ET PERNICIEUSES
Généralités. — Tout ce qui précède s'applique assez exactement aux manifestations cliniques des cas typiques et sans complications. Mais, comme il peut se produire une variété infinie de cas en ce qui concerne le nombre des parasites, la susceptibilité individuelle, l'association des diverses espèces d'hématozoaires (les infections mixtes étant loin d'être rares), ou encore la maturation à des époques différentes de plusieurs générations d'une même espèce de parasite, il résulte de la combinaison de toutes ces conditions une variété infinie de manifestations cliniques.
MALARIA
Dans les climats tempérés, et pendant les saisons d'hiver et de prmtemps des pays chauds, les fièvres palustres sont, en général, franchement intermittentes. Les infections récentes se produisant sous ces latitudes et pendant ces saisons sont causées, autant que nos connaissances nous permettent de l'affirmer, par les parasites des fièvres tierce et quarte et sont, par suite, de peu de gravité. Cependant des rechutes d'infections pernicieuses contractées antérieurement pendant la saison chaude peuvent se produire durant la saison froide ; en fait, elles sont assez communes.
Les premiers accès, bien que produits par l'un des parasites des fièvres bénignes, peuvent prendre un caractère rémittent ; en général, dans les climats tempérés, ils sont franchement intermittents. Les premiers accès de fièvre pernicieuse, quoique intermittents dans certains cas, appartiennent le plus souvent au type rémittent ; c'est le cas, en particulier, pour les accès résultant d'un renforcement intense par des parasites nouveaux (acquis par une nouvelle infection) du vieux stock de parasites qu'un paludéen peut contenir à l'état latent. Le premier accès qui atteint un nouveau venu dans les régions fortement impaludées des tropiques est donc en général rémittent et sévère.
Il n'est ni nécessaire ni désirable d'essayer de décrire en détail les formes cliniques infinies des attaques de malaria. Ce serait chose impossible dans un espace aussi hmité ; et, le ferait-on, le seul résultat serait une énumération peu intéressante et sans utilité des changements qui se produisent dans le frisson, la pyrexie, la diaphorèse, les vomissements biheux, la diarrhée biheuse, la constipation, la gastrite catarrhale,. la céphalalgie, la courbature, la prostration, etc. Le tableau serait en outre confus parce que, de nos jours, sous l'influence de la quinine dont l'usage est presque universel parmi les Européens sous les tropiques, l'enchaînement naturel des manifestations cliniques de la malaria est rompu ; de sorte qu'il est difficile de dire comment un cas donné de fièvre palustre se développerait ou se terminerait si on ne le soignait pas. Parfois, chez les indigènes des contrées tropicales qui n'emploient pas toujours la quinine, il se produit, à la suite de ces fièvres, un état typhique, avec une langue sèche et brune, des fuliginosités dans la bouche, un délire à forme murmurante, parfois la mort dans le collapsus. Dans d'autres cas, des fièvres rémittentes et intermittentes non traitées s'arrêtent gra-
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