PIEDRA
un cheveu de 60 centimètres de long), dures comme du gravier. Ces nodosités sont à peine visibles à l'oeil nu, mais distinctement perceptibles au toucher lorsqu'on tend le cheveu entre le pouce et findex.Les cheveux atteints sont ondulés et frisés et tendent à se mêler et à s'embrouiller. Les petites nodosités, quoique très fermes, ne sont pas aussi dures que l'indique le nom de piedra (caillou), et peuvent être aisément tranchées par un couteau fin ou des ciseaux ; elles sont plus pâles que le cheveu qui les supporte et qu'elles engainent complètement ou partiellement. Lorsqu'on passe un peigne dans la chevelure, on produit une sorte de crépitation, due au frottement contre ces particules résistantes.
Sous le microscope, ces excroissances se montrent formées d'un certain nombre de corps sporulés, qu'on met en évidence en lavant le cheveu à l'éther, puis à la solution de potasse. Les spores (qui ont un volume double de celles du trichophyton et sont remarquablement réfringentes) sont polyédriques par suite de la pression mutuelle, et forment une sorte de mosaïque dont les éléments f^emblent reliés entre eux par un ciment soluble verdâtre dans lequel sont incorporés de nombreux bâtonnets à l'aspect de bactéries. La tige du cheveu n'est ni érodée ni affectée en quoi que ce soit ; on peut l'apercevoir intacte à travers le champignon qui l'encroûte.
Certains auteurs supposent que la piedra est causée par les appHcations mucilagineuses en vogue chez les Colombiens. Bien que Juhel-Rénoy lui donne le nom de «trichomycose nodulaire », on ne doit pas la confondre avec la trichomycosis nodosa de Paterson (leptothrix de Wilson) qui est une affection tout à fait différente, assez commune sur les poils de l'aisselle, du scrotum et de la face en Europe et ailleurs. On ne doit pas non plus la confondre avec la trichorexis nodosa, maladie non parasitaire du cheveu lui-même qui se fendille en différents points en faisceaux de fibres semblables à des poils de brosse et devient ainsi cassant, ni avec le monilethrix de Crocker, maladie congénitale, héréditaire et non parasitaire, donnant au cheveu un aspect monih forme.
Traitement. — La propreté, l'usage fréquent du savon et l'ap- ])Ucation d'un parasiticidc, comme pour les maladies précédentes, doivent amener la guérison. Si ces moyens échouaient, on raserait complètement la tête.
MALADIES DE LA PEAU