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PUCE CHIQUE

On peut tuer les chiques en les piquant avec une aiguille, ou par l'application de chloroforme, de térébenthine, de pommade mercurielle, etc.; après quoi elles sont expulsées comme un corps étranger. Le meilleur traitement, cependant, consiste à ne pas attendre le processus ulcératif , mais à élargir l'orifice d'entrée avec une aiguille propre et bien pointue et à énucléer proprement l'insecte tout entier. Quelques femmes indigènes, par suite d'une longue pratique, sont très expertes dans cette petite opération. La région doit être soigneusement pansée jusqu'à complète guérison.

MYASE.

VER EN HÉLICE {Chrysomyia macellaria).

Ce ver est la larve d'un insecte diptère (fig. 164) commun dans certaines parties de l'Amérique, des États-Unis à l'Argentine. L'insecte (9 à 10 milli-

^ig. 164. — Chrysomyia macellaria (teraelle).

mètres de long) dépose ses œufs, au nombre de trois ou quatre cents, sur la surface des plaies, et dans les oreilles et les fosses nasales des personnes qui dorment en plein air, spécialement de celles qui ont des sécrétions malodorantes, par quoi sont attirées ces mouches. Les larves éclosent en quatre jours. Elles sont blanches, ont environ 2 centimètres de long, et sont formées de 12 segments portant des cercles de petites épines disposées de façon à donner au ver l'aspect d'une hélice; de là son nom vulgaire. Ces larves s'enfoncent dans les tissus, se nourrissant des muqueuses, des cartilages, du périoste et même des os, et produisant ainsi de terribles lésions, et assez souvent la mort, particulièrement lorsqu'elles s'attaquent aux oreilles ou

MALADIES DE LA PEAU

aux îosses nasales, et pénètrent dans le cerveau. Sur 13 cas recueillis par Laboulbène, 9 furent mortels ; sur 31 recueillis par Maillard, 21 eurent une issue fatale.

Si la maladie est traitée à temps et convenablement par des injections de chloroforme, d'acide phénique, de térébenthine, d'infusion de pyrèthre et de substances semblables, on peut obtenir la guérison ; mais, si l'on néglige ces moyens, la mort est presque inévitable. S'il est nécessaire, on ouvrira les sinus frontaux, l'antre d'Highmore et les autres cavités osseuses pour en expulser les larves.

Dans les pays où ce fléau existe, dès qu'un cas d'hémor-

Fig. 165.

Chrysomyia macellaria (larve).

Fig. 166. — Indigène porteur de Chrysomyia macellaria dans les narines et les sinus frontaux ; période de début. {Diaprés une photographie de Daniels.)

ragie nasale accompagnée d'écoulement fétide se produit, il faut faire des recherches sérieuses, et, si l'on rencontre le ver en hélice, établir un traitement énergique.

VER MACAQUE {Dermatobiu cijaniventris).

Ce ver est la larve d'une mouche d'Amérique (fig. 167) dont l'identité, avant les travaux de Blanchard, était douteuse.

Dans ses premiers stades de développement, la larve présente l'aspect représenté figure 168 ; plus tard, elle prend la forme de la figure 169. C'est la première forme que l'on nomme Ver macaque; la seconde, beaucoup plus grande, est appelée Torcel ou Berne. On supposait à tort, à une certaine époque, que ces deux formes appartenaient à deux espèces d'insectes différentes.

Dermatobia cyaniventris mesure de 14 à 16 millimètres de long ; il a une tête

MYASE.

iaune et des yeux bruns très proéminents ; le thorax est de couleur grise, l'abdomen est d'un bleu métallique foncé. Il est largement distribué dans

Fig. 167. — Dermatobia cyanwentris^'{f emeWe).

l'Amérique tropicale et se rencontre spécialement près des régions boisées. Il s'attaque à toutes sortes d'animaux. On le trouve communément chez les bestiaux, le cochon, le chien, mais il se rencontre aussi chez l'agouti, le jaguar, divers singes, et chez les oiseaux. II est rare chez le mulet et les auteurs

ont fait des commentaires sur son absence chez le cheval. Chez l'homme, il a été observé dans diverses parties du corps, à savoir la tête, le bras, le dos, l'abdomen, le scrotum, les fesses.

Fig. 168. — Dermatobia cyaniventris, larve, stade de début. (Blanchard.)

l'ig. 169. — 'Dermatobia cyaniventris, larve, stade plus avancé. (D'après Brauer.)

la cuisse, l'aisselle. Sa présence est accompagnée de douleurs atroces q\u s'exacerbent pendant les déplacements de la larve.

On suppose qu'une fois écloses les larves pénètrent dans la peau et produisent une tuméfaction inflammatoire autour du point de pénétration d'où suinte un liquide séro-purulent contenant les excréments noirs de la larve. Il est possible que le parasite puisse atteindre le tissu sous-cutané par voie intestinale, comme c'est le cas pour une espèce européenne voisine, Hypoderma bovis. Depied dit qu'il a rencontré deux fois cette larve (dont il a pu vérifier l'identité par le développement de l'insecte) dans le cuir chevelu de Tonkinois.

MALADIES DE LA PEAU

VER DU CAYOR {Ochromyia anlhropophaga).

Ochromyia anihropophaga mesnre de S^,5 à limin^5 de long. Il est de couleur gris jaunâtre, avec des taches noires sur l'abdomen, il a été observé d'abord

Fig. 170. — Ochromyia anihropophaga (femelle).

dans la région du Cayor (Sénégal), mais il est probablement très répandu dans l'Afrique tropicale. La larve s'enfonce dans la peau de l'homme et des animaux et produit de petites tuméfactions inflammatoires, d'où elle émerge

en six à sept jours.

En Afrique et en beaucoup d'autres pays tropicaux, on rencontre fréquemment de semblables larves anthropophages qui, cependant, n'ont pas encore été suffisamment identifiées. D'après Grûnberg, toutes ces larves appartiennent à une même espèce, Cordylohyia anthropophaga. D'autre part, Gedœlst distingue quatre espèces différentes : Ochromyia anthropophaga, Bengalia depressa (très largement répandue), Cordylohyia anthropophaga (Afrique orientale allemande) et une larve d'espèce indéterminée, larve de Lund (État libre du Congo).

Fig. 171. — Ochromyia anthropophaga (larve).

AucHMEROMYiA LUTEOLA (Fabricius, 1805).

Synonyme. — Musca luteola.

Historique. — Auchmeromyia luteola fut décrite pour la première fois par Fabricius en 1805 sous le nom de Musca luteola. En janvier 1904, Lelean décrivit et dessina cette mouche, éclase d'une larve qu'il avait recueiUie lorsqu'il faisait partie de la Commission de délimitation franco-anglaise du

M YASE.

TERZI.

Fig. 172. — Auchmeromyia tuteala (femelle).

Haut-Niger. Il constata que la larve existe comme parasite cutané chez les indigènes des environs de Sokoto. En juillet de la même année, au Congrès médical d'Oxford, Dutton, Todd et Christy donnèrent une description plus détaillée des mœurs de cet insecte diptère et montrèrent que dans son stade larvaire il suce le sang avec voracité et qu'on le connaît dans tout le Congo sous le nom de « larve des planchers du Congo ».

Distribution géographique.— A. luteola est très répandue dans l'Afrique tropicale. Sur la côte occidentale, elle s'étend du Haut- Niger au Natal. Dutton, Todd et Christy l'ont trouvée dans tout le district de Lutete et dans les districts environnants, ainsi qu'à Léopoldville. On leur a dit qu'elle est commune à San Salvador (Congo portugais) et sur le fleuve Congo à Matadi, dans la région des cataractes et à Tchumbiri (à 240 kilomètres en amont de Stanley Pool).

Un noir intelligent originaire , .

du lac Tchad les informa que ce pai>asite est commun dans les régions à. l'ouest de ce lac. Neave enfin l'a rencontré au Soudan.

Diagnostic spécifique. — La mouche mesure de 10 à 12 milUmètres de long et son corps est plutôt trapu. Sa couleur générale est chamois, mais de nombreux petits poils noirs lui donnent un aspect enfumé. La tête est large, avec des yeuxbien séparéschez les deux sexes. Le thorax présente deux bandes longitudinales foncées, mal définies, qui n'atteignent pas son bord postérieur. L'abdomen diffère dans les deux sexes, le second segment chez la femelle étant deux fois plus long que celui du mâle. Le premier segment a une étroite bande noirâtre sur son bord postérieur chez les deux sexes ; le second segment chez le mâle est marqué par une bande plus large qui s'amincit en avant, le long de la ligne médiane jusqu'à labase du segment. Chezla femelle, la bande noirâtre est si large qu'elle occupe presque tout le segment. Le troisième segment est presque entièrement noir chez les deux sexes. Le quatrième est foncé à la base et plus clair postérieurement. Les pattes ont la même couleur que le reste du corps. Le premier article du tarse est noir de jais et se détache d'une manière très apparente sur le pulvillus blanc-crème. Les ailes ont une couleur brun-fumée et des nervures visibles.

La larve est blanc sale et semi-translucide. Elle se compose de 11 éléments très distincts et, lorsqu'elle est complètement développée, elle mesure 15 milUmètres de longueur environ. La partie centrale de la face ventrale est aplatie. Sur le bord postérieur de chaque segment sont trois courts moignons disposés

transversalementetpourvusd'épinesdirigées en arrière; cesorgancslui servent

à se mouvoir avec rapidité, à la manière d'une chenille. Latéralement, les segments portent deux ou plusieurs protubérances irrégulières dont chacune a une épine dirigée en arrière et une petite dépression. Le segment antérieur forme un cône irrégulier et contientla cavité buccale qui est placée entre deux crochets

noirs faisant saillie à l'apex du segment et recourbés en arrière vers la face ven traie. Des groupes de petites dents sont disposés par paires autour des deux crochets de manière à former une sorte de ventouse. Le dernier segment est plus gros que le premier ; il est déprimé, et Fig. 173. — Auchmeromyia luieola fait un angle de 45° avec le reste du

corps ; deux stigmates s'ouvrent sur sa face dorsale qui est entourée d'épines. L'anus est placé dans la portion antérieure de sa face ventrale ; en arrière sont deux épines. Le tube digestif commence par un court œsophage qui se termine en un proventricule. Un diverticule dorsal remarquable, correspondant au réservoir alimentaire, s'ouvre dans l'œsophage près de son extrémité antérieure. Lorsque la larve a pris sa nourriture, ce diverticule est très apparent, et s'aperçoit, grâce à la demi-transparence du tégument, comme une zone rouge vif qui, remplie de sang, s'étend depuis la tête jusque vers le cinquième segment. L'intestin moyen est court ; l'intestin postérieur est long, très enroulé, et occupe la plus grande partie du corps. La larve a un tégument épais qui lui permet de supporter une forte pression sans ea souffrir.

La durée de la période larvaire n'a pas été bien déterminée. Lorsqu'elle est prête à passer à l'état de pupe, la larve choisit un endroit convenable et y reste inerte. Le puparium est un corps oblong rouge brun foncé, mesurant ■9 millimètres à 10nin>,5 de long sur 4 à 5 millimètres de large. L'extrémité antérieure est irrégulièrement conique ; la postérieure est arrondie. Le stade de pupe dure de deux^à trois semaines.

La mouche se trouve ordinairement immobile parmi le chaume, les poutres et les toiles d'araignées qui garnissent les cases des indigènes, mais elle est très difficile à apercevoir en raison de sa couleur mimétique, qui correspond exactement à celle de la paille et des poutres enfumées. Elle ne pique jamais, est habituellement silencieuse et dépose ses œufs dans les crevasses et les fentes poussiéreuses du sol des cases, particulièrement aux endroits souillés par l'urine.

Les larves se trouvent surtout sous les nattes où dorment les indigènes, dans les crevasses du sol, et dans la terre ramollie par l'humidité, à une profondeur de 7 centimètres et davantage. D'après Bentley, on en trouve parfois jusqu'àSO dans une seule couchette. Elles se nourrissent presque exclusivement la nuit et elles retombent aussitôt si l'on vient à remuer le membre sur lequel elles se sont posées. Les personnes qui dorment dans des lits ou des couchettes surélevées ne sont pas attaquées en général, sauf si le Ut est bas, et si la larve peut y atteindre en grimpant contre les supports ou contre la paroi de gazon contre laquelle le lit est ordinairement placé. Les indigènes pré-

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