‹ Maladies des voies digestives; leçons professées à la Faculté de médecine de Paris, suppléance du cours de pathologie interneChapitre 15 sur 55 · DA1IA8CHI · texte numérisé non relu

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Si les symptômes physiques sont en déflnitive assez peu accentués, par contre les phénomènes généraux sont vraiment caractéristiques. L'état fébrile est constant et affecte une symptomatologie particulière : la chaleur, en effet, n-est pas intense, mais par contre les sueurs sont abondantes et faciles ; vous retrouvez dans cette angine les caractères qui appartiennent aux affections rhumatismales dans le cours desquelles l'état fébrile est généralement modéré. Toutefois, le malade éprouve une courbature générale; il ressent dans les membres et dans le tronc des douleurs vagues, musculaires, qui se font sentir pendant la durée même du mal de gorge ou seulement sous forme de manifestation ultime.

Ces douleurs affectent, d'une manière toute spéciale, la nuque, le cou, les lombes, et même la langue, selon la remarque de Morgagni et de Ghomel. Enfin, les malades accusent presque toujours dans les articulations des sensations douloureuses fugaces et légères.

Les troubles de l'appareil gastro-intestinal consistent essentiellement dans un étatsaburral, qui varie d'ailleurs selon la constitution médicale régnante : c'est pour cette raison que son existence a pu être contestée. Les urines sont foncées, souvent sédimenteuses.

L'angine rhumatismale s'annonce quelquefois par des prodromes plus ou moins vagues; mais d'ordinaire le début est subit ^ et d'emblée se développent les phéno-

mènes généraux et locaux. Un état fébrile caractérisé surtout par des frissonnements, chez quelques malades par des frissons, précède parfois le mal de gorge et raccompagne toujours, mais pendant un temps en général assez court (L Frank).

La durée de l'angine est celle d'une affection essentiellement aiguë : assez souvent fugace, elle peut même disparaître en quelques heures, après un ou deux jours suivant Trousseau, et constitue alors un phénomène passager qui ne laisse aucune trace à sa suite et que certains rhumatisants connaissent fort bien. D'autres fois, la maladie se prolonge davantage, et l'on peut dire qu'en somme sa durée présente les plus grandes variations : c'est ainsi qu'elle peut persister pendant trois à sept jours, d'après J. Frank; pour M. Lasègue, elle ne dépasserait guère quatre à huit jours. Quand elle évolue lentement, la phlegmasie se déplace d'ordinaire, et l'on voit la rougeur atteindre les amygdales.

La* guérison est la terminaison constante : parfois le mal de gorge fait subitement place à une attaque de rhumatisme aigu musculaire ou articulaire. D'autres fois, le malade entre franchement en convalescence : la fièvre cesse, et l'on voit apparaître certains phénomènes critiques habituels aux affections rhumatismales, tels que sueurs profuses, urines abondantes et sédimenteuses (J. Frank) ; bientôt le malade est guéri ; quelquefois cependant la période de convalescence se prolonge pen-

242 MAUDIES DU PHARYNX

Si les symptômes physiques sont en définitive assez peu accentués, par contre les phénomènes généraux sont vraiment caractéristiques. L'état fébrile est constant et affecte une symptomatologie particulière : la chaleur, en effet, n'est pas intense, mais par contre les sueurs sont abondantes et faciles ; vous retrouvez dans cette angine les caractères qui appartiennent aux affections rhumatismales dans le cours desquelles l'état fébrile est généralement modéré. Toutefois, le malade éprouve une courbature générale; il ressent dans les membres et dans le tronc des douleurs vagues, musculaires, qui se font sentir pendant la durée même du mal de gorge ou seulement sous forme de manifestation ultime.

Ces douleurs affectent, d'une manière toute spéciale, la nuque, le cou, les lombes, et même la langue, selon la remarque de Morgagni et de Ghomel. Enfin, les malades accusent presque toujours dans les articulations des sensations douloureuses fugaces et légères.

Les troubles de l'appareil gastro-intestinal consistent essentiellement dans un état saburral , qui varie d'ailleurs selon la constitution médicale régnante : c'est pour cette raison que son existence a pu être contestée. Les urines sont foncées, souvent sédimenteuses.

L'angine rhumatismale s'annonce quelquefois par des prodromes plus ou moins vagues; mais d'ordinaire le début est subit ^ et d'emblée se développent les phéno-

mènes généraux et locaux. Un état fébrile caractérisé surtout par des frissonnements, chez quelques malades par des frissons, précède parfois le mal de gorge et raccompagne toujours, mais pendant un temps en général assez court (J. Frank).

La durée de Tangine est celle d'une affection essentiellement aiguë : assez souvent fugace, elle peut même disparaître en quelques heures, après un ou deux jours suivant Trousseau, et constitue alors un phénomène passager qui ne laisse aucune trace à sa suite et que certains rhumatisants connaissent fort bien. D'autres fois, la maladie se prolonge davantage, et l'on peut dire qu'en somme sa durée présente les plus grandes variations : c'est ainsi qu'elle peut persister pendant trois à sept jours, d'après J. Frank; pour M. Lasègue, elle ne dépasserait guère quatre à huit jours. Quand elle évolue lentement, la phlegmasie se déplace d'ordinaire, et Ton voit la rougeur atteindre les amygdales.

La* guérison est la terminaison constante : parfois le mal de gorge fait subitement place à une attaque de rhumatisme aigu musculaire ou articulaire. D'autres fois, le malade entre franchement en convalescence : la fièvre cesse, et l'on voit apparaître certains phénomènes critiques habituels aux affections rhumatismales, tels que sueurs profuses, urines abondantes et sédimenteuses (J. Frank) ; bientôt le malade est guéri ; quelquefois cependant la période de convalescence se prolonge pen-

dant un temps beaucoup plus long que ne le comporte une affection d'apparence aussi bénigne.

Les récidives sont non seulement possibles, mais encore assez fréquentes. Un malade qui a déjà souflfert d'une angine rhumatismale en ressent ordinairement une ou plusieurs atteintes avec ou sans manifestation articulaire concomitante.

Le PBONosTic de l'affection, considérée en elle-même, est toujours des plus favorables; mais cette angine, par sa nature arthritique, a une valeur pronostique spéciale. Elle permet de prévoir le rhumatisme articulaire aigu à plus ou moins longue échéance, sans en faire toutefois préjuger aucunement la durée ni la véhémence, qui ne sont nullement en rapport avec celles du mal de gorge. C'est qu'en effet , si quelquefois l'angine présente la même intensité que le rhumatisme, souvent au contraire elle est beaucoup plus violente que les manifestations articulaires, ou bien encore l'angine peut être légère, alors que le rhumatisme revêt une intensité considérable.

L'angine rhumatismale est assez fréquemment confondue avec Vangine catarrhale aiguë simple. Ce diagnostic est en effet assez diflBcile, car il est basé sur de simples nuances. C'est le défaut de corrélation existant entre les symptômes fonctionnels et les signes objectifs, c'est la douleur vive développée seulement pendant la

déglutition, la courbature, l'absence habituelle d'engorgement ganglionnaire, c'est enfin la connaissance des antécédents diathésiques du malade, qui permettront de reconnaître la nature rhumatismale de l'aflection pharyngée.

Par contre, la manifestation angineuse du rhumatisme acquiert une valeur diagnostique capitale, lorsqu'elle survient dans le cours de certaines affections rhumatiques mal caractérisées, soit articulaires, soit même cérébrales (Lasègue) . Elle guide alors dans la connaissance des accidents morbides, car elle sert à faire deviner la nature même d'une maladie d'allure indécise.

Uangine scarlatiheuse se différenciera de l'angine rhumatismale par l'intensité de la fièvre qui l'accompagne, par le gonflement considérable de la gorge, la couleur rouge et la siccité de la muqueuse, enfin par la tuméfaction ganglionnaire. D'ailleurs l'apparition des plaques exanthématiques lèverait bientôt tous les doutes.

Le TRAITEMENT de l'angine rhumatismale est trèssimple. Les gargarismes émoUients, employés aussi chauds que possible, produisent les meilleurs effets et atténuent le mieux les phénomènes douloureux. En outre, un traitement général est nécessaire : on emploie le plus souvent le sulfate de quinine ; administré dès le début, peut-il être regardé comme prévenant Téclosion d'une attaque rhumatismale articulaire? Rien

ne le prouve absolument. Ce que Ton peut affirmer, c'est que non seulement le sel quinique ne détermine aucune sensation d'âcreté à la gorge, mais encore qu'il calme assez rapidement la douleur spéciale de Tangine (Lasègue).

Les phénomènes gutturaux une fois disparus, vous n^oublierez pas que le malade n'est point h l'abri de manifestations articulaires. Pour éviter autant que possible Tenvahissement consécutif des jointures par le rhumatisme , vous n'avez d'autre ressource que dans une hygiène sévère et notamment dans l'emploi de précautions minutieuses contre toute cause de refroidissement. Vous saurez d'ailleurs que ces moyens préventifs doivent être employés pendant un temps assez long, puisqu'il s'écoule quelquefois une semaine entière entre la guérison de l'angine et l'apparition du rhumatisme articulaire.

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