‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 171 sur 213 · FI LA RI A LO · texte numérisé non relu

FI LA RI A LO

tout d'abord à 3 millimètres environ de l'extrémité céphalique où il se ter. mine en un cul-de-sac pointu. Antérieurement, il est très sinueux et s'enroule autour du tube digestif; à la partie postérieure, il se rectifie, atteint un diamètre de 85 à 105 [j-, et se termine par une vésicule séminale remplie de spermatozoïdes plus ou moins sphériques de 6 à 8 [X de diamètre.

Chez la femelle, la vulve forme une petite éminence à 2mm^5 environ de l'extrémité céphalique. Le vagin, long de 9 millimètres et large de 95 [j-, se divise en deux longs tubes qui s'étendent presque sur toute la longueur du corps.

Ces tubes, dont les étroites terminaisons sont les ovaires, contiennent des œufs à tous les degrés de développement aussi bien que des embryons éclos mesurant 0'^'^,25S à 0mm^262 de long sur 4,7 [i à 5 d'épaisseur.

Filaria loa, :7iâle.

d'après Looss.)

(En partie

Structure embryonnaire. — La microfilaria loa [diurna) est très semblable comme dimensions (298 [■>■ sur 7,5 [j.) et comme structure à la microfilaria bancrofti. Comme cette dernière, elle est renfermée dans une « gaine », sa queue est pointue, et elle a les mêmes, tache en V et tache caudale.

fig. 115. — Extrémité postérieure de F. loa, femelle. (D'après Looss.)

Fig. 116. — Extrémité postérieure de F. loa, mâle. (D'après Looss.)

Leurs périodicités respectives sont très caractéristiques ; encore plus, semble-t-il, dans le cas de la microfilaria loa que dans celui de la microfilaria bancrofti; car, tandis que, en intervertissant les heures de sommeil d'un individu atteint de la F. bancrofti, on peut facilement intervertir ou troubler

LA MICROFILAIRE.

la périodicité 'des microfilaires, il n'en est pas de même pour la microfilaria boa. Je ne puis malheureusement apporter qu'une seule expérience à l'appui de ce fait remarquable ; mais cette expérience fut très scrupuleusement conduite et s'étendit sur une période considérable. Durant tout ce temps, le malade (à qui avaient été extraites plusieurs F. loa à des époques différentes et qui présentait encore des symptômes de leur présence) dormit le jour et resta éveillé la nuit ; néanmoins, les filaires continuèrent à apparaître en grand nombre dans le sang périphérique pendant le jour, mais n'y furent que très rarement trouvées la nuit.

Bien que dans les préparations de sang frais il soit pratiquement impossible de distinguer, à l'aide du seul microscope, la microfilaria loa vivante de la microfilaria hancrofti vivante, dans les préparations séchées et coloriées on peut reconnaître certaines différences plus ou moins prononcées. 1° Dans ces préparations, la microfilaria hancrofti est ordinairement disposée en courbes gracieuses telles qu'en pourrait tracer un habile calligraphe (Planche V, fig. 3). 2" L'extrémité caudale chez la microfilaria loa est souvent disposée en une série de courbures brusques produisant parfois l'aspect d'un tire-bouchon; le bout extrême est toujours recourbé (Planche VI). 3° Les noyaux de la colonne centrale de cellules sont plus gros et se colorent mieux chez la microfilaria loa, et en général l'extrémité céphalique de la colonne est plus brusquement terminée que chez la microfilaria hancrofti. Quoique dans la plupart des lames un ou deux spécimens soient difficiles à distinguer, les caractères précédents peuvent être reconnus le plus souvent.

Évolution. — On ne sait presque rien de positif sur l'évolution de la F. loa. Comme la forme embryonnaire se répand dans la circulation périphérique, il est très probable qu'elle est mise en liberté, de même que la microfilaria hancrofti, par un insecte hématophage ; étant donné qu'elle ne s'approche de la surface du corps que pendant le jour, cet insecte doit avoir des habitudes diurnes.

Il y a plusieurs années, j'ai attiré l'attention sur les « mouches de palétuviers » comme pouvant servir d'intermédiaires ; mais jusqu'ici on n'a pas fait grand'chose pour élucider cette importante question de la transmission de lai^'. loa. Annett, Dutton et EUiott ont trouyé dAnsV Anophèles {=Pyretophorus) costalis un agent de transmission de la F. hancrofti, mais non de la F. loa, et ont émis l'hypothèse, contradictoire avec leur théorie de l'identité des deux filaires, que cette dernière pourrait être transmise par un moustique diurne. L'espèce qui paraît le plus vraisemblablement piquer pendant le jour est le Stegomyia fasciata. Ce moustique existe en Afrique occidentale et passe déjà pour donner asile à la F. hancrofti ; mais l'abondance du Stegomyia fasciata et l'absence de la F. loa dans les Antilles et en Amérique sur la côte de la mer des Antilles s'opposent à l'hypothèse d'une relation entre l'insecte et la filaire, d'autant plus que celle-ci a été introduite souvent dans ces pays au temps de la traite des nègres. Brumpt a examiné un grand nombre de Culicinse, d' Anophelinœ et de Glossinas sur le Haut-Congo, mais n'a jamais trouvé chez ces insectes des spécimens de F. loa à un stade quelconque de développement. Il est possible que l'hôte intermédiaire spécial appartienne

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