‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 44 sur 156 · II. — HOMOBASIDIÉES · texte numérisé non relu

II. — HOMOBASIDIÉES

Chez les Homobasidiées, les fructifications, souvent de grande taille, réalisent le type connu vulgairement sous le nom de «Champignon».

Le mycéhum se comporte de diverses manières : il peut végéter dans le sol chargé d'humus ou bien vivre en saprophyte sur des débris de végétaux morts ; plus rarement il est parasite de plantes vivantes et le plus souvent simple parasite de blessure.

Ce mycélium est formé tantôt d'hyphes libres, tantôt d'hyphes accolées et groupées de fa^on fort diverses : en tubercules, en lames, en cordonnets plus ou moins allongés et rameux (rhizomorphes). Ce mycélium agrégé prend le nom général de stroma. Les sclérotes ne sont que des stromas modifiés, dans lesquels se sont accumulées des réserves nutritives et qui sont passés à l'état de vie latente.

Au bout d'un temps variable, le thalle donne naissance à l'appareil sexué constitué par l'ensemble des basides, l'hyménium. Ces basides portent un certain nombre de stérigmates, généralement 4, terminés chacun par une basidiospore. Plus rarement on rencontre en outre

des organes de multiplication asexuée, des appareils conidifères (Polypores, Fistuline, etc.).

D'après la disposition de l'hyménium, les Homobasidiées se divisent en deux groupes comprenant un certain nombre de familles :

Les Hyménomycètes, à hyménium libre, externe ;

Les Gastéromy cèles, à hyménium enfermé dans un péridium (1).

Chez les Hyménomycètes, le groupe le plus important et le seul qui nous intéresse, la baside est le plus souvent en massue plus ou moins allongée ; très généralement elle porte quatre stérigmates se terminant chacun par une basidiospore toujours dépourvue de cloison et dont la forme, la dimension et la couleur varient suivant les genres ; à sa surface existe parfois un pore germinatif.

Souvent on trouve sur l'hyménium des cystides, cellules stériles, hyahnes ou colorées; comme elles émergent des parties profondes de l'hyménium, qu'elles naissent au-dessous des basides, il est rationnel de les considérer non comme des basides avortées, mais comme la terminaison de rameaux stériles.

L'évolution de la baside est assez simple chez les Hyménomycètes ; le noyau unique résultant de la fusion des deux noyaux de la baside jeune se divise deux fois de suite dans un plan perpendiculaire à l'axe de la baside, qui renferme alors quatre noyaux à deux chromosomes par suite de la réduction chromatique. La baside acquiert vers son sommet quatre stérigmates, qui bourgeonnent à leur pointe, produisant les basidiospores ; les noyaux émigrent Isolément vers celles-ci, s'étirent pour traverser le stérig-

(1) Les Gastéromy cet es sont de simples sapropliyles ; cependant G. Istvanll'y a signalé le parisitisme sur la Vigne d'une espèce qu'il rattache à Ylthijpfiallus impudicus (L.) Fr. et qui. d'après ses descriptions et ses figures, doit être rapportée à une forme très voisine, mais peut-être spécifiquement distincte, VIthyphallus imperialis (Schulzer). Le mycélium, agrégé en cordonnets, pénètre les racines ; le-, feuilles jaunissent et se dessèchent.

EXOBASIDIÉES. 189

mate et reprennent leur forme dans la spore. Généralement le noya*: se divise dans la basidiospore, qui à l'état mûr possède deux noyaux à deux chromosomes.

La basidiospore germe toujours par un filament qui paraît en général formé au début de cellules uninucléées ; plus tard le mycélium renferme dans ses éléments un synkarion ; c'est le cas des cordons mycéliens, des rhizomorphes, des sclérotes et toujours de l'appareil hyménifère. Quant aux conidies, elles sont uni ou binucléées suivant qu'elles proviennent d'un mycélium uni ou binucléé.

C'est sur les caractères extérieurs de l'hyménium que les Hyménomycètes peuvent être divisés comme il suit :

Exohasidiées, à hyménium disjoint (espèces toujours parasites des plantes vivantes) ;

Théléphorées, à hyménium placé sur une surface lisse ;

Clavariées, à hyménium porté sur des clavules simples ou rameuses ;

Hydnées, à hyménium placé sur des pointes, des verrues ou des granules ;

Polyporées, à hyménium placé à la face interne de pores non séparables de l'appareil hyménophore ou sur des lames ligneuses parfois anastomosées ;

Agaricinées, à hyménium placé sur des lames molles, rayonnantes, parfois anastomosées en pores ou formant des plis proéminents.

Page 1