‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 97 sur 136 · LES FILAIRES ET LA FILARIOSE · texte numérisé non relu

LES FILAIRES ET LA FILARIOSE

Historique. — Nos connaissances sur cette question datent de la découverte par Demarquay, en i863, d'un nématode embryonnaire — Filaria iioctania — dans le liquide laiteux d'une hydrocèle chylease (p. 588). Plus tard, en 1866, Wûcherer trouve le même organisme dans l'urine de nombreux chyluriques. En 1870, Lewis fit une semblable observation en Inde. Deux ans plus tard, en 1872, ce dernier auteur découvrit que le sang de l'homme était l'habitat normal de ce parasite embryonnaire qu'il nomma, en conséquence, Filaria saiigidiiis homiiiis. Depuis cette époque la question s'est rapidement développée, et son énorme importance pratique en pathologie tropicale commence à être lentement admise. Récemment l'auteur a montré que la filaire de Lewis n'est pas le seul ver qui vive en parasite dans le sang de l'homme, et que la circulation peut renfermer les embryons d'au moins quatre espèces distinctes, peut-être cinq ou même davantage, de nématodes.

Nomenclature. — A la suite de la découverte d'un si grand nombre de parasites nouveaux et semblables, il a semblé nécessaire de modifier la désignation originale de la filaire de Lewis. J'ai proposé d'appeler celle-ci Filaria nocturna. J'ai nommé les autres filaires du sang : Filaria diuriia, Filaria perstaiis, Filaria demarquaii, Filaria ozzardi (espèce douteuse), et enfin j'ai donné à une sixième, qui peut-être se rattache aux deux dernières, l'appellation de Filaria magalhàesi, d'après le nom de celui qui l'a décrite.

Importance pathologique de ces parasites. — Parmi ces parasites, deux seulement, autant qu'on peut l'affirmer

HISTORIQUE ^3(j

actuellement, paraissent avoir une influence pathologique importante: la Filaria iiocturna, forme embryonnaire de la Filaria bancrofti, parasite adulte vivant dans les lymphatiques de rhomme ; et la Filaria perstaiis, embryon d'un parasite dont la l'orme adulte n'a été découverte que récemment. La signification pathologique de la dernière est encore douteuse. Il n'y a aucun doute sur l'importance en pathologie tropicale de la /^'iYrtn'a /ioc^if/via et de sa forme adulte ; on a de nombreuses raisons de croire quelle est la cause de la chylurie endémique, des formes variées de varices lymphatiques, de l'éléphantiasis des Arabes et probablement d'autres maladies ti'opicales encore obscures.

Filaria nocturna {Filaria bancrofti).

Distribution géographique. — La distribution géographique de la Filaria nocturna est très étendue. On l'a trouvée à l'état de parasite indigène dans presque tous les pays tropicaux et sus-tropicaux, ses limites étant au nord l'Espagne en Europe, Gharleston aux Etats-Unis ; au sud Brisbane en Australie. Dans de nombreuses régions, jusqu'à lo p. loo, et, dans d'autres, la moitié de la population le renferme. Je me suis assuré qu'un tiers des habitants d'un district au moins de l'Inde — celui de Gochin — présentent probablement ce parasite. Dans certaines des îles delà mer du Sud, Samoa par exemple, une bonne moitié de la population en est atteinte. Thorpe a montré {Brii. Med. Journ., 3 oct. 1896) que, dans les îles des Amis, 32 p. 100 renferment la filaire. Le tableau ci-dessous, dressé d'après un grand nombre d'observations chez les indigènes de certains pays tropicaux, donnera une idée de l'étendue du territoire où vivent les diverses filaires du sang et du degré de leur abondance dans les régions mentionnées.

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