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FIÈVRE TIERCE

he parasite. — La première phase du parasite de la fièvre tierce bénigne, Plasmodium vivax (pl. I, fîg. 2), ressemble à celle du parasite de la fièvre quarte en ce qu'elle consiste en une petite tache pâle placée au-dessus ou à l'intérieur du globule rouge infecté (pl. I, fig. 2, a) ; elle en diffère en ce qu'elle présente des mouvements amiboïdes beaucoup plus actifs, change constamment de forme et de position dans le globule et, de plus, émet et rétracte des pseudopodes (pl. I, fig. 2, h). Ces mouvements amiboïdes persistent pendant le développement du parasite et la formation de l'hémozoïne, bien que diminuant progressivement ; le contour du parasite présente, par suite, des irrégularités prononcées qui se modifient constamment (pl. I, fig. 2, c, d, é). Ces mouvements ont presque entièrement disparu au moment de la concentration de l'hémozoïne. Dans le parasite de la fièvre tierce, les particules de pigment sont en général plus fines que dans celui de la fièvre quarte ; et, de plus, elles sont animées de mouvements actifs et incessants, changeant constamment de place dans la couche périphérique où elles paraissent situées pour la plupart (pl. I, fig. 2, /). Une autre caractéristique marquée du parasite de la fièvre tierce est l'hypertrophie et la décoloration notable de beaucoup des globules contenant cet organisme (pl. I, fig. 2, d, e, f, g). Ces globules semblent parfois atteindre une grandeur double de celle des globules normaux ; et presque toujours, lorsque l'hématozoaire est assez développé, la bande d'hémoglobine qui l'entoure parait avoir « déteint », étant parfois presque décolorée.

Dêfns les globules envahis par le parasite tierce, on mettra en évidence, en colorant fortement avec le Leishman ou le Giemsa, un caractère qui n'existe pas dans les hématies contenant des parasites quartes ou sub-tierces. L'hémoglobine des globules est tachetée de particules chromophiles appelées « points de Schuiïncr », et dont la présence facilitera le diagnostic. Dans les

MALARIA

très jeunes formes de l'hématozoaire, un ne les trouve pas toujours ; et malheureusement ce sont justement ces formes qui sont difficiles à diagnostiquer des formes quartes et sub-tierces.

Chez le parasite de la fièvre tierce, lorsque la segmentation est terminée, le corps sphérulé qui en résulte, au lieu d'avoir l'aspect très symétrique en rosace de celui de la fièvre quarte, ressemble plutôt à une grappe de raisin dans laquelle se seraient accumulés, au milieu des grains, un ou deux blocs de pigment noir (pl. I, fig. 2, h ; voir aussi fig. 1 et 2, h) occupant une situation plus ou moins centrale. Les petites sphérules qui forment la grappe — au nombre de quinze à vingt-six — sont plus petites, plus lisses, plus sphériques que celles du parasite de la fièvre qaarte ; rarement, dans des préparations non colorées, on peut voir leurs nucléoles. Je crois que, dans les conditions naturelles, en l'absence de compression, la rosace de la fièvre tierce tend à passer de la forme en disque, qu'elle a prise au début dans l'hématie, à une forme plus globulaire.

Dans le parasite de la fièvre tierce, comme dans celui de la fièvre quarte, le gamétocyte est un corps sphérique qui ressemble beaucoup au parasite arrivé à maturité aux dépens duquel s'est formé le corps segmenté (pl. I, fig. 2, /). On l'observe, comme dans le cas de la fièvre quarte, surtout après et assez souvent pendant le stade de frisson. Le gamétocyte tierce est beaucoup plus volumineux que ceux des parasites quarte et sub-tierce.

Distribution géographique. — Le parasite de la fièvre tierce, probablement la forme d'hématozoaire la plus commune, se rencontre aussi bien dans les climats tempérés que sous les tropiques. Il produit souvent une double infection et est peut-être la cause la plus fréquente des fièvres quotidiennes (tierces doublées) aussi bien que des fièvres tierces.

La fièvre. — La fièvre que produit ce parasite ressemble à la fièvre quarte, sauf pour la durée de l'évolution qui est égale à quarante-huit heures .(fig. 21).

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