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II. — PÉRISPORIÉES

Les Périsporiées forment un groupe beaucoup moins homogène que celui des Érysiphées; ce sont, en général, des saprophytes; seules quelques rares espèces vivent en véritables parasites ; d'autres, plus nombreuses, sans pénétrer la plante et sans vivre à ses dépens, lui nuisent cependant en la recouvrant d'un épais feutrage noir ; ce sont les fumagines ou noirs.

Les Périsporiées diffèrent des Erysiphées par l'absence de forme 0ic?iiO7i et par la coloration brune que présentent presque toujours leur mycélium et leursascospores.

PÉRISPORIÉES. 355-

Genre Thielavia.

Thielavia basicola Zopf. (pi. LXXIV, fig. 1-5). — Ce Champignon se développe au collet et sur les racines d'un certain nombre de plantes : Pois, Lupin, Senecio elegans. Tabac, Bégonia, Cyclamen, etc. Il amène le brunissement du pivot et du collet, dont les cellules jusqu'au bois sont pénétrées par le mycélium ; toute la partieatteinte se ramollit, se désorganise, de sorte qu'en essayant d'arracher la plante on la brise à la base.

Les fructifications se montrent à la surface des parties malades ; elles sont de plusieurs sortes : d'abord de petites conidies ovoïdes, hyalines, se forment en court chapelet à l'intérieur d'un tube ouvert, d'où elles sont successivement expulsées. Plus tard, le même mycélium donne naissance à des chlamydospores brunes, très abondantes, qui couvrent toute la base de la plante d'un revêtement brun ; ces spores forment de courtes chaînes (trois à six), à l'extrémité d'un support trapu et incolore; l'ensemble rappelle un peu une téleutospore de Phragmidium; mais à maturité les chlamydospores se séparent les unes des autres.

Les périthèces sont plus rares et apparaissent comme de petits points noirs au milieu des chlamydospores ; les asques sont ovoïdes et contiennent huit ascospores brunes en forme de citron.

Traitement. — ■ Le seul connu est la destniction des plantes malades.

Fumagines.

On voit souvent les feuilles des plantes, surtout celles des arbres et des arbustes, couvertes d'un enduit noir compact ressemblant à un dépôt de charbon et désigné sous les noms de F u ma gine oude Noir. Cette croûte est constituée par le mycéhum et les fructifications de Champignons complètement extérieurs à la plante qui

vivent dans des matières sucrées à la surface des feuilles. Ces substances peuvent avoir plusieurs origines ; dans certains cas, elles sont produites par la plante elle-même, c'est le miélat ou la miellée, que les feuilles de quelques arbres (Tilleul, Érable, etc.) produisent parfois en abondance au moment des grandes chaleurs, surtout pendant les nuits fraîches succédant à des journées chaudes et sèches. Mais plus souvent la matière sucrée qui recouvre les feuilles et les rameaux est due à la sécrétion d'insectes, pucerons ou cochenilles ; dans ce cas, c'est surtout pendant le jour qu'elle se forme. Mais, quelle que soit l'origine de la sécrétion, le Champignon est toujours extérieur à la plante; il est cependant nuisible en recouvrant une grande partie du système fohaire et entravant le fonctionnement normal des fonctions de la feuille, respiration et assimilation chlorophyUienne ; cette action vient s'ajouter aux dégâts causés directement par les insectes dans le cas où le miélat n'est pas produit directement par la plante.

Les Champignons des Fumagines appartiennent à plusieurs espèces, mais ils sont encore mal connus ; leur polymorphisme, le grand nombre des formes conidiennes, pycnides et spermogonies, Cju'ils possèdent, la rareté des périthèces en rend l'étude particulièrement difficile. On peut les distinguer en deux genres principaux : les Capnodium à périthèces portés au sommet d'un pied trapu et s'ouvrant par des déchirures de la paroi, et les Limacinia, dont les périthèces sont arrondis, libres, parfois couverts de soies raides. Dans ces deux genres, les ascospores sont assez variables, généralement brunes et cloisonnées.

Capnodium salicinum Mont. (pi. LXXIV, fig. 6 8). — Cette espèce est fréquente sur les Saules et probablement sur bien d'autres plantes. Le revêtement est formé d'une mince pellicule de filaments grêles, hyalins, à articles globuleux, dont la membrane est géhfiée ; cette

Planche LXXIV.

Périsp oriées.

Thielavia basicola. — 1. La forme conidienae. — 2. Rameaux portant des fhapelels de chiamydospores CM. — 3. Un périthèce. — 4. Asque. — y. Ascospore.

Capnodium salicinum. — 6. Pycnide émettant des stylospores. — 7. Spermogonie ramitiée : J/j/., mycélium noir, boirgeonnant. — 8. Un périthèce s'ouvrant par une fente transversale, — 0. Asqiio.

couche permet l'adhérence de filaments bruns, très irréguliers, qui forment un lacis épais. Ces filaments produisent des formes conidiennes de diverses sortes, soit simplement en se cloisonnant et isolant des articles arrondis (Torula), soit en produisant des amas pluricellulaires, des sortes de bourgeons {Coniothecium) ; ailleurs, des rameaux se dressent perpendiculairement au support et se terminent par de petites conidies simples ou cloisonnées [Cladosporium), ou bien par de grosses conidies en forme d'étoile à trois branches {Triposporium). Outre ces nombreuses formes conidiennes, le Champignon produit aussi des spermogonies et des pycnides, organes volumineux en forme de corne dressée, amincie au sommet par où se fait l'expulsion des spores ; les spermaties sont petites, hyalines, les stylospores brunes et cloisonnées. Enfin, plus rarement, on trouve des périthèces contenant des asques à six ou huit ascospores brunes.

Capnodium TilîîB Fuck. — Cette espèce, observée sur le Tilleul, se distinguerait d'après Fuckel à ses asques contenant seize spores brunes et cloisonnées.

Capnoduium (?) querciuuiu (Pers.) Berk. et Desm. (pi. LXXV, fig. 12-14). — Ce Champignon, encore incomplètement connu, attaque le Chêne et peut-être d'autres arbres ; on le reconnaît à ses conceptacles de très grandes dimensions et irrégulièrement ramifiés.

Limacinia Cîtri (Br. et Pass.) Sacc. (pi. LXXV, fig. 9-11). — Cette Fumagine se montre sur les feuilles et les jeunes rameaux des Orangers et des Citronniers, sur lesquels elle suit toujours les attaques des Chermes. Outre plusieurs formes conidiennes, on trouve de longues spermogonies effilées au sommet et des pycnides arrondies. Les périthèces sont de même forme que les pycnides^ mais plus gros, et contiennent des ascospores brunes,, allongées, munies de plusieurs cloisons transversales. La surface de ces périthèces est tantôt lisse, tantôt ornée de pointes raides, et quelques auteurs avaient cru devoir

Limaclnin Citvi. — 9. Sperniogonie éineUant ses spermalies : My., mycélium; Tr., une conidie de type Triposporium. — 10. Périthèces dont l'un est hérissé de soies. — 11. a, asque ; b, ascospores.

Capnodium (?) quercinum. — 12. Unespermogonie ramifiée. — 13. Extrémité d'une pycnide émettant ses spores. — li. Extrémité d'une spermogonie.

créer plusieurs espèces d'après ce caractère ; mais, comme on trouve des intermédiaires entre les divers aspects de ces organes, il est plus rationnel de réunir ces formes en une seule espèce, en y joignant le Limacinia Camellise (Catt.) Sacc, observé sur le Camellia et les Citrus.

Fumagines încomplètenient connues. — Sur un grand nombre de plantes cultivées, Vigne, Houblon, Mûrier, Artichaut, etc., on trouve desFamagines dont les périthèces n'ont pas encore été trouvés et qui paraissent se rapprocher beaucoup du Capnodium salicinum.

La Fumagine de l'Olivier { intennaria elœophila Mont) est aussi voisine de celle du Saule ; elle est fréquente et suit toujours les attrq les des Cochenilles.

Traitement des Fumagines. — Il comporte deux indications : lutter contre les insectes et arrêter le développement du Champignon.

Un émondage rationnel, avec enlèvement des rameaux les plus atteints, et suivi de la destruction par le feu de tous les débris, gênera le développement du Champignon en aérant l'arbre et permettra l'application plus facile des insecticides.

La destruction des Cochenilles et des Pucerons sort de notre cadre ; elle est d'ailleurs souvent difficile. L'addition de sulfate de cuivre aux insecticides ne suffit pas pour combattre le Champignon, dont les filaments fortement épaissis résistent facilement aux poisons. D'autre part, dans le cas de miellée, sécrétée directement par la plante, les insecticides sont inutiles, et on a à lutter directement contre les Champignons. Les lavages des feuilles à l'eau pure entraînent mécaniquement les croûtes mycéliennes et ont donné des résultats encourageants (Ducomet) ; on peut les faire suivre d'un traitement cuprique, qui, dans ce cas, peut être efficace contre la germination des conidies.

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