LA PILAIRE CHEZ LE MOUSTIQUE
nativement vers l'extrémité caudale et vers l'extrémité céphalique de leur gaine, se heurtant à chaque fois violemment contre les deux culs-de-sac dans leurs frénétiques eiïorts d'évasion. Au tout d'un certain temps, la plupart d'entre elles réussissent ■ à faire brèche et à se glisser hors des gaines qui les avaient renfermées jusque-là (fig. 76) (1). La filaire nage maintenant librement dans le sang, et le caractère de ses mouvements se transforme encore une fois d'une manière remarquable. Jusqu'ici, quoique doué d'une très grande activité, le parasite n'a pas changé matériellement de position sur la lame ; mais maintenant, devenu hbre, il se déplace d'un point à un autre, — il exécute des mouvements de locomotion. Si nous disséquons un moustique à une période plus éloignée de l'ingestion du sang, nous verrons que l'estomac de l'insecte, quoique toujours rempli de sang, contient très peu de filaires et renferme au contraire des gaines vides en abondance. Si, cependant, nous déchirons avec des aiguilles le thorax de l'insecte et que nous divisions dans la solution normale de chlorure de sodium le tissu musculaire, nous saurons ce que sont devenues les filaires ; nous trouverons que, sorties de leurs gaines, elles ont quitté l'estomac et pénétré dans les muscles thoraciques de l'insecte, au milieu desquels nous pouvons les voir
(1) Cette mue de la filaire hors de sa gaine peut être produite dans des préparations de sang ordinaires, en les refroidissant simplement avec de la glace ou en diffusant l'hémoglobine par quelque autre moyen. La méthode suivante est ordinairement efficace : — Lutez à la vaseline les lamelles de plusieurs préparations humides ordinaires de sang retiré la nuit du doigt d'un individu porteur de filaires ; enveloppez ces préparations séparément avec du papier-filtre et placez-les, renfermées dans une boîte de fer-blanc étanche, sur un bloc de glace, pendant six ou huit heures, c'est-à-dire toute la nuit. Le lendemain matin, examinez-les au microscope.' A mesure que les lamelles refroidies se réchauffent, on voit que les filaires, partout où l'hémoglobine est diffusée, commencent à chercher une issue hors de leurs gaines. Vers le soir, la plupart d'entre elle sont réussi à s'échapper et leurs gaines vides sont répandues un peu partout dans le sang visqueux. Le sang ne doit pas se congeler.
Pig. 77. — Coupe de muscles thoraciques de moustique, montrant les filaires entre les fibres, le lendsmain du jour où l'insecte a absorbé le sang d'un malade atteint de filariose. (D'après une microphotographie de M. Spitta.)
FILARIOSE.
maintenant se mouvoir lentement (fig. 77, 78, 79). Au moyen d'une série de dissections de moustiques ayant ingéré des filaires, nous pourrons nous assurer que, dans le thorax de l'insecte, le parasite subit une métamorphose dont l'évolution complète dure de seize à vingt jours, suivant la température atmosphérique — métamorphose qui consiste dans la formation d'une bouche, d'un tube digestif et d'une queue trilobée particuUère, ainsi que dans une énorme augmentation de volume (un milUmètre et demi de longueur) et d'activité. Les filaires quittent alors le^thorax. Quelques parasites trouvent leur voie vers l'abdomen où.
Fig. 78. — Coupa de muscles thoraciques de moustique, sept jours après l'ingestion du sang d'un individu porteur de filaires. {D'après une microphotographie de M. Spitta.)
sur des coupes convenablement préparées, on peut parfois les voir dans les tissus entourant l'estomac, et même parmi les œufs à la partie postérieure de l'abdomen. La grande majorité se dirige vers la portion antérieure de l'insecte par le prothorax et le cou et, pénétrant dans la tête, s'enroule à la base de la trompe et sous le pharynx et la surface inférieure des ganghons céphaliques. Low, sur des coupes faites à l'École de médecine tropicale de Londres, dans des moustiques porteurs de filaires que Bancroft m'avait envoyés d'Austrahe, a montré que la filairc, dans sa progression ultérieure, trouve sa voie dans la trompe ; cette observation a été confirmée par James en Lide, et parAnnettet
PLANCHE VI. — Caractères distinctifs entre mf. bancrofti. ET MF. LOA (spécimens colorés).
Attitudes (1) de mf. hancrojti, (2) de mf. loa ; têtes (3) de mf. bancrofti, (4) de mf. ha. extrémités caudales (5) de mf. bancrofti, (6) de mf. loa.