‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 127 sur 136 · SANGSUES · texte numérisé non relu

SANGSUES

Dans les landes broussailleuses de plusieurs pays tropicaux et sus-tropicaux existent souvent en abondance des sangsues terrestres, probablement d'espèces variées ; en certains cas leur présence constitue un véritable fléau. UfJœmadipsa ceylonica est une des plus dangereuses, ainsi que des plus connues. A jeun, elle a environ 3 centimètres de longueur et à peu près l'épaisseur d'une aiguille à tricoter. Elle se fixe à une feuille ou à une branche d'arbre, attendant le passage d'un animal, sur lequel elle se jette avec une agilité remarquable ; elle s'attache aussitôt à la peau et se nourrit de sang. Des animaux succombent parfois à ces hémorragies ; on a même cité des exemples d'hommes morts de la même manière. Il est donc nécessaire, lorsqu'on traverse les contrées où abondent les sangsues, de protéger avec soin ses jambes et ses pieds. Leur piqûre est assez souvent le point de départ de plaies désagréa])les.

Dans le sud de l'Europe et le nord de l'Afrique, la sangsue du cheval, Ihrmopsis sauguisuga, pénètre quelquefois dans le pharynx et dans les narines de l'homme aussi bien nue

7i8 MALADIES DK LA l>KAr

dans ceux des animaux. Il y a ou des cas de mort par asphyxie dus à la présence de ce parasite. A Formose, j'ai beaucoup entendu parler et j'ai été témoin plusieurs Ibis d'une semblaljle l'orme de parasitisme, à la Ibis chez l'homme et le singe. J'ignore à quelle espèce particulière appartenaient ces sangsues. Evidemment elles avaient été ingérées avec l'eau de boisson, étant encore très jeunes et avaient passé inaperçues ; puis, errant dans l'arrière-bouche, elles avaient trouvé une issue vers le nez. Parfois, dans les cas auxquels je fais allusion, l'animal, sortant des narines, apparaissait sur la lèvre supérieure. Pendant longtemps, ces parasites réussissaient à échapper aux tentatives de capture. On les incitait à se montrer à l'extérieur en plongeant la fioure dans l'eau froide. Dans un cas la sangsue est tombée spontanément. Dans un autre (chez un naturaliste américain qui avait beaucoup voyagé dans l'intérieur de Formose et qui avait beaucoup souffert d'une violente céphalée et d'une anémie profonde résultant d'épistaxis fréquentes), je réussis à expulser la sangsue en fixant, à l'aide d'un spéculum, son extrémité postérieure par une pince et en injectant ensuite de l'eau salée. Il faudrait donc se rappeler que dans les pays tropicaux, un mal de tète persistant, associé à des épistaxis répétées, peut être du à la présence d'une sangsue dans les fosses nasales.

Page 1