III. — SPH^ROPSIDÉES
Dans les Sphœropsidées, qui comprennent les formes pycnide et spermogonie, on a distingué plusieurs groupes : les Sphœrioïdées, à conceptacles arrondis, noirs, s'ouvrant par un pore ; les Leptostromacées, à conceptacles aplatis, clos ou s'ouvrant par une fente^et les Excipulacéesyk conceptacles aplatis et s'ouvrant largement à maturité, un peu à la façon des Discomycètes. Presque toutes les espèces parasites appartiennent au premier groupe.
Genre Phyllosticta.
Ce genre comprend des formes qui se développent sur les feuilles, le plus souvent sur une macule, et possèdent des conceptacles arrondis, simples et des spores hya-
384 MALADIES GRVPTOGAMIQUES.
Unes, sans cloison. Les Phyllosticta, extrêmement nombreux, renferment des parasites des plantes cultivées, mais ils ne causent jamais de maladies graves, et leurs dégâts se bornent à la production de taches desséchées sur les feuilles. C'est ce qui a lieu pour les suivants :
Phyllosticta pirina Sacc, sur les feuilles du Poirier et du Pommier (var. Mali) ;
P. Mali Prill. et Del., sur le Pommier ;
P. prujiicola Sacc, sur le Prunier ;
P. Brassicœ West., sur le Chou, etc.
Genre Phoma.
Les Phoma ont la même structure que les Phyllosticta, mais ils vivent généralement sur les tiges des végétaux.
Phoma Brassicae Thiim. (P. oleracea Sacc). — Ce Champignon est fréquent dans l'Ouest sur les tiges des Choux, notamment du Chou Moellier ; il forme de larges taches brunâtres, couvertes de petis conceptacles noirs, légèrement aplatis ; les spores sont très petites et cylindriques. Ce parasite cause des dégâts assez importants, €ar les taches sont le point de départ d'une désorganisation qui pénètre et fait pourrir la tige ; les feuilles jaunissent et deviennent inutilisables.
On ne peut que conseiller l'arrachage et la destruction par le feu des pieds atteints.
D'autres Phoma sont aussi regardés comme parasites :
Phoma napohrassicse Rosir., sur les navets qu'il fait pourrir ;
P. sanguinolenta Rostr., sur les Carottes ;
P. solanicola Prill. et Del., sur les tiges de la Pomme de terre ;
P. oleandrina Delacr., sur les rameaux du Laurier- Rose, etc.
Planche LXXIX.
Mélanconiées. — Sphseropsidées.
Colleiotrichum Lindemuthianum. — 1. Une gousse de Haricot avec taches d'Anlhracnose. — 2. Coupe d'une fructification : Cuti., cuticule : Sfg., slérigmates ; Co., conidies ; Po., poils. — 3. Conidies.
Pestalozzia uvicola. — i. Une tache sur feuille de Vigne. — 5. Coupe dune fructification : Ep. s., épiderme supérieur de la feuille ; My., mycélium ; Str., stroma. — 6. Conidie.
Fusicoccum abietinum — 7. Fragment de rameau de Sapin attaqué par le parasite et présentant des pycnides C. — 8. Coupe de la pycnide (piuriloculaire). — 9. Styiospores et stérigmates.
Cotnothi/rium dlplodiella. — 10. Grain de raisin attaqué. — 11. Le mycélium dans la pulpe du grain. — 12. Une pycnide jeune surmontée du stroma. — 1.3. Pycnide adulte. — 14. Styiospores. — 15. Stylosporo germant (d'après Cavara).
Del.\croix et Maubl.\nc. II. — 22
Genre Macrophoma.
Les Macrophoina ne diffèrent des Phoma que par leurs stylospores volumineuses (au moins 15 [j. de long) et englobées par une substance gélatineuse.
Le M. dalmatica {Thiim.) Berl. et Vogl. produit sur les Olives des taches d'un brun clair, entourées d'une bordure saillante.
Genre Fusicoccum.
Les Fusicoccum se reconnaissent facilement à leurs pycnides composées, creusées dans un stroma et à leurs stylospores fusiformes, hyalines et continues.
Fusicoccum abieiiiiuin (Hart.) Prill et Del. {Phoma ahietina Hart.) (pi. LXXIX, fig. 7-9). — Ce parasite attaque les rameaux du Sapin pectine dans les régions montagneuses (Vosges, Jura, etc.) ; généralement peu répandu, il prend certaines années un grand développement, mais sans jamais causer de sérieux dégâts dans les forêts. Le mycélium envahit un rameau et s'étend dans l'écorce et le cambium sur une longueur de quelques centimètres ; cette partie tuée se limite par deux bourrelets cicatriciels, qui arrêtent la progression du Champignon. De chaque côté de la zone morte, les parties restées saines continuent de croître et d'augmenter de diamètre ; la partie tuée se trouve ainsi former un anneau rétréci bien visible. Mais, au bout d'un temps variable suivant la grosseur du rameau (dix-huit mois, selon Mer, pour des rameaux de quelques centimètres de diamètre), toute la partie située au delà de la lésion se dessèche, les feuilles jaunissent, puis prennent la coloration brun rouge des aiguilles mortes. Hartig a constaté aussi Pattaque de grosses branches et même du tronc; mais alors la lésion se limite avant d'en avoir fait le tour.
SPII^ROPSIDÉES. 387
Les fructifications se montrent sur toute l'écorce tuée de la partie rétrécie ; ce sont' de petites pustules noires constituées par un stroma creusé de loges irrégulières tapissées de stérigmates filiformes. Les conidies sont fusiformes, incolores ; elles germent facilement.
Les dégâts causés par le Fusicoccum ne sont jamais bien grands ; la maladie ne sévit guère avec intensité que dans les régions élevées où le Sapin n'a pas une grande vigueur. Les autres Conifères (Épicéa) sont indemnes.
Signalons le Fusicoccum Amygdali Delacr. observé dans le Midi en parasite sur les rameaux de l'Amandier.
Genre Coniothypium.
Ce genre diffère de tous les précédents par la coloration brune des stylospores ; c'est un Pkoma à spores colorées.
Couio tliy rium diplocliella (Speg. ) Sacc. (pi. LXXIX, fig. 10-15). — Ce parasite produit le rot blanc ou rot livide de la Vigne. En général seules les grappes sont atteintes ; ce n'est qu'exceptionnellement que des lésions ont été observées sur les sarments et même sur les feuilles (de Istvanffi).
Dans les grappes, Tattaque débute ordinairement sur les rafles et progresse rapidement en amenant le brunissement et la destruction des tissus. Selon les cas, ou bien toute la partie de la grappe située au delà du point d'atque brunit et se dessèche brusquement,- ou bien, et le cas est plus fréquent, elle est envahie par le mycélium ; les gi'ains prennent alors une couleur grisâtre et se couvrent de nombreuses petites pustules blanchâtres. Quelquefois la pourriture des pédicelles amène la chute des gi'ains avant leur invasion par le mycélium. On voit que le développement du rot blanc est très différent de celui du black-rot : dans le premier, toute la grappe ou
toute une partie de la grappe est attaquée par le mycélium, qui s'y étend de proche en proche ; dans le second, au contraire, chaque grain est attaqué isolément, et on peut trouver sur la même grappe des grains sains au milieu de grains desséchés.
Les rafles, les pédicelles et la pulpe des grains envahis par le Coniothyrium sont infiltrés de filaments mycéliens incolores, cloisonnés, ramifiés à angle aigu ; ces hyphes se rassemblent dans la partie superficielle de l'organe atteint en petits stromas blanchâtres, dont le développement soulève et fait céder la cuticule. C'est dans la partie inférieure de ces stromas que se forment les pycnides (1); dans le jeune âge, elles sont recouvertes par la masse mycélienne sous laquelle elles se sont développées ; en grossissant, elles la soulèvent, et à maturité ce sont des conceptacles à paroi mince, globuleux ou un peu aplatis, s'ouvrant par un pore terminal. L3S stylospores naissent sur le fond de la pycnide, qui seul est tapissé de stérigmates filiformes ; elles sont de forme variable, ovoïdes, fusiformes ou piriformes et prennent à maturité une coloration brune. La germination se fait par filament.
Viala a signalé des spermogonies à petites spores ovoïdes, hyalines ; elles ont été retrouvées par de Istvanffi. 0.1 a décrit aussi plusieurs formes conidiennes tant sur les raisins (Perraud) que dans les cultures artificielles du Champignon (de Istvanffi). Quant aux périthèces observés par Viala et décrits par cet auteur sous le nom de Charrinia diplodiella, rien ne vient démontrer qu'ils sont bien la forme parfaite du Champignon; ils n'ont d'ailleurs pas été retrouvés.
Le parasitisme du Coniothyrium diplodiella a été prouvé par de nombreuses expériences d'infection (Pirotta, Fréchou, etc.) ; mais ce n'est qu'un parasite
(1) Ces pycnides diffèi'ent très sensiblement dans leur structure de celles des autres Coniothyrium.
SPHiEliOPSIDÉES. 389
de blessure, ce qui explique que les invasions graves coïncident souvent avec une chute de grêle ou une attaque violente de Cochylis. Le Coniothyrium ne se développe que sur des fruits déjà gros et, dans les années humides, peut anéantir une partie de la récolte ; la sécheresse, par contre, en arrête l'extension.
Traitement. — Les sels de cuivre sont à peu près sans action sur la germination des spores du Coniothyrium diplodiella, si bien que la récolte et la destruction des organes atteints sont le procédé le plus pratique de protection contre une invasion ultérieure.
Genre Sphaeropsis.
Les Sphseropsis diffèrent des Coniothyrium par la taille de leurs spores, de la même façon que les Macrophoma des Phoma ; ce sont des Coniothyrium à grandes spores ou encore des Macrophoma à spores brunes.
Sphaeropsis piseudo-Diplodia (Fuck.) Delacr. {S, malorum Peck). — Ce parasite, très fréquent aux États- L'nis, où il attaque gravement les rameaux, les fruits et les feuilles des arbres fruitiers, est beaucoup moins répandu et moins dangereux en Europe, où Mangin le signala pour la première fois. Depuis il a été observé en diverses localités, toujours sur les rameaux du Pommier, L'écorce de ces rameaux brunit sur une certaine étendue, se déprime, puis se craquelé profondément en fragments in-éguliers ; l'altération atteint les premières couches du b'iis, mais ne les dépasse pas. Les branches atteintes se dessèchent ou continuent à croître selon l'étendue de la lésion. Les fructifications du Sphseropsis pseudo- Diplodia ont été aussi observées en Europe sur divers fruits. D'ailleurs, ce Champignon n'est pas toujours parasite, et on le rencontre souvent sur des petits rameaux morts (sous l'action du Nectria ditissima par exemple), en compagnie de saprophytes variés.
a90 MALADIES CRYPTOGAMIQUES.
Les fructifications sont constituées par des pycnides noires, uniloculaires, parfois divisées intérieurement en deux ou trois loges plus ou moins complètes. Les stylospores sont assez volumineuses, ovoïdes ou elliptiques, à membrane épaisse et hyaline dans la jeunesse ; à maturité, elles brunissent et acquièrent parfois une cloison transversale (forme Diplodia).
Sur les écorces tuées, on rencontre quelquefois une forme {Cytospora) à conceptacles divisés en loges nombreuses et à très petites spermaties un peu courbées ; peut-être est-ce une forme spermogonie du Sphœropsis pseudo-Diplodia.
Traitement. — Il est identique à celui que nous avons exposé (p. 328) pour le chancre {Nectria ditissùua).
Genre Ascochyta.
Les Ascochyta offrent de grandes analogies avec les Phyllosticta, dont ils ne diffèrent que par leurs stylo spores pourvues d'une cloison transversale.
Ascochyta Pisi Lib. (pi. LXXX, fig. 1-3). — On donne souvent à la maladie due à V Ascochyta Pisi le nom d' Anthracnose du Pois, à cause de son analogie d'aspect avec l'Anthracnose du Haricot {Colletotrichum Lindemuthianum). U Ascochyta Pisi attaque souvent les feuilles ; mais c'est surtout sur les gousses des Pois et de quelques autres Légumineuses (Lentille, Pois chiche. Haricot, etc.) qu'il se développe et cause des dégâts dans les cultures. Il forme des taches arrondies ou elliptiques, jaunâtres, entourées d'une bordure saillante plus foncée, et sur lesquelles apparaissent de petites pustules fauve pâle, correspondant aux pycnides. En général, l'altération des tissus est moins profonde que dans le cas du Colletotrichum Lindemuthianum et ne pénètre pas jusqu'aux graines. Les pycnides sont arrondies, enfoncées dans les tissus et munies d'une ostiole
SPIL^ROPSIDEES. 391
légèrement saillante, par laquelle les stylospores s'échappent agglutinées en un long fil jaunâtre ou rosé. Ces spores sont cylindriques, droites ou un peu courbées, hyalines et munies d'une cloison transversale au niveau de laquelle elles sont légèrement rétrécies. Elles germent par filament.
Traitement. — Les sels cupriques agissent sur la germination des spores ; mais leur emploi est peu pratique.
Genre Diplodina.
Dans ce genre, les stylospores sont cloisonnées comme chez les Ascochyta, mais les pycnides se forment, non pas sur des taches des feuilles et des fruits, mais en général sur les rameaux.
Diplodina Castaneoe Prill. et Delacr. (pi. LXXX, fig. 4-5). — Le Jaçart des Châtaigniers cause de graves dégâts dans les tailhs en attaquant les jeunes rejets ; il produit des taches allongées, où l'écorce brunit, se déprime, puis se dessèche et se crevasse profondément ; ce sont de véritables chancres qui, en s'étendant, arrivent à faire le tour des tiges et à les tuer en quelques années. Même quand le rameau continue à vivre, il reste inutilisable pour nombre d'usages.
Les fructifications du Diplodina Castanese apparaissent (assez rarement) sur l'écorce morte des chancres ; ce sont de petites pycnides aplaties, simples ou divisées intérieurement par une ou deux cloisons souvent incomplètes. Les spores sont fusoïdes, hyalines, uniseptées et portées au sommet de fins stérigmates.
Le seul traitement à conseiller consiste à couper et brûler les tiges atteintes.
Diplodina para^itica (Hart.) Prill. — Ce Champignon attaque TÉpicéa ; il pénètre au printemps à la base des jeunes pousses, qui, sous son action, se dessèchent et perdent leurs aiguilles. Sur les rameaux morts
apparaissent de très petites pycnides, dont les spores sortent agglutinées en un fil blanc (Hartig).
Genre Septoria.
Les Septoria constituent un groupe extrêmement nombreux de Champignons imparfaits vivant le plus souvent en parasites sur des taches foliaires, mais ne causant que rarement de graves dommages. Les pycnides sont arrondies, simples ; les stylospores très allongées, filiformes, continues ou multi-cloisonnées.
Septoria des Céréales. — Les Céréales et les Graminées sauvages sont souvent attaquées par diverses espèces de Septoria. Le Septoria glumarum Pass. se trouve sur les épis au moment de la maturité sans causer de grands dégâts. Mais il en est autrement des Septoria graminum et Tritici; ces deux Champignons peuvent prendre une grande extension dans les printemps froids et humides, quand la végétation des Céréales est languissante ; leur action vient souvent s'ajouter à celle de la rouille {Puccinia glumarum), à laquelle ils sont souvent associés. Les feuilles se dessèchent et meurent ; les pieds se développent mal ou même périssent sans arriver à fleurir.
Septoria graminum Desm. —Le Septoria graminum attaque le Blé, TAvoine et quelques Graminées sauvages ; il produit sur les feuilles et les gaines des taches de dimension et d'aspect assez variables ; tantôt ce sont des macules jaunâtres, rondes ou allongées, entourées d'une bordure brune; tantôt l'extrémité de la feuille se dessèche; tantôt la feuille est atteinte tout entière. Les pycnides, généralement très petites et à peine visibles à l'œil nu, sont arrondies, à paroi mince et placées sous les stomates par lesquels s'échappent les spores. Celles-ci sont très allongées (de longeur variable d'ailleurs), d'apparence continue, mais en réalité munies de minces
Planche LXXX.
Sphaeropsidées
Ascochyta Pisi. — 1. Gousse de Pois portant les taches fructifiées du parasite. — 2. Coupe d'une pycnide. — 3. Stylospores.
Diplodina Castanrœ. -r- 4. Tige de Châtaigniei- montrant le chancre fructifié. — 4 bis. Coupe d'une pycnide bilcculaire : Pé., périderme. — o. Stylospores et stérigmates. — 6, Stylospores.
Scptoria Iritici. — 7. Une feuille de Blé attaquée. — S. Coupe tangentielle de la feuille montrant le pore, Op., d'une pycnide. — 9. Porlion delà paroi de li pycnide montrant l'insertion des spores. — 10. Slylospore. — 11. Gcimiiiatioii d'une stylospore (d'après KrLïger).
Septoria ampelina. — 12. Porlion de feuille de Vigne attaquée. — 13. Coui e d'une pycnide. — 14. Stylospore.
Dothichisa pupulea. — 15. Un rameau de Peuplier montrant les taches fructifiéesdu parasite. — 16. Coupe d'une pycnide jeune, encore complètemenl fermée. — 17. Stylospores.
cloisons, que seul l'emploi des colorants permet d'apercevoir. Elles germent en émettant des filaments sur lesquels naissent des conidies secondaires.
Le parasitisme du Septoria graminum a été mis en évidence par Kriiger et surtout par Mangin, qui a pu observer la perforation de la membrane par le filament germinatif.
Septoria Tritici Desm. (pi. LXXX, fig. 7-11). — Ce Champignon, plus spécial au Blé, se distingue facilement du précédent par ses pycnides plus grosses, ses spores plus épaisses et très visiblement cloisonnées. A la germination, les spores augmentent de taille, se cloisonnent abondamment, puis émettent de nombreux filaments portant des conidies secondaires. De Janczewski a observé, au milieu des pycnides du Septoria Tritici, des spermogonies à petites spores filiformes. Quant aux périthèces {Leptosphœria Tritici), fréquemment associé aux pycnides, ils paraissent appartenir à une autre espèce, qui vit en saprophyte sur les feuilles tuées par le Septoria (de Janczewski).
Traitement. — Les sels de cuivre empêchent la germination des spores, même à une dose très faible ; mais leur emploi n'est pas pratique en grande culture. Le mal sera atténué par le drainage des sols humides, le semis en ligne, mesures qui contribuent à diminuer l'humidité et à augmenter l'aération des Céréales.
Septoria ampelina Berk et Curt. (pi. LXXX, fig. 12-14). — Les feuilles de Vigne atteintes de Mélanose montrent de petites taches anguleuses, brunes, puis noires, souvent confluentes en plaques irrégulières ; les pycnides prennent naissance sur les deux faces de la feuille ; elles sont arrondies et s'ouvrent largement pour émettre un faisceau de spores filiformes et cloisonnées.
Les dégâts causés par ce parasite n'ont pas grande importance.
Septoria Petroselînî Desm. — Cette espèce est
SPILEROP5IDÉE3. 395
fréquente sur les feuilles du Persil et du Céleri (var. Apii Br. et Gav.) ; ses dégâts sont analogues à ceux que produit le Cercospora Apii ; les taches sont jaunâtres et portent sur leurs deux faces des pycnides ponctiformes noires.
Signalons les espèces suivantes :
Septoria Lycopersici Speg. sur les feuilles de la Tomate ;
S. Cucurbitacearum Sacc. sur les Cucurbitacées ;
S. Lactucœ Pass. sur les feuilles de Laitue ;
S. Limonum Pass. sur les Aurantiacées ;
S. Cannabis (Lasch.) Sacc, fréquent sur les feuilles du Chanvre;
6*. Chrysanthemi Cav. {S. varians Joffrin) sur les Chrysanthèmes cultivés.
Genre Dothichiza.
A rencontre des précédents, ce genre appartient aux Excipulacées : les pycnides, complètement fermées au début, s'ouvrent par des fentes irrégulières qui mettent largement à nu le fond de la fructification ; l'aspect est alors celui d'une cupule de Discomycètes auxquels les Dothichiza paraissent d'ailleurs se rattacher. Les stylospores sont ovoïdes et hyalines.
Dothichiza populea Sacc. et Br. (pi. LXXX, fig. 15-17). — Ce Champignon, généralement saprophyte, peut se développer sur les rameaux vivants du Peuplier de la Caroline et causer de graves dégâts dans les pépinières; on l'a constaté en plusieurs localités de la France et en Italie (Voglino). C'est un parasite de blessure ; l'écorce pénétrée montre des taches d'un brun livide, qui, en s'étendant, peuvent faire le tour des rameaux ; mais leur extension est souvent limitée par une lame de liège. En profondeur, le mycélium peut gagner le bois, qui se colore en jaune (gomme de blessure).
Les pycnides apparaissent sur l'écorce morte ; elles sont aplaties et fermées, puis s'ouvrent en coupe irrégulière ; les spores sont hyalines, largement ovales et portées par des stérigmates filiformes ; elles germent par filament.
Dans les pépinières, les dégâts peuvent être importants, et les jeunes plants succombent souvent aux attaques du Dothichiza. Les arbres adultes sont peu atteints.
Traitement. — Détruire par le feu tous les plants atteints ainsi que les brindilles qui traînent à terre dans les pépinières.
Choisir les boutures sur des arbres sains, et, avant la plantation, en tremper la base dans une bouillie bordelaise forte et légèrement acide, de façon à protéger la section par où le mycélium peut s'introduire.