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L'ACCÈS AIGU

augmentée, surtout pendant la période de frisson, et il en est de même des chlorures. Les phosphates, au contraire, diminuent pendant les stades de frisson et de chaleur et augmentent pendant la défervescence. L'augmentation de l'excrétion de l'urée commence plusieurs heures avant les symptômes subjectifs, atteint son maximum vers la fm du stade de frisson et décroit pendant les périodes de chaleur et de sueur, bien que continuant encore lorsque le malade est revenu à l'état normal. L'excrétion d'acide carbonique suit une marche correspondante. Le Sydney Ringer fut le premier à observer ce fait intéressant que, lorsqu'on réussit à empêcher le retour de la fièvre par l'administration de quinine, on note cependant, durant un certain temps, une augmentation périodique dans l'excrétion de l'urée, précisément les jours où devait éclater l'accès. Les urines sont souvent fortement colorées, donnant avec l'acide azotique la coloration caractéristique du pigment biliaire, ou la teinte brune décrite par Gûbler sous le nom d' « hémaphéique ». La glycosurie peut se rencontrer, mais elle est assez rare.

Ëtat de la rate pendant V accès. — La rate augmente plus ou moins de volume pendant la période de frisson. Cet engorgement disparait d'abord dans l'intervalle des accès, mais ne tarde pas à devenir plus ou moins chronique, surtout si les accès reviennent fréquemment, plus spécialement s'ils s'accompagnent d'une cachexie marquée.

Mo?nent de la journée où commence Vaccès. — Les deux tiers des accès de fièvre débutent entre minuit et midi. C'est un point important dont il faut se souvenir pour étabUr un diagnostic, surtout si l'on a à envisager la possibilité d'accès fébriles récurrents dépendant de maladies telles que l'abcès du foie, la tuberculose, une infection septique — maladies, fait à noter, dans lesquelles le retour de la fièvre se produit presque invariablement l'aprèsmidi ou le soir.

Fièvres atypiques. — On rencontre très souvent des cas dans lesquels plusieurs des symptômes déjà décrits sont très atténués ; par exemple, une sensation de froid sui^àe de fatigue et revenant périodiquement, ou un léger mal de tête, ou une faible élévation de température, sont les seuls symptômes indiquant la présence de l'hématozoaire dans le sang. Dans quelques fièvres (et ce ne

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MALARIA

sont pas les moins dangereuses), les symptômes subjectifs peuvent, au début, être si bénins que le malade continue à vaquer à ses occupations avec des températures de 39o,5 ou 40° ; il peut n'avoir ni période marquée de frisson, ni mal de tête, ni symptômes gastriques sérieux, ni aucune manifestation de l'état fébrile le forçant à s'aliter. Quelques-unes des fièvres d'Afrique — si promptes à prendre tout à coup une forme pernicieuse — sont de cette nature. D'autre^^part, malgré une élévation de température relativement faible, la céphalée, l'abattement, les vomissements peuvent être extrêmement marqués. Il y a à cet égard une infinie variété de cas. Évidemment la toxine de l'hématozoaire — si toxine il y a — est loin d'être un corps simple ; probablement, comme la tuberculine, elle est formée de plusieurs éléments qui existent en différentes proportions dans les diverses variétés du parasite. Sans aucun doute aussi la gravité de l'infection, les diverses combinaisons des espèces de parasite et l'idiosyncrasie jouent un rôle dans la détermination de l'intensité et du caractère de la réaction organique vis-à-vis de l'hématozoaire.

Termes employés. — Un accès de fièvre paludéenne revenant tous les jours est désigné sous le nom de fièvre quotidienne ; s'il revient chaque second jour, on l'appelle fièvre tierce ; s'il revient chaque troisième jour, fièvre quarte. En règle générale, le retour des accès a toujours lieu vers le même moment de la journée. Dans quelques cas la réapparition de l'accès se fait chaque fois de meilleure heure ; on dit alors que la fièvre est anticipée. Lorsque le nouvel accès se produit au contraire à uBe heure plus tardive, on dit que la fièvre est retardée. Quand les paroxysmes individuels se prolongent, de sorte qu'un accès n'est pas encore terminé lorsque le suivant commence, la fièvre est dite à accès suhintrants. Quand chaque accès se prolonge et que la périodicité est marquée seulement par une légère chute de température, une légère sueur et une légère sensation de froid, la frévre est dite rémittente. Lorsqu'il n'y a pas de rémission, la fièvre est dite continue. Il arrive parfois que deux accès distincts se produisent le môme jour : une pareille fièvre est appelée fièvre doublée. On peut rencontrer toutes sortes de combinaisons de fièvres malignes ou bénignes, tierces ou quartes ; dans ces cas on dit que l'infection palustre est mixte.

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