TRAITEMENT DE LA MALARIA
Quinine. — Beaucoup de médicaments ont été essayés dans le traitement des affections paludéennes et beaucoup d'entre eux ont quelque influence sur leur développement ; mais leur action est insignifiante lorsqu'on la compare à celle de la quinine. Dans les cas graves, employer tout autre médicament que la quinine est une coupable légèreté. En conséquence, aussitôt que le diagnostic de paludisme a été fait, à moins qu'il n'y ait de contre-indication manifeste, le premier devoir du médecin est de donner de la quinine. II y a plusieurs façons d'administrer ce remède ; mais, quelle que soit la voie choisie, il faut s'assurer que l'absorption a bien lieu. Si le malade ne peut pour une raison quelconque, telle que difficulté d'avaler ou vomissements persistants, prendre la quinine par la bouche et que son état actuel soit grave, on administrera le médicament par la voie rectale ; mais si les circonstances sont telles qu'il faille obtenir une action rapide, on devra injecter la quinine par la voie hypo-* dermique ou intraveineuse.
A quel moment el à quelle dose donner la quinine dans les cas ordinaires. — Pendant le paroxysme d'un accès de fièvre intermittente ordinaire, il vaut mieux, avant de donner la quinine, attendre que les stades de frisson et de chaleur soient passés et que le malade commence à transpirer. Un accès de fièvre, une fois commencé, ne peut être coupé court par la quinine, et l'administration de quinine pendant
K MALARIA i5o
les prenners stades de la fi.Ve augmente ^^J^ff^^^ le malaise général ; mais aussitôt que la P-;-\ ' " moite et que la température commence a tombei, il iaul se p;;'se de don-'-l' médicament. On administrera de pre- ? "n 60 centigrammes en solution au dél.ut de la tra, piration et ensuite 3o centigrammes chaque cmq o s .
Lures pendant les ^^^j^Z ^ untr-ne
méthode presque toujours «n"^»^- ' di„,i„uera mera pas toujours l'accès suivant, mais '^"^ presque sûrement l'intensité. Dans 99 P- '"^ ''^^ sième accès ne se produira pas. j-^dn^inistrer un
Lorsqu'on prescrit la quinine il -^J^- f;" ,,3 purgatif léger et de faire couehei le » » '^^ ordinaires, la purgation et le repos au 1 1 ne sont p
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prévenir les rechutes, i'ordonne u malac^, rencontré dans le sang des toimes en ■ -hutessont«qi...ès en p^^^^^^^^^^^ „. dication tonique un joui pa prendre ,U,„e ordinairement le ''"-"f ^Jj^^^'^^rsoude ou sels de le matin un léger P«g»^'f ^f^^^lTg animes de quinine Carlsbad) et trois d;- ;^^^^^^^ peuvent être pris penaans la f;.: / : suite' et, apr.s un intervalle
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d'une semaine, pendant une autie 1
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tinuei" à prendre le purgatif et les trois doses de quinine hebdomadaires pendant six semaines ou deux mois.
Doses de quinine : effets toxiques. — Il y a une grande divergence d'opinions et de pratique sur la dose de quinine à administrer. Certains médecins donnent i gr. 5o à la fois, d'autres 20 centigrammes. A mon avis, la première dose est trop forte dans les cas ordinaires, la seconde trop faible. Il ne faut jamais perdre de vue que parfois la quinine a des effets alarmants : elle peut produire non seulement des bourdonnements d'oreilles et des troubles de la vue, mais une véritable surdité et même de l'amblyopie, symptômes qui peuvent persister longtemps et rester même permanents. La quinine peut également produire une forte dépression cardiaque et même la mort par syncope. L'urticaire est un autre effet produit assez souvent par des doses même minimes de quinine ; certains malades ne peuvent prendre le médicament sans ressentir cet inconvénient, et préfèrent supporter la maladie plutôt que d'endurer l'irritation intolérable produite par le remède. Mon avis est qu'on ne gagne rien à employer des doses excessives ; dans les circonstances ordinaires, une dose de 2 grammes répartie sur deux ou trois jours est d'ordinaire amplement suffisante pour couper une fièvre intermittente.
Pour les enfants au-dessous d'un an, 3 centigrammes en une dose suffisent ; pour les enfants plus âgés, on augmentera la dose proportionnellement à l'âge et k la force du malade.
Si ce que l'on croit être un accès paludéen résiste aux closes de quinine indiquées ci-dessus, il est prudent de relaire le diagnostic.
Quinine pendant la grossesse. - On prendra de grandes précautions en donnant de la quinine à des femmes enceintes car sûrement elle produit parfois l'avortement. L'état de grossesse, néanmoins, ne contre-indique pas absolument ••^age de la (,u,nine; mais, <laus ces circonstances, on don-
nera la dose minuiium capable de produire un effet, c'est-àdire 20 centigrammes répétés chaque huit heures, pendant deux jours. Une femme enceinte courra plus de risques d'avortement et de mauvaise santé du fait d'accès de fièvre répétés que du fait d'une dose raisonnable de quinine.
Quinine dans L'état puerpéral. - C'est une sage précaution dans les contrées palustres que de donner quelques doses de 3o centigrammes de quinine durant le travail ou peu de temps après. L'état puerpéral semble avoir pour effet, au même titre que n'importe quel traumatisme ou effort physiologique, de réveiller l'hématozoaire sommeillant. Une dose ou deux de quinine dans ces conditions ne font pas de mal et peuvent en coupant une fièvre menaçante détourner la souffrance et l'inquiétude, sans parler du danger .
Modes d'administration de la quinine. - La quinine sera donnée de préférence en solution, et probablement le meilleur sel à employer est le chlorhydrate, car il contient une plus grande proportion d'alcaloïde que le sulfate. Quelques médecins, pensant que l'acide bromhydrique empêche les bourdonnements d'oreille qui accompagnent 1 usage Irequent de la quinine, préfèrent comme dissolvant cet acide à l'acide sulfurique. Lorsque la langue est suffisamment propre et que la digestion n'est pas complètement troublée, [a quinine peut être donnée en pilules fraîchement prep rée , en tablettes, en cachets ou dans du papier a cigarettes mais dans les cas graves, surtout lorsque la langue chargée et que la digestion se fait mal, on ne doit pas se he aux pilules et aux tablettes. Dans ces circonstances, elles ont de grandes chances dépasser à traders d'appcLitre dans les selles sans être altérées. Dans les ca. graves on ne doit pas courir ce risque. ^ Le lait comme excipient de la quuune. - Si le go t de quinine est difficilement supporté, une bonne façon de la Cire prendre est de l'administrer en poudre dans une cu l :i Celait, après que le malade aura lubriHé sa bouclio
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avec un peu de pain et de beurre. De cette manière, l'amertume de la quinine n'est pas perçue. C'est de beaucoup la meilleure façon de faire prendre la quinine aux enfants.
InjecUon hijpodemiique de quinine. — Dans n'importe quel type de fièvre palustre, si les vomissements persistent et si le cerveau est atteint, ou si le malade est insensible et ne peut ou ne veut pas avaler, on devra avoir recours à l'injection hypodermique de quinine.
Dans tous les cas où la vie est en danger imminent et où il est de toute nécessité d'obtenir le plus rapidement possible une action du médicament, il faut administrer la quinine par la voie hypodermique ou plutôt intramusculaire. Cette méthode d'administrer la quinine est parfois douloureuse et on court le risque de produire un abcès; mais, dans de telles circonstances, ces risques comptent peu. Le sel de quinine qui convient le mieux pour les injections hypodermiques est le chlorhydrate, et de préférence le chlorhydrate acide (5 de sel pour lo d'eau), qui est soluble dans moins que son propre poids d'eau. Le bromhydrate est également soluble. Si l'on n'a sous la main aucun de ces deux sels, on peut employer le sulfate qui devient soluble lorsque l'on ajoute la moitié de son poids d'acide tartrique On emploiera en injection hypodermique une solution de 60 centigrammes à i gramme de sel dans de l'eau stérilisée; dans les cas graves, on donnera trois fois cette dose dans les vingt-quatre heures. L'aiguille sera bien enfoncée, soit profondément dans le tissu conjonctif souscutané, soit de préférence dans les muscles des régions fessière ou scapulaire, en ayant soin d'aseptiser soigneuse-
ralo cf:^;;;;tc oS;;;.'" y'"^ '^'•'V^"-?- ^-^l - clos meillcu,-s est le bichlo- , q"'>"nc et durée, se trouvent niai.ileiu.nt dnns le commeroo on lnhl..if..c pec,alen.ent préparées pour Tinjeclion hypodermique. (^^^^.^^^1^
malaria
ment la peau. La solution devra être fraîchement préparée et bouillie, et la seringue et Taiguille complètement stérilisées. Dans les cas de fièvres pernicieuses de Rome, on administre parfois jusqua 4 grammes de ^quinine en deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures [').
Benson {Traiis. First Iiidiaii Med. Coiig.), s'appuyant sur une expérience de iSgo cas, dit que Tinjection hypodermique de quinine est de beaucoup le moyen le plus efficace, ■ comme le plus économique, de traiter les fièvres paludéennes. Il se servait du sulfate de quinine dissous dans Feau à l'aide de l'acide chlorhydrique, le titre de la solution étant de I gramme pour 4; il en injectait i centimètre cube entre les deux épaules ou sur la face interne du bras. Sur 6i4 cas ainsi Lraités, il ne survint aucun accident fâcheux, une seule injection suffisant d'ordinaire. Le D'- George Watt rapporte un cas datant de huit ans, qui avait été traité sans succès par la quinine administrée par
(.) Solubilité et valeur thérapeutique des sels de quinine :