observée, chez tous les spécimens colorés, dans la colonne de noyaux centrale a lieu en un point légèrement postérieur à la tache en V. Cette interruption ne peut être observée que dans les préparations colorées.
Lorsque les mouvements de la filaire vivante ont presque complètement cessé, on peut, à l'aide d'une mise au point attentive, constater que la tête est enveloppée d'une sorte de prépuce très délicat, présentant
six dentelures — ou six crochets, — qui tantôt la recouvre, tantôt la découvre, d'un mouvement continuel ; et, de plus, on peut apercevoir parfoisune petite pointe extrêmement ténue, projetée soudain du sommet non recouvert de la tête, et soudain aussi rétractée (Tig. 74 his, c, d).
Périodicité de la filaire. — Un caractère singulier dans la vie de la fdaire embryonnaire est sa périodicité.
[il
Fig. 74 his. — Structure de l'extrémité céphalique de mf. perstans (a, b) et de mf. buncrofii (c, d)
FILARIOSE.
nrl ^J^^^ne le sang durant le jour, dans les conditions ordinaires de santé et d'existence, le parasite y sera rarement trouve et, dans le cas de résultat positif, on rencontrera à peine un^ou deux spécimens dans la préparation. Mais on remarquera qu a mesure que le soir approche, à partir de 5 ou 6 heures, les fi laires commencent à apparaître en nombre croissant dans la circulation périphérique. La quantité va en augm ntant jusque vers mmmt, heure à laquelle il n'est pas rare de trouver, dans une goutte de sang, un nombre de parasites égal à trois cents, ou môme a SIX cents ; de sorte que, en supposant que les filaires soient également distribuées dans toute la circulation, on peut en con- ,clure qu'il en circule quarante ou cinquante millions à la fois dans les vaisseaux sanguins. Après minuit, la quantité observée commence à décroître graduellement; vers 8 ou 9 heures du matin, les filaires ont disparu, pour toute la journée, de la circulation périphérique. Cette périodicité diurne, dans les conditions normales, se maintient pendant des années avec la plus grande régularité. Mackenzie a montré que, si l'individu porteur de filaires vient à dormir le jour et à rester éveillé la nuit, la périodicité est inversée ; c'est-à-dire que les parasites passent dans la circulation durant le jour et disparaissent pendant la nuit. La cause de cette périodicité ne peut être, comme certains l'ont supposé, l'état de sommeil ; car l'arrivée des filaires dans le sang périphérique commence trois ou quatre heures avant le moment habituel du sommeil, et leur sortie dure plusieurs heures après le moment ordinaire du réveil. Cette invasion nocturne des larves de F. hancrofti dans la circulation périphérique est une adaptation aux habitudes de vie de son agent de Hbération, le moustique.
J'ai eu récemment l'occasion de m'assurer que, durant leur absence temporaire de la circulation cutanée, les filaires se retirent principalement dans les grandes artères et dans les poumons (fig. 75) où, durant le jour, on peut les trouver en quantités énormes.
Le malade sur lequel a été faite cette observation était atteint de lymphoscrotum et d'adéno-lymphocèle. Son sang contenait de nombreuses filaires embryonnaires, qui présentaient les caractères anatomiques et la périodicité caractéristique de la microfilaria hancrojii. Un matin il se suicida en avalant une grande quantité d'acide cyanhydrique dilué. La mort fut presque instantanée. A l'autopsie, faite six heures plus tard, on trouva une énorme varice'.