II. — MYCETOMA BLANC DE VINCENT
Causé par Discomyces madurse (Vincent, 1894). Cette espèce de mycétome est commune et largement répandue. Elle a été observée en Algérie, en Abyssinie, au Somaliland, dans l'île de Chypre, en Inde, dans l'Argentine et à Cuba.
Elle a une évolution lente. Elle diffère de D. hovis et des autres fungus à mycétome en ce qu'elle ne détruit pas les os et ne semble pas agir directement sur la santé générale du patient, quoiqu'elle puisse amener à la longue et indirectement la cachexie.
Les grains formés par D. madurse varient de la grosseur d'une tête d'épingle à celle d'un pois. Ils ont une couleur blanc jaunâtre, présentent une surface mûriforme, sont mous et s'écrasent facilement. Leur mode de développement est absolument caractéristique. Le grain projette de sa périphérie des filaments rayonnés. Entre ces filaments mycéliens sont de nombreux lymphocytes (également disposés en séries rayonnées) enrobés dans une substance amorphe, probablement produite par la destruction des lymphocytes, des cellules épithéUales et des macrophages dont se nourrit le fungus. La couronne
MALADIES DE LA PEiV.
de rayons amorphes autour du grain est typique. Le grain est entouré de nombreux leucocytes polynucléés. Ayant atteint 1 millimètre à l""",5de diamètre, il projette de petits rejetons qui s'en détachent, se développent et reproduisent la structure radiée. D'autres grains se forment et, après un certain temps, le gros granule mûriformeest constitué, les grains centraux dégénérant. On trouve les grains dans des cavités entourées d'un tissu conjonctif inflammatoire dans lequel sont renfermées des cellules polynucléées et parfois des cellules géantes.