I. — HÉTÉROBASIDIÉES
Les Hétérobasidiées comprennent tous les Basidiomycètes à baside cloisonnée, ainsi que quelques-uns à baside continue, mais chez lesquels l'évolution de la basidiospore se fait comme pour les premiers , c'est-à-dire par production de spore secondaire.
416 MALADIES CR YPTOGAMIQUES.
Les Hétérobasidiées renferment plusieurs familles, mais une seule a un intérêt en pathologie végétale, celle des Auricular lacées, caractérisée par le cloisonnement transversale de la baside (pi. XIV, fig. 2). C'est la seule où se trouvent des espèces parasites; celles-ci constituent un groupe important que de Bary avait nommé Hypodermées, terme impliquant l'idée que ces Champignons forment leurs spores sous l'épiderme de la plante-support. Les Hypodermées renferment les deux familles déjà anciennement établies, Urédinées et Ustilaginées ; leur parenté avec les Auriculariacées, étant donnée l'analogie complète de la forme des basides dans les deux cas, est maintenant acceptée par tous les mycologues.
En général, les Hypodermées présentent à un stade de leur évolution un organe qu'on a longtemps considéré comme une spore ordinaire (téleutospore chez les Urédinées) et que Van Tieghem a très heureusement qualifié du nom de probaside. C'est dans cet organe que se fait la fécondation ou l'acte qui en a la valeur physiologique ; puis la probaside devient un kyste, capable de se détacher de son support, en attendant les conditions favorables à son développement ultérieur, d'où sortira directement la baside cloisonnée. L'exospore se déchire, et la baside sort tapissée par l'endospore. Le noyau de la probaside passe dans la baside, y subit deux bipartitions successives dans le sens longitudinal, les nouveaux noyaux ne renfermant plus que deux chromosomes, tandis que le noyau unique de la probaside en renfermait quatre ; il y a eu réduction chromatique. Entre les quatre noyaux de la baside apparaissent des cloisons ; puis chaque cellulepousse un stérigmate latéral qui se renfle en une basidiospore ; le noyau de chaque cellule émigré dans la basidiospore en s'étirant pour traverser le stérigmate. La basidiospore est donc uninucléée. Avant qu'on considérât les Hypodermées comme des Basidiomycètes, Tulasne, qui le premier observa la germination de la probaside, appelait
Planche XIV, Basidiomycètes.
1. Basides jeunes du Polyporus versicolor : a, avant fusion des deux noyaux N, N' ; b, après leur fusion (fécondation) ; c, c', cœnosphères (amas de substance de réserve)? (d'après Dangeard).
'2. Baside d'Auriculoria mesenterica : h gauche à la fin de la division des noyaux: à droite, Laside adulte ; Bs, basidiospores; N, noyaux.
3. Germination d'. n basidiospore à'Auricularia par spore secondaire C. s.
4, Germination d'un basidiospore des Dncryornyces.
o. La probaside P et la baside B de S<ptobasidium pedicellatum : stades successifs de développement.
6. Téleutospore de Zaghounnia PhyUireœ : les stades successifs de développement de la baside D et des basidiospores B. s.
(Fig. 3, 4, 0 et 6, d'après Palouillard.)
la baside promycélium et la basidiospore sporidie, dénominations qui sont encore usitées.
La probaside est en relation avec le parasitisme ; cependant, dans certaines Urédinées, elle fait défaut (Coleosporium), tandis qu'elle existe plus ou moins bien caractérisée chez quelques Auriculariacées saprophytes, lola et surtout certains Septohasidium (pi. XIV, fig. 5), qui marquent très nettement la transition avec les Urédinées par l'intermédiaire du Zaghouania Phyllirese Pat. (pi. XIV, fig. 6).
Il faut ajouter que, chez les Hétérobasidiées saprophytes, la germination de la basidiospore s'accomplit par production de spore secondaire; chez les Hypodermées, le fait n'est pas aussi général, et même chez les Urédinées cette germination se fait toujours par l'intermédiaire d'un filament ; quoique cette particularité soit contraire à la définition générale que nous avons donnée des Hétérobasidiées, on ne peut cependant retirer les Urédinées de ce groupe, car c'est avec lui qu'elles ont le plus d'affinité, et elles se relient insensiblement avec les Auriculariées saprophytes par les Septohasidium pourvus de probaside.
En dehors des Hypodermées, les Auriculariacées ne renferment guère que des Champignons saprophytes; cependant il nous faut dire quelques mots du genre Helicobasidium, dont une espèce a été signalée sur la vigne.
Helicobasidiuin purpureuin Pat. — G. Boyer a étudié ce Champignon sur des Vignes du Vaucluse, dont les racines, le tronc et la base des sarments présentaient des lames, houppes ou cordons d'une belle couleur rosée ou violacée, rappelant l'aspect du rhizoctone de la Luzerne. Les fructifications se forment à la surface de ces organes et sont constituées par des basides plus ou moins courbées en crosse à leur sommet et cloisonnées transversalement; les basidiospores sont ovoïdes, incolores. Les vignes dépérissent et meurent rapidenient; mais il n'est nulle-
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ment prouvé que ce soit là le fait de V Helicobasidium, dont le mycélium est purement superficiel ; d'ailleurs la même espèce a été rencontrée sur d'autres plantes {Asarum europseum. Graminées, etc.), sur lesquelles elle ne vit pas en parasite.