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le dragoniienii [dra-
vue PARASITA
répandons dans lo voisinage de l'ulcère un pelil lilet d'eau froide à l'aide d'une éponge, et si, à mesure que l'eau lombe, nous examinons attentivement le petit trou qui est au centre (le l'ulcère, nous verrons au bout de quelques secondes une
Fig. 79- - Embryons do Ver de Guinée. [Diaprés une photographie de M. H.-B. BiusTow).
goullelelte de liquide - d'abord clair, puis laiteux - «ourdre de cette ouverture et s'écouler à la surface de l'ul- (^ere. Quelquefois, au lieu de ce liquide, un petit tube i-emarquablement transparent, d'environ i millimètre de diamètre (qui n'est autre que l'utérus du ver projeté hors de 1« J>ouche), fait saillie par l'ouverture du derme, réao-issant «^oi.Uv 1 impression de l'eau froide. Quand ce lubc s'est
i4 VJCll dp: GL'INlil!
Uongé à rexlérieur de a à 3 centimèti-es, il se remplit soudain d'une substance opaque blanchâtre, se rompt et s'affaisse ; le liquide se répand sur la surface de l'ulcère. Si l'on recueille une parcelle du liquide, soit sorti directement du trou, soit répandu après la rupture du tube, et qu'on la place sous le microscope, on constate qu'elle contient des myriades de vers de Guinée embryonnaires qui sont enroulés, presque immobiles, et projetant leurs queues d'une manière caractéristique (fig. 79,.
Si maintenant nous instillons une goutte d'eau entre la lamelle et la lame, les embryons se dérouleront et au bout d'un temps très court se mettront k nager more suo, avec une grande activité. Ces embryons proviennent évidemment d'un ver de Guinée qui se trouve dans les tissus et communique avec la surface par l'ouverture pratiquée dans le derme.
V embryon (fig. 80). — L'embryon n'est pas cylindrique ; il est distinctement aplati. Il nage en projetant sa queue de côté et d'autre comme un fouet, et en remuant son corps à la manière d'un têtard. Les mouvements sont intermittents, courts, et séparés par des pauses. Lorsque l'animal progresse, le plus grand axe transverse du corps est perpendiculaire au plan sur lequel il se meut; mais lorsqu'il se repôse, il se tourne graduellement sur sa surface plane. Aussitôt qu'il est dans cette position, il se remet sur le côté d'une secousse et recommence à nager. Cette série de mouvements est constamment répétée.
Fig. 80. — Embryons
de Ver de Guinée .
a, vu de profil ; h, vu de face. ( X 230.)
^ AA' CrCLUl'S IIÙTE INTEUMÉDIAIRE 6i5
L'emJji'yon du ver do Guinée mesure à peu près i centimètre de long, et dans sa plus grande largeur. La tête est quelque peu effilée et ensuite brusquement arrondie. L'extrémité caudale est longue, amincie et pointue. Le tube digestif peut être facilement reconnu. Vers la racine de la queue on remarque deux organes glandulaires particuliers, placés en face l'un de l'autre. La cuticule est très visiblement striée transversalement.
Dans l'eau pure, l'embryon reste en vie pendant six jours ; dans l'eau saumâtre, ou dans la terre humide, il vit de deux à trois semaines. S'il est lentement desséché il ne meurt pas ; on peut alors le ressusciter en le plongeant à nouveau dans un peu d'eau.
Lliôte iiiLermédiaire. — Si, expérimentalement, nous plaçons des embryons de ver de Guinée h côté d'un Cyclops quadriconiis dans un verre de montre, nous constaterons au bout de quelques heures que les embryons se sont transportés dans la cavité centrale du corps du cyclope, où on peut les voir animés de mouvements, s'enroulant et se déroulant avec une activité considérable (fig. 8i). On peut compter jusqu'à quinze ou vingt embryons dans chacun des petits crustacés qui, à moins d'une infection excessive, ne semblent pas incommodés le moins du monde. Au bout d'un certain temps, les embryons ainsi enfermés subissent une métamorphose. Ils changent de peau deux ou trois lois, se débarrassent de leur queue-nageoire, prennent une lorme cybndrique et, finalement, outre leur augmentation de volume, acquièrent une extrémité postérieure trilobée qui rappelle celles de la F. noctarna et de la F. rccoadita aux derniers stades du séjour de la première dans le moustique, et de la seconde dans la puce du chien (Grassi).
Mode d'infection. ~ La métamorphose du ver de Guinée dans le cyclope a été découverte par Fedschenko dans le lurlcestan. J'ai pu confirmer ses observations en Ano-leterre ; mais, dans' le climat plus froid de ce dernier pays
VER UIil GViyÉE
les métamorphoses dans le cyclope d'Angleterre demandent plus de temps pour être complètes : huit ou neuf semaines, alors qu'il sullit de cinq semaines dans le Turkestan. Fedschenko supposait que le cyclope contenant des embryons de ver de Guinée, une fois ingéré par l'homme dans l'eau de boisson, était digéré; et que le parasite, étant mis en
Fig. 8i. — Embryons de Yer de Guinée dans la cavité centrale du cyclope. Le cyclope a été légèrement comprimé de façon à forcer quelques-uns des vers à s'échapper au niveau de la rupture de la tête et de la queue. [D'après une photographie de M. Andrew Pringle.)
liberté, se frayait un chemin dans les tissus de son hôte nouveau et définitif. 11 est possible, cependant, que Fembryon ait plusieurs transformations à subir avant de pouvou' vivre chez l'homme. Si l'on considère la limitation géographique particulière de cette helminthiase, et la distribution très générale "du cyclope, on trouvera que mon hypothèse est assez vraisemblable. Quoi qu'il en soit, la découverte de Fedschenko^prouve d'une manière à peu près certaine que c'est par l'eau de boisson que s'acquiert le ver de Guinée.
TRAllEMKM' 617
Le vi'f màlc. — On no sait rien tle cerLain sur le ver mâle, comme nous l'avons déjà remarqué ; on ignore ég-alemcnt où et quand s'elleclue la ré(;ondation de la lemelle. Elle se produit probablement à l'un des premiers stades de la vie parasitaire, et longtemps avant que la femelle ait atteint la longueur à laquelle elle parvient dans la suite. Le ver nulle, sa fonction accomplie, meurt probablement ou est résorbé.
Explicalion des particularilés biologiques. — Le peu que nous connaissons maintenant de l'évolution du ver de Guinée nous explique beaucoup de points auparavant mystérieux. Nous pouvons comprendre comment le parasite, en atteignant sa maturité, se dirige vers les jambes et les pieds ; ce sont les parties du corps humain les plus exposées, dans les pays tropicaux, à venir au contact des flaques d'eau, milieu où vit le cyclope — l'hôte intermédiaire. Nous pouvons également comprendre pourquoi c'est le contact de l'eau sur la peau du malade qui amène le ver de Guinée à expulser ses embryons, et quelle est la raison d'être de l'arrosage à l'eau froide, si pratiqué par les indigènes de certaines régions endémiques, dans leurs tentatives d'extraction.
Mort prématurée du parasite. — Quelquefois le ver de Guinée n'arrive pas à percer le tégument de son hôte ; d'autres fois il meurt avant d'arriver à maturité. Dans certains cas il peut produire des abcès ; ou bien il se calcifié et on peut le sentir, des années après, comme un cordon dur enroulé sous la peau de la jambe, ou le découvrir seulement à la dissection.
Traitement. ~ Autrefois, on avait l'habitude, aussitôt qu'un ver de Guinée apparaissait, d'attacher l'extrémité qui faisait saillie à l'extérieur cà un morceau de bois, et de l'enrouler en donnant à cette baguette un tour ou deux chaque jour. Quelquefois ces tentatives réussissaient ; mais, aussi
\ f:H DE GUINÉE
souvent, le ver se rompait sous l'elTort. Les consckjuences de eet accident étaient souvent désastreuses. Des myriades d'embryons s'écliappaient par le point de rupture et, se répandant dans les tissus, produisaient une violente inflammation accompagnée de fièvre et suivie d'abcès et de gangrène; des semaines, et parfois des mois s'écoulaient avant que les malheureuses victimes de cette chirurgie grossière fussent de nouveau sur pied. Trop souvent de sérieuses rétractions et des ankyloses, par suite de la perte de substance et de l'inflammation, quelquefois même la mort par suite de troubles septiques, en étaient la conséquence.
Si im ver de Guinée est protégé contre les traumatismes, et que la région qu'il occupe soit iTéquemment arrosée d'eau, son utérus se remplira naturellement et graduellement d'embryons. Jusqu'à ce que ce processus soit achevé il résiste à l'extraction ; il est possible que le crochet formé par son extrémité caudale lui serve à se maintenir en place. Mais lorsqu'au bout de quinze ou vingt jours la parturition est accomplie, le ver se résorbe ou tend à émerger spontanément. A ce moment, une légère traction peut aider sa sortie ; mais cette traction ne doit pas être pratiquée tant que le parasite émet des embryons. L'accomplissement de la parturition peut être aisément constatée par l'expérience de l'arrosage à l'eau froide déjà décrite.
Récemment Emily, médecin de la marine française, a publié un système de traitement des cas de draconculose qui promet beaucoup pour abréger la durée de la maladie et obvier aux risques sérieux que faisait courir le vieux système de la baguette. Au moyen d'une seringue de Prava/ il injecte dans le corps du ver, si celui-ci fait saillie à l'extérieur, unje solution de bichlorure de mercure à i pour looo. Il tue ainsi le parasite ; au bout de vingt-quatre heures, l'extraction se fait en général aisément. Si le ver ne s'est pas montré à l'extérieur, mais peut être senti enroulé sous la peau, d injecte le plus près possible de l'animal, et en plusieurs
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piqûres, quelques gouttes de la même solution. Il arrive encore, par ce même procédé, à tuer le parasite. Le corps (lu ver est alors résorbé, comme le serait un morceau de catgut aseptique, sans inllammation ni réaction d'aucune sorte; ou bien on peut le disséquer et l'extraire aisément. D'autres auteurs ont confirmé la valeur de la méthode d'Emily, qui fait gagner du temps et supprime de la souirance, et qui, avec des précautions convenables, est déj)oiirvue de risques.
FILAIUA LOA (fig. 812)
Ce parasite est particulier à la côte ouest d'Afrique où, en beaucoup de points, il est assez commun. Le ver mâle
Kig. 82. — Filaria loa (grandeur luilurellej. (D'' Argyll RoBERïso.N.)
mesure environ 20 à 3o millimètres de long sur o"'"',;3 de large ; la femelle 3o à 4o millimètres de long sur o'""\5 de large. Les deux sexes sont filiformes, cylindriques, incolores, semblables à un lin catgut, légèrement effilés vers la tête, et plus franchement vers l'extrémité postérieure. L'anus est subterminal. La queue du mâle (fig. 83) est visiblement ulcurvée et pourvue de cinq larges papilles de chaque côté de l'anus, et de deux spicules inégaux et assez courts. La bouche est simple, ponctiforme, et sans armature.
L'habitat de la Filaria Loa paraît être le tissu conjonclif qu'elle traverse librement. Lorsque, dans le cours de ses déplacements, elle franchit le tissu connectif sous-conjonctival et les téguments délicats de l'orbite, elle devient dis-
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tiiiclement visible. Lorsqu'elle parvient sous de lins Lissus, comme la peau des paupières ou celle qui recouvre le dos du nez, ou encore lorsqu'elle se déplace sous la peau des doigts et parfois sous celle d'autres régions, les petites saillies qu'elle produit, aussi bien ([ue ses mouvements, sont quelquefois appréciables par la vue et par le toucher. Etant donné que ce parasite a été rencontré parfois chez
des individus qui avaient quitté depuis dix ans et davantage la zone endémique hors de laquelle on ne peut le contracter, on peut conclure que la loa vit longtemps.
La femelle produit des embryons entourés d'une gaine, très semblables à la F. nocturna et à la F. cliunia. J'ai eu une fois un malade nègre dans le sang duquel abondait la F. diunia. Cet homme se rappelait avoir eu jadis une filaire loa dans son œil. J'ai émis alors l'hypothèse que la F. diunia peut être la forme embryonnaire de la F. loa. D'autre part, le D'' Argyll Robertson a publié un cas remarquable de F. loa dans lequel les parasites, un mâle et une femelle pleine, furent retirés d'un œil. Le sang du malade fut fréquemment examiné, mais on n'y découvrit aucun embryon, j'ai eu récemment l'occasion d'examiner le sang d'autres malades connus comme étant sujets à l'infection par la loa, mais j'ai échoué dans la recherche d'embryons parasites du sang. Nous ne savons pas comment l'embryon de la F. loa s'échappe du corps humain, et nous ignorons également quelle est son évolution hors de l'organisme de l'homme. Malgré les échecs éprouvés dans la recherche de l'embryon dans le sang périphérique, l'analogie nous conduit à supposer qu'il circule à un certain moment dans ce liquide, et, comme la F. nocluriia, est enlevé de ce milieu par
Fig. 83. — Exlrémilé caudale de Filaria loa mâle.
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quelque insecte suceui' <|ui lui sort d'iiôtc intermédiaire, La Fila fia loa, nous l'avons vu, se déplace très activement à travea's le corps, mais elle semble avoir une prédilection pour les yeux et leur voisinage. Elle va et vient dans ces tissus à des intervalles irréguliers comprenant des jours, des semaines ou des mois, traverse le tissu sous-conjonctival, et se déplace d'un oeil à l'autre par-dessus la racine du nez. La chaleur semble la porter à s'approcher de la surface. Les deux sexes semblent se poursuivre réciproquement ; en tout cas, chez un malade du D'' Argyll Robertson [Trans. of ihe Ophlhalmological Soc, iSgS), un ver màle fut enlevé d'un œil, et, peu après, un ver femelle apparut dans le môme (i)il et fut aussi enlevé. Blanchard [Arcli. de Parasit.^ octobre 1899) a rapporté une observation semblable.
Le ver donne lieu à des sensations de picotement, de démangeaison, de corps rampant, et parfois à des œdèmes transitoires en différentes parties du corps. Lorsqu'il apparaît sous la conjonctive, il peut causer une irritation et une congestion considérables. Il peut même produire de vives douleurs, accompagnées de gonflement, d'incapacité fonctionnelle de l'œil et, parfois, de tuméfaction des paupières.
Tumeurs de Calabar. — Sous ce nom, M. Thompstonc décrit [JoLini. of Trop. Med., nov. 1899) certaines tumeurs fugaces qu'il a rencontrées, dans le cours d'une pratique de six années dans le Bas-Niger, chez trois noirs et quatre blancs. Ces tumeurs, dit-il, sont « environ de la grosseur de la moitié d'un œuf d'oie, indolores, quoique légèrement chaudes, à la fois objectivement et subjectivement, ne se déprimant pas à la pression, et disparaissant généralement en trois jours. Elles arrivent subitement et disparaissent graduellement, et peuvent se former en n'importe quel point du corps ». Il n'a jamais vu plus d'une tumeur à la fois chez le môme individu, mais elles reviennent à des intervalles irréguliers, môme lorsque le malade est retourné en Europe. Plehn a