‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 11 sur 136 · ACCÈS PALUDÉEN · texte numérisé non relu

ACCÈS PALUDÉEN

symptômes indiquant la présence de Thématozoaire dans le sang. Dans quelques fièvres (et ce ne sont pas les moins dangereuses), les symptômes subjectifs peuvent, au début, être si bénins que le malade continue à vaquer à ses occupations avec des températures de 39°5 ou 40"; il peut n'avoir ni période marquée de frisson, ni mal de tète, ni symptômes gastriques sérieux, ni aucune manifestation de l'état fébrile le forçant à s'aliter. Quelques-unes des fièvres d'Afrique

— si promptes à prendre tout à coup une forme pernicieuse

— sont de cette nature. D'autre part, malgré une élévation de température relativement faible, la céphalée, l'abattement, les vomissements peuvent être extrêmement marqués. Il y a à cet égard une infinie variété de cas. Evidemment la toxine de l'hématozoaire — si toxine il y a — est loin d'être un corps simple; probablement, comme la tuberculine, elle est formée de plusieurs éléments qui existent en différentes proportions dans les diverses variétés du parasite. Sans aucun doute aussi, la gravité de l'infection, les diverses combinaisons des variétés de plasmodies et l'idiosyncrasie individuelle jouent un rôle dans la déterminaison de l'intensité et du caractère de la réaction organique vis-à-vis de l'hématozoaire.

Termes employés. — Un accès de fièvre paludéenne revenant tous les jours est désigné sous le nom de fièvre qiiolidieiiiie; s'il revient chaque second jour, on l'appelle fièvre tierce; s'il revient chaque troisième jour, fièvre quarte. En règle générale, le retour des accès ' a toujours lieu vers le môme moment de la journée. Dans quelques cas la réapparition de l'accès se fait chaque fois de meilleure heure; on dit alors que la fièvre est anticipée. Lorsque le nouvel accès se produit à une heure plus tardive,' on dit que la fièvre est retardée. Quand les paroxysmes individuels se prolongent, de sorte qu'un accès n'est pas encore terminé lorsque le suivant commence, la fièvre est dite à

accès subliitraiits. Quand chaque accès se prohjnge et que la péj'iodicite est marquée seulement par une légère chute de température, une légère sueur et une légère sensation de froid, la fièvre est dite l'émiLLeiiLe. Lorsqu'il n'y a pas de rémission, la fièvre est dite continue. 11 arrive parfois que deux accès distincts se produisent le môme jour : une pareille fièvre est appelée fièvre doublée. On peut rencontrer toutes sortes de combinaisons de fièvres malignes ou bénignes, tierces ou quartes; dans ces cas on dit que l'infection palustre est mixte.

Relations entre les stades de l'accès et les diverses phases du parasite. — Toutes les différences et particularités cliniques d'un accès de fièvre palustre indiquées par les termes précédents, si 'compliquées et si difficiles à interpréter qu'elles puissent être dans beaucoup de cas, sont vraisemblablement en relation directe avec les diverses phases de la vie intra-corporelle de l'hématozoaire ; en fait, ce micro-organisme est la clef de leur interprétation. Gomme nous l'avons déjà dit, au moment où va se produire le stade de frisson, le pigment du parasite, réparti jusque-là dans toute sa masse protoplasmique, se concentre et la forme sporulée se développe. Un peu avant la période de frisson, et pendant cette période, les corps sporulés éclatent et probablement laissent échapper leur toxine, cause directe de ce frisson. A la fin du slade de frisson, pendant les stades de chaleur et de sueur, les jeunes parasites de la nouvelle génération, les formes intraglobulaires et les leucocytes chargés du pigment mis en liberté par la rupture des corps sporulés, font leur apparition, et les toxines déjà lancées dans la circulation sont éliminées. Pendant l'intervalle des accès, les parasites intraglobulaires se développent, se pigmentent et se préparent pour la maturité. Du fait que les parasites se rencontrent dans le sang pendant l'apyrexie, et souvent en grande abondance, on doit conclure que ce n'est

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pas la simple présence du parasite dans les globules rouges qui détermine la fièvre; il est plus rationnel de chercher l'agent thermique dans quelque toxine mise en liberté et répandue dans le sang au moment oii le corps sporulé éclate. Par suite, on trouve que, dans tous les cas de fièvre rémittente et continue paludéenne, les hématozoaires sporidés peuvent se rencontrer à tous les stades de la fièvre; et, réciproquement, lorsqu'on rencontre des hématozoaires à tous les degrés de développement, la fièvre correspondante est probablement rémittente, irrégulière ou plus ou moins continue.

Les généralités qui précèdent s'appliquent à tous les types de fièvre paludéenne.

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