V ÈTIOLOGIE DES MALADIES TROPICALES. XV
Il est évident, d'après ce qui précède, que l'étudiant en médecine doit être un naturaliste avant de pouvoir espérer devenir un épidémiologiste, un pathologiste ou un praticien de valeur. La nécessité de cette connaissance dans toutes les branches de la médecine devient chaque année plus visible, surtout pour l'étude des maladies tropicales. Elle apparaîtra davantage encore si nous réfléchissons qu'outre les quelques maladies tropicales dont nous connaissons les germes, il doit en exister beaucoup plus sur lesquelles nous ne savons absolument rien. Qui peut douter, alors que la faune et la flore du monde tropical sont infiniment plus riches que celles des chmats tempérés, qu'il n'y ait une proportion semblable pour la richesse en organismes pathogènes ; et que beaucoup, sinon la plupart des maladies tropicales, soient encore à différencier? Les occasions et les moyens de faire des recherches originales manquent trop souvent au praticien sous les tropiques ; mais, dans la question de l'étiologie des maladies, il jouit d'occasions de découvertes bien supérieures en nouveauté et en intérêt à celles qu'a à sa disposition son confrère d'Europe ou d'Amérique.
J'ai compris dans cet ouvrage quelques maladies cosmopolites,, telles que la lèpre et la peste, qui à proprement parler ne dépendent pas nécessairement de conditions chmatériques. Elle» ont été pratiquement chassées de l'Europe et des pays tempérés de l'Amérique par les progrès de la civiHsation et les mesures hygiéniques qui en résultent; elles sont maintenant, en fait, confinées aux contrées tropicales où elles survivent encore grâce aux conditions sociales arriérées et à l'insalubrité qui sont nécessairesà leur propagation et qui sont plus ou moins un produit indirect des chmats tropicaux.