ACCÈS DE FIÈVRE
surtout, et particulièremenL poui- les fièvres de Rome, elle peut ne pas s'appli(iiior à LouLes les contrées impaludées du globe. On ne pcutnietlrc on doiilo quelle ne repose sur un substratum de laits; on ne peut pas davantage douter qu elle ne s'applique, dans beaucoup de cas particuliers, à la fièvre paludéenne telle qu'on la rencontre sur toute la surface du globe. Mais, en s'appuyant sur des faits cliniques, il semble qu'on soit en droit de penser qu'il y a d'autres variétés ou espèces d'hématozoaires en plus de celles décrites parles Italiens, et que la liste que nous en avons donnée doive être dans l'avenir augmentée ou refondue. Des personnes ayant, d'après leur propre cas, une grande expérience des fièvres paludéennes, nous ont dit qu'elles pourraient faire des distinctions d'après leurs sensations et d'après les symptômes entre les fièvres des différents pays. Par analogie, nous croirions volontiers que ces différences cliniques sont dues à des différences dans les parasites qui les produisent. Quelle énorme difTérence, par exemple, entre la fièvre hémoglobinurique de l'Afrique et les fièvres bilieuses rémittentes de l'Inde! N'est-il pas probable qu'elles sont produites par des parasites spécifiquement distincts, ou au moins par des variétés de parasites plus ou moins définies ?
Phénomènes cliniques de la fièvre palustre
Avant de procéder à la description des divers parasites et des fièvres qui leur sont associées, il faut d'abord placer ici certaines généralités pour éviter les répétitions.
Fièvre intermittente. — Chaque fièvre palustre typique se compose d'une série d'accès . revenant à des intervalles bien définis de vingt-quatre, quarante-huit ou soixantedouze heures. Chaque accès comprend un stade de frisson, lin stade de chaleur et un stade de sueur, auxquels succède
une période appelée « intervalle » d'apyrexie absolue ou relative. La durée et Tintensité de ces divers stades varient considérablement. En général, il y a une certaine proportion entre eux : plus prononcé est le stade de frisson, plus élevée est la fièvre et plus profuses sont les sueurs. De telles attaques, avec des intervalles bien marqués d'apyrexie, sont désignées sous le nom de « fièvres intermittentes. »
Période prémonitoire. — Avant que le frisson ne se produise, etquelquefois plusieurs jours avant que la maladie ne se déclare, il peut y avoir une période prémonitoire caractérisée par de la lassitude, un besoin de s'étirer et de bâiller, des douleurs dans les os, du mal de tête, de fanorexie, parfois des vomissements, parfois une sensation d'eau froide coulant le long du dos. Si on prend la température à cette période, on trouvera une légère élévation, quelquefois deux ou trois heures avant que d'autres symptômes plus frappants n'éclatent.
Stade de frisson. — Lorsque le frisson s'établit, une sensation de froid se répand sur tout le. corps, devenant si intense que les dents claquent et que le malade est secoué par des frissons de la tête aux pieds. Il cherche alors à se couvrir avec tout ce qui lui tombe sous la main: Les vomissements peuvent devenir incessants. Les traits sont tirés, la peau est bleuâtre et paraît froide, les doigts sont ridés. Mais la sensation de froid est entièrement subjective, car si on prend la température on la trouve déjà supérieure de plusieurs degrés à la normale et montant rapidement. Chez les jeunes enfants, il n'est pas rare à cette période de constater des attaques convulsives; fait important, qu'il faut avoir présent à l'esprit, car on peut prendre ces attaques pour de l'épilepsie.
Stade de chaleur. — Au Ijout d'un certain temps, les frissons cessent graduellement, alternant d'abord avec des IjoufTées de chaleur, puis remplacés bientôt par une sensation persistauLe de chaleur intense et de malaise fébrile.
ACC/'J'S PALUDICEN
Le malade, ([ui aiiparavaiil éli-eignail Ibiicnieiit ses couvertures, les rejette inaintenaut; la face se congestionne; le pouls devient rapide, plein et bondissant; la céphalalgie l)eiit ôtre intense, les vomissements fréquents, la respiration accélérée, la peau sèche et brûlante ; le thermomètre peut atteindre 40°) 4i° ou môme au-dessus.
Stade de sueur. — Après une ou plusieurs heures de cette pénible situation, le malade se met à transpirer d'une manière profuse, la sueur ruisselant littéralement de sa peau et inondant ses habits et son lit. La fièvre tombe rapidement après l'apparition de cette diaphorèse, les vomissements, la soif et le malaise produit par la fièvre faisant place à une sensation de soulagement et de repos. Puis la transpiration ayant cessé, le malade peut se trouver tout à fait bien, un peu fatigué peut-être, mais capable de retourner à ses occupations. La température du corps descend alors souvent au-dessous de la normale et peut y rester jusqu'à l'accès suivant qui survient un, deux ou trois jours après.
Durée de Vaccès. — La durée d'un accès de fièvre et des divers stades qui le constituent est extrêmement variable. On peut lui assigner en moyenne entre six et dix heures, le stade de frisson durant environ une heure, le stade de chaleur de trois h quatre et le stade de sueur de deux à quatre heures.
Les urines peudaiiL L'accès. — Pendant la période de frisson, les urines sont souvent limpides et abondantes et fréquemment émises; mais pendant les stades de chaleur et de sueur elles sont rares, chargées, parfois albumineuses. La teneur en urée est augmentée, surtout pendant la période de frisson, et il en est de même des chlorures. Les phosphates, au contraire, diminuent pendant les stades de frisson et de chaleur et augmentent pendant la défervescence.
L'augmentation de l'excrétion de l'urée commence plu-
Patiuck Manson. — Mnlndios dos pnys chauds, 5
sieurs heures avant les symptômes subjectifs, atteint son maximum vers la fin du stade de frisson et décroît pendant les périodes de chaleur et de sueur, bien que continuant encore lorsque le malade est revenu à l'état normal. L'excrétion d'acide carbonique suit une marche correspondante. Le D'' Sydney Ringer fut le premier à observer ce fait intéressant que, lorsqu'on réussit à empêcher le retour de la fièvre par l'administration de quinine, on note cependant, durant un certain temps, une augmentation périodique dans l'excrétion de l'urée, précisément les jours où devait éclater l'accès. Les urines sont souvent fortement colorées, donnant avec l'acide azotique la coloration caractéristique du pigment biliaire, ou la teinte brune décrite par Giibler sous le nom d' « hémaphéique ». La glycosurie peut se rencontrer, mais elle est assez rare.
Etat de la rate peiidaiU V accès. — La rate augmente plus ou moins de volume pendant la période de frisson. Cet engorgement disparaît d'abord dans l'intervalle des accès, mais ne tarde pas à devenir plus ou moins chronique, surtout si les accès reviennent fréquemment, plus spécialement s'ils s'accompagnent d'une cachexie marquée.
Moment de la journée où commence l'accès. — Les deuxtiers des accès de fièvre débutent entre minuit et midi. C'est un point important dont il faut se souvenir pour établir un diagnostic, surtout si l'on a à envisager la possibilité d'accès fébriles récurrents dépendant de maladies telles que l'abcès du foie, la tuberculose, une infection septique — maladies, fait à noter, dans lesquelles le retour de la fièvre se produit presque invariablement l'après-midi ou le soir.
Fièvres atypiques. — On rencontre très souvent des cas dans lesquels plusieurs des symptômes déjà décrits sont très atténués; par exemple, une sensation de froid suivie de fatigue et revenant périodiquement, ou un léger mal de tête, ou une fail)lc élévation de température, sont les seuls