‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 59 sur 156 · I. - HYSTÉRIACÉES · texte numérisé non relu

I. - HYSTÉRIACÉES

Généralement les Hystériacées sont des saprophytes sur les rameaux et les feuilles mortes ; quelques espèces, appartenant aux genres Lophodermium et Hypoderma, attaquent les aiguilles des Conifères.

Genre Lophodermium.

Dans ce genre, les ascospores sont fihformes, disposées parallèlement dans l'asque dont elles atteignent presque la longueur.

Lophodermium Piiiastri (Schrad.) Ghev. (pi. LVII, fig. 1-6). — Cette espèce, dangereuse pour les jeunes arbres des pépinières, attaque les aiguilles des Pins et cause la maladie connue sous le nom de « rouge du Pin ». En été et en automne, on voit apparaître sur les feuilles des taches brunes qui s'étendent peu et amènent le rougissement et la dessiccation des aiguilles. Sur ces taches, qui dès le début renferment le mycélium du parasite, les fructifications se montrent en automne. Les S'pQvmogoiiiQS {Leptostroma Pinastri Desm.) sont constituées par un stroma sous-épidermique dont la

Planche LVL Discomycètes. — Hystériacées.

Rhytism.x acerinum. — 1. Une feuille de Sycomore portant les stromas <lii parasite. — 2. Les fructifications ascospores au printemps au moment ou elles s'ouvrent. — 3. Coupe transversale dun stroma St. portant la spermogonie. — 4. Portion d'une spermogonie montrant les stérigmates et les spermaties. — 5. Ascjue et parapliyses.

Lophodermium macrosporum. — 6. Feuille d'Epicéa portant les fructifications. — 7. .\sque et paraphyses.

270 MALADIES CRYPTOGA.MIQUES.

partie externe porte des stérigmates grêles et de très petites conidies bacillaires ; l'épiderme se souiève et se déchire pour la mise en liberté des spores qu'on n'a pu faire germer.

Les périthèces se développent pendant l'hiver sur les aiguilles tombées et sont mûrs au printemps ; ils sont plus gros que les spermogonies, d'un noir brillant, allongés en forme d'amande et s'ouvrent par une fente longitudinale ; les asques sont cylindriques, accompagnés de paraphyses filiformes, un peu flexueuses au sommet ; les ascospores sont allongées, presque aussi longues que l'asque et renflées en massue à leur partie supérieure.

Dans les pépinières où le « rouge » prend parfois une grande extension, les jeunes pieds peuvent être tués en quelques années; l'humidité a une très grande influence sur la gravité du mal. Dans les forêts, quelques auteurs, von Tubeuf notamment, ont attribué au Lophodermium Pinastri la dessiccation et la chute des aiguilles des Pins {Schûtte des forestiers allemands) ; mais il ne semble pas que cette affection soit de nature parasitaire, au moins dans la majorité des cas (1).

Traitement. — 1» Détruire par le feu les plants les plus atteints dans les pépinières;

20 Diminuer l'humidité par tous les moyens ;

30 Les traitements à la bouilhe bordelaise ont donné de bons résultats (Bartet et Vuillemin) ; on fait deux pulvérisations, la première en juin, la seconde un mois après.

Loplioderiuiuni macrosporuiii (Hartig) Rehm {Hypoderma macrosporum Hart.) (pi. LVI, fig. 6-7). — Cette espèce est spéciale à l'Épicéa ; les aiguilles des rameaux d'un an ou plus brunissent, rougissent, tombent ou restent adhérentes à la branche.

Dans ce dernier cas seulement se forment des fructifi-

(1) Voy. D"' G. Delacroix, Maladies non parasitaires, p. 311.

Planche LVU.

Hystériacées.

Lophodermium Pinastri. — 1. Aigiiil.es de Pin silvestre portant des fmctificalions f. — 2. Portion d'une aiguille à un grossissement plus fort. — '6. Une sperinogonie : Ep., épidémie; Atij., mycélium. — 4. Un périthèce, encore fermé, sur le tranchant d'une aiguille : Ep.. épidémie soulevé et déchiré par le périthèce. — 5. .\sque, As., et paraphyses, Pa. — 6. Deux ascospores.

Hypoderma nervisequiim. — 7. Face supérieure d'une aiguille de Sapin partant la spemiogonie. — 8. Face inférieure de la même présentant les péritbèces. — 9. Asque et paraphyses. — 10. Asque, As., ouvert par déchirure transversale. — 11. Une ascospore, Sp., germant i:ar un filament F/.

cations. Les spermogonies rappellent celles du Lophodermium Pinastri, mais prennent naissance dans l'intérieur même des cellules épidermiques. Les périthèces se différencient dans un stroma qui, formé également dans l'épiderme, soulève la paroi externe des cellules de cette assise. Mûrs, ils sont noirs, allongés, placés de chaque côté de la nervure sur la face inférieure des feuilles et s'ouvrent par une fente longitudinale. Les asques, accompagnés de longues paraphyses gélifiées, ont la forme d'une massue allongée ; les ascospores sont filiformes, un peu renflées à leur partie supérieure et sortent par un pore ouvert au sommet de l'asque. L'infection se fait par la pénétration dans un stomate du filament germinatif d'une ascospore.

La maladie sévit surtout dans les vallées humides et presque exclusivement sur les basses branches des Épicéas. On ne connaît pas de traitement. ,

Genre Hypoderma.

Les Hypoderma, très voisins des Lophodermium, n'en diffèrent que par leurs ascospores moins allongées, toujours beaucoup plus courtes que les asques.

Hypoderma nerviscquuin (D. C.) Fries [Lophodermium nervisequum Rehm.) (pi. LVII, fig. 7-11). — • Ce Champignon attaque le Sapin et se développe sur les aiguilles âgées de deux ans et plus, dont il provoque souvent la chute. Les fructifications sont de deux sortes, des spermogonies et des périthèces. Les premières se différencient dans les cellules épidermiques et renferment des spores en massue, munies d'une cloison transversale. Les périthèces sont noirs, allongés ; ils naissent les uns à la suite des autres et, par leur réunion, forment une longue ligne noire, un peu flexueuse, sur la nervure médiane et à la face inférieure de la feuille. Une fente longitudinale ouvre cette file de périthèces. Les asco-

SPH.ERIACEES. 273

spores sont allongées, légèrement courbées et réunies en deux paquets de quatre spores placés dans l'asque l'un au-dessus de l'autre. Elles sont mises en liberté par rupture transversale de l'asque et germent par filament.

UHypoderma nervisequum attaque surtout les basses branches des Sapins ; il ne cause jamais une maladie bien grave.

Page 1