‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 70 sur 156 · II. — MÉLANCONIÉES · texte numérisé non relu

II. — MÉLANCONIÉES

Les Mélanconiées, dont nous avons déjà donné les caractères distinctifs, comprennent plusieurs genres importants, distincts par la structure de leurs conidies.

Genres Glœosporium et Colletotrichum.

Nous réunissons ici ces deux genres extrêmement voisins, qui ne diffèrent que par la présence chez les Colletotrichum de poils bruns au milieu des stérigmates ;

(1) D"après la de^^criptioa de Massée, son espèce ne senilile pas être le F. Lycopersici, mais plutôt une variété du F. Solani ; par contre le F. eru- /tescens me par.ùt identique au F. Lycopersici. Sacc, signalé par son créateur sur les T(>n\;ites pourries.

Planche LXXVIII.

Tuberculariées. — Mélanconîées.

Fusariujn Solani. — 1. Une fructification conidicnne jeune. — 2. Conidies. — 3. Une conidie en germination. — 4. Conidie germant et produisant des spores secondaires. — 5. Formation des chlamyc^ospores (d'après Reinke et Berlhold).

Glœosporium ampelophaguni. — 6. Chancre aduUe sur sarment. — 7. Chancres jeunes. — 8. Anliiracnose sur feuille. — 9. Id. sur raisins. — 10 Portion d'une fructification : Stg., stérigmate; Co.. conidies. — 11. Deux germinations de conidies (d'après Prillieux). — 12. Coupe schématique d'un chancre : P. m., parenchyme cortical tué, limité par une lame de liège Li.p.: Pér., fibres péricycliques; Ca., cambium; Bo., bois; V., vaisseaux; Rm . rayon médullaire; B. m., bois mort ; Cit., lacune laissée par la destruction des tissus sous l'action du mycélium. — 13, 14, 15. Stades successifs du développement des conidies au printemps aux. dépens d'un stroma périphérique ayant résisté à l'hiver (d'après Gouirand).

ils sont absents chez les Glœosporium ; mais beaucoup d'espèces présentent ou non, suivant les cas, de tels poils et peuvent être rangées dans l'un aussi bien que dans l'autre genre. Dans les deux cas, les conidies sont hyalines, simples, ovales ou elliptiques ; à la germination, elles se cloisonnent souvent avant d'émettre des filaments qui très fréquemment portent des conidies secondaires, puis des chlamydospores.

Les Glœosporium, quoique paraissant à première vue assez homogènes, se rattachent à des formes parfaites très différentes : Sphœriacées {Glomerella, Gnomonia, etc.), ou Discomycètes (Pseudopeziza). Pour beaucoup, la forme à asques est inconnue.

Glaeosporium ampeloplia^um (de Bary) Sacc. {Sphaceloma ampelinade Bary, ManginiaampelinaYidilsi et Pacottet) (pi. LXXVIII, fig. 6-15). — UAnihracnose de la Vigne, due à ce parasite, est connue depuis longtemps en Europe ; elle se montre sur toutes les parties jeunes : sarments, feuilles, raisins.

Les sarments ne sont atteints que s'ils sont encore herbacés ; on y voit apparaître de petites taches brunes, qui s'allongent suivant l'axe du rameau, se creusent de plus en plus et aboutissent à la formation de véritables chancres souvent confluents, à bords irréguliers et plus foncés ; la corrosion gagne peu à peu l'écorce, le liber ■et pénètre jusqu'au bois et même à la moelle ; seules les fibres résistent à la destruction. Ces chancres sont limités dans leur extension par un bourrelet et une lame de liège. L'extrémité des pousses fortement atteintes noircit et se dessèche; dans les attaques moins graves, le rameau résiste, mais se brise facilement au niveau des chancres. On observe en outre de fréquentes déformations dues à ce que les portions atteintes ne peuvent suivre le développement des parties saines.

Des lésions très analogues se montrent sur les vrilles -et les pétioles.

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Sur les feuilles, les taches ont au début le même aspect que sur les sarments, mais la corrosion gagne rapidement toute l'épaisseur du limbe, qui se trouve ainsi percé de trous irréguliers. Les feuilles atteintes pendant leur croissance se déforment plus ou moins par suite de l'arrêt de développement que subissent les parties malades.

Les taches des fruits sont arrondies, entourées d'une marge noire et souvent réunies en une grande macule irréguhère, qui se creuse comme sur les sarments.

Le mycélium du parasite est très grêle et hyalin ; les fructifications, qui s'observent plus facilement sur les grains, naissent aux dépens d'un stroma étalé établi dans l'intérieur même des cellules ; les cellules extérieures de cette couche bourgeonnent en petits stérigmates courts, dont le développement soulève la cuticule. A ce moment, la surface des taches prend une coloration grise, puis se couvre d'une fine poussière de conidies. C-elles-ci, mises en liberté par rupture de la cuticule, sont très petites (4 à 6 ;j.), ovoïdes et munies de deux petites gouttelettes réfringentes. Pour germer, elles se gonflent, puis émettent un ou deux tubes pourvus de cloisons très rapprochées qui leur donnent l'aspect d'un chapelet.

Plus rarement, on observe sur les taches une autre forme de fructification, des pjxnides arrondies contenant des conidies analogues à celles de la forme Glœosporiirm. En cultivant le mycélium dans des milieux divers, Viala et Pacottet ont obtenu des conceptacles analogues en outre de la forme Glœosporium ; ils ont aussi observé des chlamydospores, des kystes noirs contenant des spores internes, organe dont la nature et le rôle sont mal connus. De plus, les mêmes auteurs ont constaté dans des milieux sucrés la présence d'une levure dont cependant l'assimilation au Champignon de FAnthracnose reste douteuse, d'autant que dans

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rAiithracnose du Platane {Gnomonia vencta) une forme levure observée dans les mêmes conditions n'est certainement qu'une impureté (Guillermond).

Aucune forme parfaite n'a été rencontrée jusqu'à présent ; le Champignon hiverne dans les sarments malades, où il persiste à l'état stromatique ; la surface de ces stromas se couvre au printemps de nombreuses conidies.

Le développement de l'Anthracnose est favorisé par l'humidité ; les rosées et les brouillards sont d'ailleurs suffisants pour permettre la germination des conidies.

Traitement. — Il comprend un traitement d'été et un traitement d'hiver.

En été, on applique un premier traitement au soufre seul, et pour les traitements suivants on ajoute de la chaux pulvérisée, dont on porte la dose depuis un cinquième de la quantité de soufre jusqu'aux trois cinquièmes. Le nombre de ces traitements est en rapport avec l'intensité de la maladie.

Pour le traitement d'hiver, on enlève à la taille de préférence les rameaux chancreux, qui seront brûlés, puis on badigeonne les ceps avec la solution de Skawinski ou une solution d'acide sulfurique à 10 p. 100.

Collelotriclium Lindeiiiuthiaiiuni (Sacc. etMagn.) Br. et Gav. (pi. LXXIX, fig. 1-3). — UAnthmcnose du Haricot est caractérisée par l'apparition sur les feuilles et surtout sur les gousses de taches d'un brun grisâtre, entourées d'une marge saillante d'un brun rougeâtre, taches qui rongent les tissus au point de pénétrer jusqu'aux graines. Au moment de la fructification, on voit tout le fond de la tache se couvrir de petites pustules qui soulèvent et déchirent la cuticule ; ce sont des stromas dont la surface est formée de stérigmates allongés,, cylindriques, serrés ; en général, le pourtour des fructifications est garni de grands poils noirâtres, cloisonnés, qui manquent parfois {îorme ^GlœosporiuiJi). Les coni-

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dies, nées au sommet des stérigmates, sont oblongues, hyalines ; elles germent très facilement dans l'eau et sont capables d'infecter les gousses des Haricots sans blessure préalable.

Les dégâts causés par ce Champignon sont assez graves ; les gousses fortement atteintes sont vides ou ne contiennent que des graines mal développées, qui souvent sont contaminées.

Traitement. — Il faut sélectionner attentivement les graines et éliminer toutes celles qui présentent les moindres traces de la maladie.

Les traitements cupriques peuvent être employés préventivement pour les haricots à consommer en graines.

Colletotrichum oligochœtumCav. — Cette maladie des Melons et autres Cucurbi.tacées est connue des cultivateurs sous le nom de « nulle ». Les tiges et les fruits sont particulièrement atteints et montrent des taches qui se creusent, puis se couvrent de petites pustules roses. Par la structure de ses fructifications, le Colletotrichuni oligochsetum est extrêmement voisin du C. Lindemuthianum ; de même les bords du stroma fructifère montrent généralement des poils raides; mais ces poils peuvent manquer, et c'est cette forme qui a été décrite comme espèce spéciale sous le nom de Glœosporium lagenarium (Pass.) Sacc. M ^ '

Les essais de traitement n'ont pas donné de résultats bien positifs. , , - ^^ f. f

Parmi les autres Glœosporium et Colletotrichum, les plus importants sont les suivants :

Glœosporium phomoides Sacc, sur les Tomates ;

G. Olivarum V. d'Alm., sur les Olives ;

G. amygdalinum Brizi, sur les fruits de l'Amandier ;

Colletotrichum glœosporoides Penz.,surles Aurantiacées.

De nombreuses espèces sont aussi signalées sur les plantes de serres : Orchidées, Aroïdées, etc.

382 MALADIES GRYPTOGAMIQUES.

Genre Marssonia.

Les Marssonia {Marssonina Magn.) ne diffèrent des Glœosporium que par leurs conidies bicellulaires.

Marssonia Rosie (Bon.) Br. et Cav. \Actinonema Rosse (Lib.) Fr.]. — Ce Champignon forme souvent en été et en automne de larges taches d'un brun rougeâtre sur les feuilles des Rosiers cultivés ; le mycélium, qui rayonne autour du centre de la tache, est presque exclusivement sous-cuticulaire (Ducomet) ; les fructifications apparaissent comme de petits points noirs à la face supérieure des feuilles et sont constituées par un stroma portant des conidies bicellulaires.

Genre Pestalozzia.

Les Pestalozzia sont caractérisés par la structure singulière de leurs conidies ; celles-ci sont fusiformes, munies de plusieurs cloisons transversales, avec les loges médianes plus ou moins fortement colorées, les extrêmes coniques et hyalines ; la cellule supérieure porte à son sommet un certain nombre (un à cinq) de longs cils hyalins, divergents. Dans les Pestalozzia typiques, le stroma fructifère est étalé comme chez les autres INIélanconiées, mais on trouve tous les intermédiaires entre cette forme et de véritables pycnides ouvertes seulement par un pore.

Pestalozzia Ilartigii v. Tub. — Ce parasite se développe dans les pépinières au collet des jeunes plants d'Épicéa et de Sapin ; l'écorce se dessèche sur une longueur de quelques centimètres et se couvre de petites fructifications noires ; les conidies sont trois fois cloisonnées et portent trois cils hyalins.

Pestalozzia Guepîiii Desm. — Cette espèce attaque les feuilles des Camellias et de quelques autres plantes

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d'ornement (et du Théier dans les pays chauds); elle est fréquente dans l'Ouest de la France. Les feuilles atteintes portent de larges taches qu'entoure une marge plus foncée et qui se couvrent de fructifications ponctiformes noires à leur face supérieure. Les conidies, trois à quatre fois cloisonnées, portent trois ou quatre cils terminaux.

Pestalozzîa uvicola Speg. (pi. LXXIX, fig. 4-6). — Ce Champignon attaque les fruits et les feuilles de la Vigne, sur lesquels il forme des taches fauves ; les spores, nées sur un stroma aplati, sont formées de cinq cellules, les trois médianes colorées, les extrêmes hyalines^ et portent trois cils à leur sommet. Ce parasite est très peu répandu en France.

Citons aussi le Pestalozzia junerea Desm., assez fréquent dans les jardins sur les Conifères d'ornement, et le P. Lupini Sor., sur les jeunes Lupins; plusieurs espèces sont signalées dans les serres sur les feuilles des Palmiers : P. palmicola Sacc. et Syd. (P. brevipes Prill. et Del.),. P. fuscescens Sor.

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