FI LA RI A LOA
à la famille des taons {Tàbanidœ), grands diptères suceurs de sang qui ont une large tête, un abdomen plat ut de fortes pattes et qui piquent pendant les heures les plus chaudes de la journée. C'est à ces insectes que le terme de « mouches de palétuviers» est ordinairement appliqué. Il existe de nombreuses espèces de cette famille de diptères en Afrique occidentale ; et plus particulièrement les genres Tabanus, Hœmatopota, Pangonia et Chrysops y sont très répandus. Outre les Tàbanidœ, il existe d'autres mouches hématophages, appartenant à la famille des Muscidse, qui habitent la même région et qu'on appelle aussi « mouches de palétuviers ». Parmi celles-ci sont la tsé-tsé {Glossina) et la mouche piqueuse (Stomoxys). Quant à la manière dont s'acquiert la F. loa, nous n'avons aucun renseignement à ce sujet. Il semblerait que, après être entrée dans le corps humain, son développement soit très lent et qu'elle n'arrive à maturité qu'au bout de plusieurs années. Dans de nombreux cas le parasite n'est apparu que trois, quatre et quatre ans et demi après que le malade avait quitté la zone d'endémicité. Dans un cas le parasite fut extrait de l'œil treize ans après que le malade était rentré d'Afrique ; dans un autre le ver ou les vers apparurent à intervalles irréguliers pendant quinze ans. Cette filaire a manifestement une très longue existence. Une preuve intéressante et suggestive de sa lente évolution est que, tandis que le ver non développé est souvent rencontré chez les enfants, la forme embryonnaire ne se trouve en général que dans le sang des adultes. Annett, Dutton et Elliott, ayant examiné 390 enfants indigènes de tous les âges jusqu'à dix-huit ans, dans une région où la F. loa était excessivement répandue, n'ont trouvé la microfilaria loa qu'une seule fois, chez un garçon (onze ans).
Un lent développement et un habitat variant suivant les stades ne sont pas particuliers à la F. loa. La F. equina du cheval et de l'âne et la F. labiatopapillosa du daim et des bestiaux se promènent dans le tissu conjonctif souscutané et apparaissent fréquemment dans les yeux durant leur stade semiadulte, mais se retirent dans la cavité péritonéale lorsqu'ils sont parvenus à maturité. Leurs larves se rencontrent dans le sang de leurs hôtes respectifs, et Noé a montré tout récemment que la F. labiato-papillosa est recueillie et transmise, comme la F. bancrofti et la F. immitis, par un insecte intermédiaire, à savoir la mouche piqueuse {Stomoxys calcitrans), dans les muscles de laquelle elle se développe.
Ce lent développement de la F. loa semblerait expliquer les résultats négatifs fréquents de l'examen du sang pour la recherche de la microfilaire, dans les cas où l'on a extrait des parasites adultes, fait qui a été invoqué comme un argument contre l'identité de la microfilaria diurna et de la forme embryonnaire de la F. loa. Il y a quelque temps, j'ai été consulté par une dame qui, depuis sept ans, était attein te de F. loa et de tumeurs de Calabar, et à laquelle on avait enlevé à diverses époques trois loas dans les tissus avoisinant l'œil. En examinant son sang pendant le jour, j'y découvris des spécimens innombrables de F. diurna. Le fait que ces microfilaires étaient bien des diurna fut établi par. une série d'observations soigneusement faites de jour et de nuit pendant plus d'une semaine. La malade m'informa que le médecin qui lui avait extrait sept ans auparavant l'une des filaires de l'œil devait encore avoir le spécimen en sa possession. J'eus en effet la possibilité de l'examiner.