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/sanôix saa anOiu^N^o Nouvouissvia' Manson, — Maladies des pays chauds.
TIQUES
Les espèces présentant un intérêt particulier en pathologie humaine sont VOrnithodoros mouhata et V Argas persicus ; le premier est l'agent transmetteur du spirochète de la fièvre récurrente africaine, le second du germe — probablement aussi un spirochète — de la fièvre « miana ». Il est très vraisemblable que d'autres espèces seront à leur tour reconnues en cause pour la transmission de germes infectieux à l'homme. D'importantes maladies des animaux dues aux Spirochastœ et aux Bahesiœ sont aussi communiquées par des tiques. Le Spirochœta gallinarum qui sévit sur les volailles au Brésil est transmis par V Argas miniatus. La Babesia bovis des bestiaux et des daims en Europe est transmise par VIxodes reduvius. La Babesia bigemina est transportée par des espèces de Margaropus variant suivant les pays, telles que M. annulatus, M. australis, M. decoloratus ; la Babesia parva par le Bhipicephalus appendiculatus et le B. simus ; la Babesia ovis par iî. bursa ; la Babesia equi par B. evertsi, et la Babesia canis par Heemaphysalis leachi et Dermacentor reticulatus.
Ornithodoros mouhata (Murray) (O. Savignyi var. cœca Neumann) est très largement distribué dans l'Afrique tropicale (Planche IV). Son corps est aplati et ovalaire. Sa couleur est ardoisée lorsqu'il est vivant. Le tégument est dur, coriace, couvert de granulations ou tubercules très serrés et brillants, et creusé de sillons disposés symétriquement sur les faces ventrale et dorsale. Les fernelles peuvent atteindre 8 millimètres de long sur 6 à 7 millimètres de large environ. Cette espèce occupe, comme il est dit plus haut, un vaste territoire africain dont les limites sont l'Ouganda et le Somaliland à l'est, le Congo et l'Angola à l'ouest, le Namaqualand et le Transvaal au sud.
Les mœurs de l'O. moubata ressemblent à celles de la punaise commune. Il vit dans les cases des indigènes, se cache le jour dans les crevasses des murs ou du sol, ou dans les toits de chaume, et se promène la nuit à la recherche de sa nourriture. Il attaque également l'homme et les animaux. Il absorbe le sang très lentement, et ne peut en prendre en quantité suffisante que sur une personne endormie. Dutton et Todd ont observé une grosse femelle qui resta solidement fixée sur un singe et s'y nourrit pendant deux ou trois heures avant de tomber enfin, si gonflée qu'elle atteignait le volume d'une cerise. L'O. moubata dépose ses œufs par amas de cinquante à cent. La dissection a montré que très peu de ces œufs arrivent à maturité. La fertilité de la femelle est d'autant plus grande qu'elle est mieux nourrie. Les œufs éclosent en vingt jours environ. Chez cette espèce particulière de tique, Dutton et Todd ont observé que la période larvaire est pratiquement supprimée. Vers le septième jour qui suit la ponte, on peut assister à la formation de la larve hexapode à travers l'enveloppe transparente de l'œuf. Vers le treizième jour, cette enveloppe se fend, et presque aussitôt l'enveloppe de la larve se fend aussi, de sorte que la nymphe pourvue de huit pattes sort à la fois de l'œuf et du tégument larvaire.
Il est intéressant de signaler certaines cellules de la paroi stomacale, qui doivent jouer un rôle dans l'étiologie de la maladie transmise par la tique, car elles montrent la voie suivant laquelle les œufs peuvent recevoir le germe contenu dans la femelle. La tique, lorsqu'elle suce le saner. exoulse de
TIQUES
temps en temps per anum une matière blanchâtre. Cette excrétion est dérivée en partie des tubes de Malpighi, en partie des cellules stomacales auxquelles nous faisons allusion. Dans la paroi de l'estomac, ces cellules, nourries par le sang ingéré, s'allongent vers la cavité gastrique, tandis que leur extrémité opposée, plus petite, se fend et répand la nourriture élaborée dans la cavité centrale, où elle se mélange avec le sang de la tique. La cellule devenant alors globulaire tombe dans la cavité intestinale, et constitue une partie de l'excrétion évacuée per anum. On peut facilement comprendre comment, par la voie précédente, un parasite peut atteindre les tissus de la tique et en particulier les ovaires.
0. moubata est spécialement répandu le long des voies de communication. Les habitations servant pour les haltes sont les endroits les plus infestés. Les tiques sont souvent transportées à de grandes distances dans les nattes ou les literies, ou dans les charges des porteui^s, qui ont été mises en sûreté dans les cases pendant la nuit.
Les indigènes, ainsi que les boers, se protègent dans certains endroits en crépissant les parois et le sol de leurs habitations avec de la boue et de la bouse de vache. Les cases sont aussi fréquemment enfumées pour faire sortir les tiques de leurs cachettes. Un moyen plus efficace est de répandre dans les draps de lit de la poudre de fleurs de pyrèthre. On peut aussi se garantir à un certain point en gardant une lampe allumée toute la nuit.
Dans certaines régions de l'Afrique, le territoire de l'O. moubata empiète sur celui d'une espèce très voisine, 0. Savignyi, qui a des habitudes semblables. 0. Savignyi diffère de O. moubata en ce qu'il est pourvu d'yeux, que ses pattes présentent de plus gros appendices et que les dépressions de sa face dorsale sont plus petites. 0. Savignyi a été rencontré en Égypte, en Nubie, en Abyssinie, dans le Somaliland, dans l'Afrique orientale anglaise, etc. Il est peut-être un agent de transmission de la fièvre récurrente africaine ou d'une autre maladie. Sa piqûre est redoutée des indigènes.
Argas persicus (Fischer) (Planche IV) a un corps plat et mince, de forme ovale, de couleur verdâtre ou rougeâtre, couvert de nombreuses granulations blanches sur sa face dorsale. Les pattes sont jaune pâle. On le trouve dans le nord et l'est de la Perse, ainsi qu'en Syrie, dans le Turkestan, en Russie, en Chine, en Algérie et dans la colonie du Cap. Il attaque également les volailles et les êtres humains. Ses mœurs sont semblables à celles de VOrnithodoros moubata ; il vit dans les vieilles habitations, et se cache dans les crevasses des planchers et des murs. Kotzebue dit qu'en Perse il infeste à tel point certains villages qu'il en chasse les habitants.