PHÉNOMÈNES CLINIQUES DE LA FIÈVRE PALUSTRE
Avant de procéder à la description des divers parasites et des fièvres qui leur sont associées, il faut d'abord placer ici certaines généralités pour éviter les répétitions.
Fièvre intermittente. — Chaque fièvre palustre typique se compose d'une série d'accès revenant à des intervalles bien définis de vingt-quatre, quarante-huit ou soixante-douze heures. Chaque accès comprend un stade de frisson, un stade de chaleur et un stade de sueur, auxquels succède une période, appelée « intervalle », d'apyrexie absolue ou relative. La durée et l'intensité de ces divers stades varient considérablement. En général, il y a une certaine proportion entre eux : plus prononcé est le stade de frisson, plus élevée est la fièvre et plus profuses sont les sueurs. De telles attaques, avec des intervalles bien marqués d'apyrexie, sont désignées sous le nom de « fièvres intermittentes ».
Période prémonitoire. — Avant que le frisson ne se produise, et quelquefois plusieurs jours avant que la maladie ne se déclare, il peut y avoir une période prémonitoire caractérisée par de la lassitude, un besoin de s'étirer et de bâiller, des douleurs dans les os, du mal de tête, de l'anorexie, parfois des vomissements, parfois une sensation d'eau froide coulant le long du dos. Si on prend la température à cette période, on trouvera une légère élévation, quelquefois deux ou trois heures avant que d'autres symptômes plus frappants n'éclatent ; il peut alors arriver que l'accès qui menaçait d'éclater se résolve spontanément sans évoluer davantage.
Stade de frisson. — Lorsque le frisson s'étabht, une sensation de froid se répand sur tout le corps, devenant si intense que les dents claquent et que le malade est secoué par des frissons de la
MALARIA
tête aux pieds. 11 cherche alors à se couvrir avec tout ce qui lui tombe sous la main. Les vomissements peuvent devenir incessants. Les traits sont tirés, la peau est bleuâtre et parait froide, les doigts sont ridés. Mais la sensation de froid est entièrement subjective, car, si on prend la température, on la trouve déjà supérieure de plusieurs degrés à la normale et montant rapidement. Chez les jeunes enfants, il n'est pas rare à cette période de constater des attaques convulsives ; fait important, qu'il faut avoir présent à l'esprit, car on peut prendre ces attaques pour de l'épilepsie.
Stade de chaleur. — Au bout d'un certain temps, les frissons cessent graduellement, alternant d'abord avec des bouffées de chaleur, puis remplacés bientôt par une sensation persistante de chaleur intense et de malaise fébrile. Le malade, qui auparavant étreignait fortement ses couvertures, les rejette maintenant ; la face se congestionne ; le pouls devient rapide, plein et bondissant ; la céphalalgie peut être intense, les vomissements fréquents, la respiration accélérée, la peau sèche et brûlante ; le thermomètre peut atteindre 40", 41° ou même au-dessus.
Stade de sueur. — Après une ou plusieurs heures de cette pénible situation, le malade se met à transpirer d'une manière profuse, la sueur ruisselant littéralement de sa peau et inondant ses habits et son lit. La fièvre tombe rapidement après l'apparition de cette diaphorèse, les vomissements, la soif et le malaise produit par la fièvre faisant place à une sensation de soulagement et de repos. Puis, la transpiration ayant cessé, le malade peut se trouver tout à fait bien, un peu fatigué peut-être, mais capable de retourner à ses occupations. La température du corps descend alors souvent au-dessous de la normale et peut y rester jusqu'à l'accès suivant qui survient un, deux ou trois jours après.
Durée de Vaccès. — La durée d'un accès de fièvre et des divers stades qui le constituent est extrêmement variable. On peut lui assigner en moyenne entre six et dix heures, le stade de frisson durant environ une heure, le stade de chaleur de trois à quatre et le stade de sueur de deux à quatre heures.
Les urines pendant Vaccès. — Pendant la période de frisson, les urines sont souvent limpides et abondantes et fréquemment émises ; mais, pendant les stades de chaleur et de sueur, elles sont rares, chargées, parfois albumineuses. La teneur en urée est
Fisr. 1.
Fig. 2.
Fis- 3.
» PLANCHE I. — IIÉMATozoAinEs du paludisme.
Fi^-s ''-TpaTiftl' t quarte Fig. 2. Parasite de la f.èvre tierce bc^ni,me.
HcJtson 1 sub-t.erce (estivo-aulomnale). [Diaprés Thayer et