‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 49 sur 156 · POLYPORÉES · texte numérisé non relu

POLYPORÉES

Les fructifications apparaissent sur les racines mortes ou à la base du tronc ; généralement elles sont résupinées ;. leur face stérile, plus ou moins accolée à la plante nourricière, est irrégulièrement bosselée, rugueuse, d'un brunchocolat, puis noire et brillante ; les tubes sont longs, blancs ainsi que la chair. Les spores ovoïdes, hyalines sont portées par des basides en massue. Ces réceptacles sont vivaces ; chaque année les tubes se remplissent d'un feutrage mycélien, qui, l'année suivante, produit une nouvelle couche de tubes superposée à l'ancienne.

En dehors de ces basidiospores, le Polyporus annosus peut aussi se reproduire par des conidies qui se forment tant sur les racines que dans les cultures artificielles (Brefeld) ; les conidiophores sont des filaments dressés, simples ou ramifiés, renflés à leur sommet, qui se couvre de conidies portées par de fins stérigmates.

Traitement. — Par son mode de vie et sa propagation souterraine, le Polyporus annosus s'éloigne des autres Polypores ; le traitement est celui que nous indiquerons pour les Pourridiés et notamment V Armillaria mellia, qui présente avec lui de grandes analogies dans son développement. Les tranchées faites autour des taches pourront arrêter l'extension du mal, pourvu qu'elles englobent tous les arbres atteints, même si aucun signe extérieur ne montre encore la présence du champignon.

Ajoutons que les forêts où les feuillus sont mélangés aux résineux sont moins gravement atteintes que les peuplements de résineux purs.

Polyporus {Ungulina) betulinus (Bull.) Fr. — Cette espèce, très répandue sur les Bouleaux, est capable de pénétrer par des blessures dans le tronc et les branches et d'en amener la destruction. Le mycélium envahit l'écorce, le liber et surtout le bois qui brunit, puis se décolore et se délignifie ; il n'en subsiste que la lame intermédiaire des membranes, de sorte que le tissu perd

toute consistance et se désagrège sous la simple pression des doigts. Les fructifications, qui apparaissent en été sous la forme de masses globuleuses blanches, sont mûres en automne ; ce sont des chapeaux épais à surface supérieure grise, lisse, et à face inférieure blanche.

Polyporus {Ungulina) fonientarius (L.) Fr. (pi. XXXVII, fig. 8-9). — Ce Champignon, connu sous le nom d'Amadouvier, s'attaque surtout au Hêtre, plus rarement au Bouleau ; il transforme le bois en une masse blanche, crevassée, sans consistance, où les éléments ligneux ont presque complètement disparu et sont remplacés par le mycélium du parasite ; toute cette partie atteinte est limitée par une ligne noire.

Les fructifications, qui peuvent atteindre de grandes dimensions, ont la forme d'un sabot de cheval ; la face supérieure est couverte d'une sorte d'écorce très dure, grise ou blanchâtre, marquée de sillons concentriques ; la face fertile est plane, jaune à maturité et formée par les orifices ronds et très petits des tubes ; la chair, de couleur ferrugineuse, a la consistance du liège ; les spores sont hyalines. Ces réceptacles, qui se forment en peu de temps (Mangin), sont persistants et produisent chaque année une nouvelle couche de tubes. Ajoutons que les chapeaux servent à la préparation de l'amadou.

Polyporus {Phellinus) îgniarius (L.) Fr.

(pi. XXXVIII, fig. 1). — Cette espèce, qui ressemble à la précédente, s'en distingue par ses chapeaux fauves à bord plus pâle et finement velouté ; la face inférieure est brune, la chair très résistante et ferrugineuse.

Le Polyporus igniarius attaque beaucoup de feuillus, Chêne, Saule, Hêtre, Charme, Peuplier, Poirier, etc. L'infection se fait par les branches brisées, souvent à la partie supérieure^ des arbres ; le mycélium gagne le bois de cœur, qui est transformé en une masse pâle, friable, séparée de la partie saine par une ligne brune

Planche XXXVIl.

Polyporées.

s. Polyporus fomenlarius, sur Hélie. — 9. Orifice des tubes de l'hyméniun. du même (grossi à la loupe). — 10. Hyménium de Trametes Fini pré- Forme conidienne de Polyporus nnnosus.

sentant des cystides, Cy.

Delacroix et Maubl.j

et présentant des fentes concentriques, des sortes de kinures séparant les couches annuelles.

Polyporus {Phellinus) Hartigîî Allescher, — Ce Champignon, qui n'est peut-être qu'une variété du Polyporus igniarius, ne se développe que sur les résineux, surtout sur le Sapin, dans lequel il pénètre généralement par les chaudrons dus à VMcidium elatinum. Il amène la délignification du bois comme les espèces précédentes.

Polyporus {Phellinus) fulvus Fr. (P. pomaceus Fr.) (pi. XXXVIII, fig. 2-3). — Cette espèce diffère du Polyporus igniarius par ses chapeaux plus petits et à peine sillonnés ; le mode d'action est très analogue pour ces deux espèces. Le P. julvus attaque les arbres fruitiers, le Prunier et le Pommier notamment ; une variété a été signalée sur l'Olivier par Hartig. Les parties attaquées se reconnaissent facilement : ce sont des plaques étroites, allongées, déprimées.

Polyporus vaporarius Fr. {Poria vaporaria Pers.). — Ce Polypore attaque les résineux, Pin et Épicéa, et se développe sur le bois de construction (comme le Merulius lacrymans) aussi bien que dans les arbres sur pied. Le bois envahi brunit fortement, devient léger et friable, et se crevasse dans deux directions perpendiculaires. Le mycéhum très abondant du parasite forme dans les fentes et à la surface du bois des lames et des cordons blancs veloutés. Les réceptacles sont rares ; ils sont résupinés et se présentent sous forme de croûtes blanches formées presque uniquement des tubes fructifères.

Bien d'autres Polypores peuvent vivre en parasites des arbres; leur mode d'action rappelle ceux qui viennent d'être rapidement décrits, et nous nous contenterons de signaler parmi les plus importants et les plus répandus :

Planche XXXVlll.

Polyporées.

Page 1