SANGSUES
Dans les landes broussailleuses de plusieurs pays tropicaux et pré-tropicaux existent souvent en abondance des sangsues terrestres, probablement d'espèces variées ; en certains cas, leur présence constitue un véritable fléau. Hœmadipsa ceylonica est une des plus dangereuses, ainsi que des plus connues. A jeun, elle a environ 3 centimètres de longueur et à peu près l'épaisseur d'une aiguille à tricoter. Elle se fixe à une feuille ou à une branche d'arbre,°attendant le passage d'un animal, sur lequel elle se jette avec une agilité remarquable ; elle s'attache aussitôt à la peau et se nourrit de sang. Des animaux succombent parfois à ces hémorragies ; on a même cité des exemples d'hommes morts de la même manière. Il est donc nécessaire, lorsqu'on traverse les contrées où abondent les sangsues, de protéger avec soin ses jambes et ses pieds. Leur piqûre est assez souvent le point de départ de plaies désagréables.
Dans le sud de l'Europe et le nord de l'Afrique, la sangsue du cheydil, Hœmopsis sanguisuga, pénètre quelquefois dans le pharynx et dans les narines de l'homme aussi bien que dans ceux des animaux. Il y a eu des cas de mort par asphyxie dus à la présence de ce parasite. A Formose, j'ai beaucoup entendu parler et j'ai été témoin plusieurs fois d'une semblable forme de parasitisme, à la fois chez l'homme et le singe. J'ignore à quelle espèce particuhère appartenaient ces sangsues. Évidemment elles avaient été ingérées avec l'eau de boisson étant encore très jeunes et avaient passé inaperçues ; puis, errant dans l'arrière-bouche, elles avaient trouvé une issue vers le nez. Parfois, dans les cas auxquels je fais allusion, l'animal, sortant des narines, apparaissait sur la lèvre supérieure. Pendant longtemps, ces parasites réussissaient à échapper aux tentatives de capture. On les incitait à se montrer à l'extérieur en plongeant la figure dans l'eau froide. Dans un cas, la sangsue est tombée spontanément. Dans un autre — chez un naturahste américain qui avait beaucoup voyagé dans l'intérieur de Formose et qui avait beaucoup souflert d'une violente céphalée et d'une anémie profonde résultant d'épistaxis fréquentes —
MALADIES DE LA PEAU
je réussis à expulser la sangsue en fixant, à l'aide d'un spéculum, son extrémité postérieure par une pince et en injectant ensuite du l'eau salée. Il faudrait donc se rappeler que, dans les pays tropicaux, un mal de tête persistant, associé à des épistaxis répétées, peut être dù à la présence d'une sangsue dans les fosses nasales.
SECTION YIl