‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 43 sur 156 · IV. - COLÉOSPORIÉES · texte numérisé non relu

IV. - COLÉOSPORIÉES

Les deux genres qui composent cette tribu, Coleosporium et Ochrospora, sont caractérisés par la structure de leurs téleutospores ; elles sont sessiles et dressées les unes contres les autres sur un seul rang, comme dans les Melampsora ; mais la phase probaside n'y existe pas ; aussitôt après la fusion des deux noyaux, la jeune téleutospore s'allonge, acquiert trois cloisons transversales, mais ne s'enkyste pas; elle conserve une couleur vive, orangée, et sa membrane reste mince. A la germination, qui se fait sur place, les quatre cellules, ou plus souvent seulement les supérieures, émettent à leur sommet un stérigmate ter-

miné par une basidiospore. L'ensemble est analogue à la baside des Auriculaires. En somme la téleutospore se transforme en baside au lieu d'émettre une baside.

Genre Coleosporium.

Les espèces de ce genre, qui ne diffèrent des Ochrospora que par leurs urédospores en courts chapelets et leurs basidiospores arrondies, sont hétéroïques et forment leur œcidium sur les Pins. L'œcidium a la même structure que chez les Cronariium, c'est un Peridermium.

On a distingué un grand nombre de Coleosporium, dont le mieux connu est le Coleosporium Senecionis.

Coleosporium Seiiecioiiîs(Pers.)Fries (pi. XXXI II, fig. 8-13). — Les urédo et téleutospores vivent sur les Séneçons [Senecio çulgaris, silvaticus, viscosus et peut-être Jacobsea). L'urédo forme de petites pustules jaunes, pulvérulentes ; les téleutospores sont agrégées en petites masses d'apparence cireuse, de coloration orcngée, qui soulèvent et déchirent l'épiderme ; alors se produit la germination.

Les expériences de Wolf (1872), puis de Cornu (1880) ont montré que la rouille du Séneçon était en relation avec un Peridermium {P. Pini, /. acicola Rab., P. ohlongisporium Fuck.) qui habite les aiguilles du Pin sylvestre et du Pin noir d'Autriche. Il apparaît au printemps sous forme de sacs allongés, blanchâtres, qui se déchirent irrégulièrement pour mettre les spores en liberté ; les seci- <liospores, qui naissent en longs chapelets, sont oblongues, verruqueuses, séparées par des cellules intercalaires bien nettes. Il existe aussi des ae^idioles qui forment des petits points d'un brun orangé.

Les dégâts causés aux Pins sont bien moins graves que ceux que produit l'secidium des Cronartium ; au bout de quelques semaines, la fructification tombe et il ne reste qu'une petite cupule qui se cicatrise en s'imprégnant de

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résine. Les feuilles atteintes persistent sur l'arbre presque aussi longtemps que les saines, mais tous les ans elles donnent naissance au Peridermium, dont le mycélium est vivace à l'intérieur des tissus de l'aiguille.

Bien d'autres espèces de Coleosporium ont un mode de vie analogue à celui du C. Senecionis et n'en diffèrent guère que par la plante sur laquelle se forment les téleutospores : Sonchus {Coleosporium Sonchi (Pers.) Lév.], Tussilage [C. Tussilaginis (Pers.) Kleb.], Campanules [C. Campanulse (Pers.) Lév.], Euphraises et Rhinanthes [C. Euphrasiêe (Schum.) Wint.], Mélampyre [C. Melampyri Rebent.) Kleb.], etc.

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