I. — ENDOMYXÉES
Le groupe des Endomyxées ne renferme pas à proprement parler de parasites des plantes ; ce sont des Champignons qui vivent aux dépens des végétaux en décomposition; cependant certains peuvent devenir nuisibles, surtout dans les serres, où ils se répandent sur les plantes, les recouvrent de leurs plasmodes et de
Planche VI.
Myxomycètes.
Fuligosepllca. — 1. Plasniode à l^élat naturel (réduit). — i. Plasmod développé sur une plante en serre (réduit). —3. Coupe longitudinale du plasniode fructifié. —4. Le capiliitiuni : n, un nœud. — o, a, h, c, c', d, e, f, IMiases successives du développement de la spore (d'après de Bary). — 6. Ua niyxaniibe volumineux en voie de division (d'après de Bary). — 7. Un jeune plasmode ; /'a% pseudopodes; N, noyaux ; CE, corps étrangers inclus îréduit et schématisé). — 8, Un myxamibe volumineux (d'après de Bary). — 9. Ua myxamibe enkysté ; V, vacuoles (d'après de Bary).
C6 MALADIES GRYPTOGAMIQUES.
leurs fructifications, les salissent, et même, quoique ne pénétrant pas les tissus, leur nuisent à la façon des fumagines, en obstruant les stomates et interceptant la lumière, gênant ainsi la respiration et la fonction chlorophyllienne.
Nous prendrons comme type le Fuligo sepiica (1), ou Champignon de la Tannée, espèce répandue, assez fréquente dans les serres (pi. VI).
Le plasmode, de couleur jaune, peut atteindre et même dépasser le volume d'une grosse orange. La forme en est fort inconstante, car, pour progresser, le plasmode émet des prolongements ou pseudopodes, dans lesquels s'accumule la partie la plus dense du protoplasma, et c'est par ce mécanisme que s'établit le mouvement de toute la masse ; ce mouvement, analogue à celui des amibes, est dit amiboïde. Les pseudopodes varient de forme à tout instant, suivant la direction de la force active provoquant le mouvement ; le plasmode est, en effet, sensible à des influences variées (pesanteur, humidité, lumière) et est doué de propriétés chimiotactiques. Il est susceptible de digérer certaines substances, comme les substances quaternaires ; mais il laisse intacts les grains d'amidon qu'il englobe dans ses mouvements. Enfin il renferme des granules de carbonate de chaux.
Sous l'influence de conditions mauvaises, le plasmode cesse de se mouvoir, rentre tous ses prolongements et se divise en autant de masses qu'il renferme de noyaux ; chacune d'elles s'enveloppe d'une membrane de cellulose. Toutes ces masses de consistance cireuse ou cornée forment un kyste, qui peut être assez volumineux, se conserve parfois pendant un certain nombre d'années et peut reprendre sa végétation quand les conditions redeviennent bonnes.
(1) Diverses espèces voisines (Pliyaarum, Spumaria, etc.) peuvent iiuii-e aux plantes cultivées en agissant comme le Champignon de la Tannée.
PLASMODIOPHORÉES. 67
Lorsqu'il est arrivé à sa période de fructification, généralement le plasmode s'élève s'il rencontre un support vertical, ou en tout cas il se dispose à la surface et y adhère fortement. La fructification est un sporange, qui forme une espèce de gâteau à membrane extérieure mince et sans structure cellulaire, pouvant atteindre 0°^,30, différencié à l'intérieur en filaments anastomosés, le capillitium, dans les mailles desquels sont de nombreuses spores noirâtres. Ces organes, capillitium et spores, résultent de la différenciation du plasmode, dont les nombreux noyaux, entourés de protoplasma, s'enveloppent chacun d'une membrane.
Les spores germent sur leur support naturel. Pinoy a démontré récemment que la présence de certaines Bactéries facilitait beaucoup cette germination et aussi îa culture des Myxomycètes en milieu artificiel.
Pour germer, la spore déchire sa membrane, épanche en dehors son contenu sous forme d'une petite masse nue pourvue d'un long cil vibratile ; bientôt cette zoospore perd son cil, devient une masse protoplasmique se mouvant par reptation, une myxamibe. Si l'aliment est convenable, si les autres conditions biologiques sont bonnes, chaque myxamibe se divise, protoplasma et noyau, un certain nombre de fois. La fusion des myxamibes en un corps unique constitue le plasmode qui renferme autant de noyaux qu'il y a de myxamibes ayant concouru à sa formation.