‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 119 sur 136 · PIN TA · texte numérisé non relu

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Définition. — Maladie épiphytique caractérisée par une pigmentation particulière de la peau par plaques.

Distribution géographique. — Dans certaines régions de TÀmérique tropicale — particulièrement sur les bords des rivières du Mexique, de l'Amérique Centrale, du Vénézuéla, de Colombie, de Bolivie, et dans une ou deux localités du Pérou, du Chili et du Brésil (le district situé entre les rivières Juciparana et Santo Antonio ; Magalhàes, — lettre privée) — existe une maladie cutanée caractérisée par la formation de taches particulières, rouges, ou bleues, ou noires, ou blanches, sur une région ou sur la surface entière du corps. Le malade émet une odeur désagréable, qu'on a quelquefois comparée à celle d'un chien galeux ou à celle du linge sale. La desquamation et la démangeaison au niveau des taches sont aussi des symptômes de la maladie. Elle ne produit aucun trouble constitutionnel et aucun danger pour l'existence. Comme les autres maladies épiphytiques, le défaut de propreté personnelle joue un grand rôle dans la diffusion de la pinta dans les régions indiquées ci-dessus, car elle est rare chez les blancs soigneux et chez les nègres aisés ; les hindous malpropres sont les plus atteints. Dans certains districts elle se produit chez le dixième environ des habitants, dans d'autres chez la presque totalité de la population. Récemment une maladie assez semblable a été constatée dans le nord de l'Afrique (Legrain, Arch. de Parasit., janv. 1898) e).

(') Il csl difficile, d'après celle descriplioii, de d^lerminor la nalurc exacle de h. maladie observée par Legraiii. Elle commence par une fièvre violente qm dure huit jours, et il laquelle succède un malaise qui persiste pendant plusieurs semaines. Puis il se produit uné démangeaison, et peu à peu une desquamation furfuracoe des parties prurigineuses et une achroinic graduelle. Legrain affirme que la ma-

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La pinla débule par un ou doux poinls ; le i-esle de la surlace s'infecte tour à tour par extension ou par auto-inoculation. En premier lieu les mains, ou la lace, ou quelques aulres régions exposées, sont atteinles. La tache primitive peut être blanche, rouge, bleue ou noire. Elle augmente graduellement, devient i'urfuracée et prurigineuse, particulièrement lorsque la peau est chaude. A mesure que les taches s'étendent, elles prennent des forines diverses. Les taches récentes apparaissent dans le voisinage des précédentes, avec lesquelles, au bout d'un certain temps, elles tendent à se confondre; de sorte qu'à la fin, de larges étendues de peau sont décolorées. Les paumes des mains et les plantes des pieds ne sont pas attaquées. Sur le cuir chevelu envahi par la maladie, les cheveux deviennent blancs et minces et finissent par tomber. Lorsque la maladie est bien développée, elle donne au malade un aspect très grotesque. Il est probable que les plaques blanches ne sont pas toujours épiphyliques, car elles ne sont pas le siège de démangeaisons ni de desquamation; elles sont très probablement le produit d'une leucodermie ordinaire causée par un défaut de pigmentation de la peau dû à un parasite qui est mort dans la suite. La sensibilité et les fonctions glandulaires de la peau ne sont pas troublées. En conséquence du grattage, les régions impliquées peuvent se fendiller et s'ulcérer.

On a distingué deux types de pinta: une forme superficielle et une forme profonde. La forme superficielle comprend les plaques blanches et bleues qui s'étendent rapidement; la forme profonde comprend les plaques rouges et noires qui paraissent envahir le derme et les couches profondes de Tépiderme, s'étendent plus lentement, et: sont en môme

Indie n'est pas le vililigo ordinaire. 1! dit aussi avoir vu ù Tripoli une affeclion de la peau, ascc coloration spéciale, qui présentait les caractères cliniques de l i pinta et se produisait sous loruie de petites épidémies dans des maisons particulières. Les résultats de l examcn niicroscoiiiquo des squames furent négatifs 11 est possible que celte maladie soit identique à celle décrite dans le Jotirn of Tron Mécl, en novembre iScjg, par Sandwilh, qui l'a observée en Égyptc.

lemps plus difficiles à guérir. Les diverses formes el couleurs peuvent coexister chez un môme individu; mais une tache donnée, une fois établie, ne change pas de couleur.

La pinta est contagieuse, et altac|ue tout .individu sans distinction de sexe ni d'âge. Si on ne la traite pas avec efficacité, elle peut (lurer plusieurs années.

Pathologie. — Si Ton humecte une squame avec une solution de potasse et qu'on la place sous le microscope, on y remarquera des spores noires et un mycélium blanc, très réfringent. Les spores sont rondes ou ovales, et mesurent 8 [j. à 12 [jl de diamètre. Elles contiennent un liquide jaunâtre dans lequel flotte un pigment abondant. Les filaments mycéliens sont courts, non ramifiés, se rétrécissent à partir d'une base large jusqu'à une extrémité mousse par laquelle chaque filament s'attache à une spore séparée, comme une queue de cerise à son fruit. Le mycélium mesure de 18 [j. à 20 u de long sur 2 [j. de large. Les différences de coloration des plaques dépendent probablement de différences dans la pigmentation, ou dans l'espèce du fungus. Telle est la description que Gastambide a donnée du parasite, et qui est confirmée jusqu'à un certain point par le D'' Osborne Brown dans le Joiirii. of Trop. Med. (janvier 1900).

Montoya y Florez [Recherches sur les ca ratés cLe Colombie, 1898) a publié une description très détaillée de la maladie et des diverses colonies mycosiques qu'il a trouvées dans les variétés de pinta qu'il a étudiées. 11 dit n'avoir jamais observé de fungus répondant à la description de Gastambide. En plaçant les squames imbibées de solution de potasse sous le microscope, il a vu de longs filaments divisés dichotomiquement, généralement très fins et cylindriques, parfois granuleux et moniliformes. En certains points, le mycélium forme un réseau serré. Çà et là de véritables cordages de mycélium sont visibles, ailleurs des filaments courts et épais avec une

spoi'ulalion caractérisliqiie de la variété parliculière de |)hita que Ton éliidie (fig. io3). Cet auteur a réussi à cultiver

Fig. io3. — l'^ruclincaliou du lilament mycélien dans la pinla [d'après Monloya y Florez).

I, pinla rouge; a, pinla violet-foncé; 3, pi„ta violel-gris ; pi„ta bloue.

les divers fungus, qui appartiennent probablement à plusieurs espèces : Pénicillium, Aspergillus, Monilia.

Diagnostic. - Cette maladie se distingue facilement de

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